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mardi 23 juillet 2019
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13e Congrès de l’UNTM : les périls sur l’action syndicale

Les assises du 13e Congrès statutaire de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) ont débuté hier au Centre international de conférence de Bamako (CICB), en présence de plus de 200 délégués auxquels se sont joints les responsables de l’OUSA et du BIT. Aux observations d’hypothèques résultant de mal-gouvernance d’incapacité, le Premier ministre riposte par un franc-parler qui met chaque acteur devant sa responsabilité.

Dans ses mots de bienvenue, le représentant du Maire de la Commune III du District, a estimé que ce congrès est important pour l’UNTM et l’ensemble des travailleurs du pays à un double titre.

D’abord, parce que les résolutions issues du Congrès devront contribuer à aller vers l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

Ensuite, parce que le nouveau Bureau qui sera mis en place devrait prendre de nouvelles orientations, en raison des nouveaux défis.

Pour terminer, il a souhaité un congrès apaisé et porteur d’espoir.

Selon le Secrétaire général de la Centrale syndicale, Yacouba KATILE, ‘’ce congrès s’ouvre à un moment où, au-delà des questions de travail, d’emploi, de sécurité, de pouvoir d’achat, le pays, le Mali, est criblé d’hypothèques diverses, plus ou moins ourdies de l’extérieur, plus ou moins jaillies des tréfonds de l’obscurantisme, des ambitions débridées, mais aussi d’un chapelet de mal-gouvernance, d’incapacité à incarner la démocratie qui, cumulé, ont surcreusé le gouffre sous nos vies’’.

C’est fort de ce constat que M. KATILE engage le Congrès sur la voie de « ratisser large, orienter mieux encore l’action syndicale qui est triste, bancale, nombriliste, si elle n’intègre pas les préoccupations des masses populaires ». Et d’ajouter : « Elle (l’action syndicale) est d’une cécité sociale, politique, économique si elle n’élargit pas les perspectives du développement national équilibré où la redistribution du fruit de la croissance sera équitable entre individus, entre régions, entre villes et campagnes. Or, interpelle le Secrétaire général de l’UNTM : « quand une minorité plonge dans l’opulence, du reste mal acquise, que reste-t-il de la majorité bousculée à vivre dans la périphérie des réalisations communes pourtant ? »

Chapelet de revendications

SBM assène ses vérités

Le Premier ministre a exprimé son bonheur de se retrouver parmi les syndicalistes, à l’occasion de ce congrès de l’UNTM qui se tient 32 ans après qu’il a occupé le poste de porte-parole du SYNPIL, quand il défendait les intérêts des travailleurs, sans concession, avec courage, conviction et dans le respect.

Pour lui, ces trois éléments résument l’engagement militant et syndical. Ils déterminent, à en croire l’ancien syndicaliste, la constance dans la défense de ce en quoi nous croyons. Son expérience lui permet de soutenir que l’action syndicale porte les aspirations de liberté et de justice sociale.

Le PM a souligné qu’au moment où se tient le congrès de l’UNTM, il y a lieu de faire preuve d’une grande vigilance pour la démocratie républicaine, parce que nous sommes face à des forces obscurantistes à combattre et face à beaucoup d’agitations et de revendications. Ce qui lui fait dire : « nul ne doit se sentir si fort pour mettre l’État dans des situations embarrassantes, à l’amener à prendre des décisions qu’il ne peut pas assumer ».

SBM a souligné que de par la confiance placée en eux par les citoyens, le Gouvernement travaille à leur développement. En cela, a-t-il mis en évidence, beaucoup d’effort a été fait par les autorités.

Toutefois, se fixe-t-il pour mission de continuer à produire plus de richesses pour en distribuer davantage.

L’occasion était bonne pour le Chef du Gouvernement d’évoquer la grève des enseignants qui paralyse l’école en ce moment. Il a fait savoir que 7/10 revendications ont été satisfaites.

S’agissant du point de revendication portant sur la prime de logement, le Premier ministre a fait savoir qu’il y a actuellement, au Mali, environ 63 000 enseignants, dont 55 000 relevant des Collectivités territoriales.

Pour la satisfaction de cette revendication spécifique, il faudrait à l’État 55 milliards FCFA. Sans démagogie, il a indiqué, à cet effet : « ce que je sais du pays aujourd’hui, ce n’est pas possible. Je préfère dire la vérité ».

Pour autant, le PM informe de la mise en place d’une équipe dont les conclusions des travaux permettront, en juin prochain, de faire une offre chiffrée aux enseignants. Qu’à cela ne tienne, il met en avant la responsabilité personnelle de chaque acteur.

En ce qui le concerne, il affirme ne pas être dans la logique de prendre des décisions qui déstabiliseront le pays.

Inscrit dans une ligne de cohérence, le PM a rappelé des propos, lors de sa présentation de vœux de Nouvel An au Chef de l’État, à savoir en substance : « tenir ses engagements, tenir bon, tenir tête ».

SBM est, en outre revenu sur la question de la Conférence sociale, initialement prévue pour le mois de janvier dernier. Il explique son report par l’abondance de chantiers des réformes politiques et institutionnelles. Il faut sortir des débats politiques pour aller vers l’organisation des élections professionnelles.

Le Chef du Gouvernement voit dans la Conférence sociale l’occasion d’examiner la question de deux fonctions publiques, celles de l’État et des collectivités ; d’autant plus que dans les deux cas, c’est l’État qui paie.

La question du pullulement des statuts particuliers devrait également trouver une réponse à cette occasion.

SBM conclut ses propos sur un constat selon lequel « il y a des gens au Mali qui rêvent que l’histoire se répète, que mars 91 va se répéter. A chaque date du mois de mars, le 17 mars, le 22 mars, ils trouvent quelque chose. Mais les valeurs qui ont conduit à Mars 91 ne sont pas des valeurs d’aventure. » Il a invité le syndicat à la vigilance face aux obscurantistes qui instrumentalisent les frustrations, qui pensent qu’ils peuvent prendre le leadership du pays. Quelles que soient les positions, nous serons toujours là.

PAR BERTIN DAKOUO

 




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