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lundi 24 janvier 2022
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16 jours d’activisme contre les vBG: le ton donné à Kangaba

La campagne des 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre est un événement international annuel qui débute le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se poursuit jusqu’au 10 décembre, date de la Journée des droits humain. Le Mali a lancé ses activités le même jour à Kangaba sous la présidence de de Mme WADJIDJE Founé COULIBALY, Ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, en présence des autorités traditionnelles et administrative de la commune rurale de Minidjan, des partenaires techniques et financiers du Mali et les groupements de femmes de ladite commune rurale.

C’est avec allégresse que les populations de Kangaba ont accueilli Mme le Ministre et sa délégation. A l’ordre jour, des hommages aux femmes, surtout aux survivantes, des conseils à l’endroit de tout un chacun pour protéger les droits des femmes en tout moment.
« La fin de la violence contre les femmes et les filles : une priorité pour le Mali, Je m’engage ! », tel est le thème de la présente édition.
En campant le décor, Mme Béatrice EYONG, représentante ONU FEMMES, représentante du Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies au Mali et des Partenaires Techniques et Financiers a déploré la recrudescence des violences basées dur le genre ces dernières années.
Selon elle, pour la seule année de 2020, 6605 incidents de violences basées sur le genre ont été rapportés par les acteurs du Système d’Information sur les VBG (GVBIMS). Entre juillet et septembre 2021, poursuit-elle, au moins 3354 incidents de VBG ont été rapportés contre 1663 cas à la même période en 2020 soit une augmentation de 65%. Environ 100% des personnes survivantes sont des femmes. Les enfants de moins de 18 ans représentent une tranche non négligeable des personnes survivantes soit 58% des cas, dont 38% sont des filles de moins de 18 ans et 5% sont des garçons de moins de 18 ans. « Toujours dans la même dynamique, entre avril et juin 2021 les acteurs du GBVIMS ont enregistré 43% de violences sexuelles dont 29% de viol contre 7% de viol au cours de la même période en 2020», a-t-elle déploré.
Elle a par ailleurs fait un tableau peu reluisant sur la situation des VBG au Mali. Malgré selon elle, les séries de sensibilisations et d’informations sur le respect des droits humains, la violence physique entre partenaires sexuels demeure très fréquente au Mali et semble être banalisée par la perception générale. « Selon EDSM 2018, 79 % de la population pensent qu’il est justifié qu’un homme batte sa femme. En termes d’accès de services de prise en charge, en juin 2021, environ 67% des communes du Mali ne disposent d’aucun service de prise en charge des cas de violences basées sur le genre tandis que 71% des services disponibles sont essentiellement orientés vers l’appui psychosocial et le référencement », a-t-elle martelé.
Elle a ainsi indiqué qu’au regard de ces chiffres alarmants, la campagne des 16 jours d’activisme constituait une réelle opportunité d’attirer davantage l’attention de l’opinion publique sur les maux dont souffrent quotidiennement les femmes et les filles à travers le monde.
Quant au WADJIDJE, elle a rappelé que la violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde. Elle se manifeste sous plusieurs formes. Les principaux facteurs de risque de la violence à l’égard des femmes et des filles ont été exacerbés par l’insécurité et la pandémie de COVID 19. Comme pour donner des preuves, elle nous rassure que les chiffres parlent. «Selon l’Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-VI 2018), au moins 45 % des femmes de 15 à 49 ans ont subi des actes de violence physique ou sexuelle ; environ la moitié des femmes (soit 49 %) de la même tranche, en union ou en rupture d’union ont subi des violences émotionnelles, psychologiques, physiques et/ou sexuelles. Parmi les victimes, 68 % n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à personne. Cette même enquête montre un taux de mariage de 53 % avant l’âge de 18 ans, et un taux de 18 % avant 16 ans, toujours dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans », a-t-elle fait le constat amer
Signalons que pendant cette campagne des 16 jours d’activisme, les activités porteront sur l’’information et la sensibilisation des communautés, des scolaires et des universitaires sur l’ampleur et les conséquences des violences faites aux femmes et aux filles, l’incitation des survivantes et des communautés à dénoncer immédiatement les auteurs de violences , la formation et le plaidoyer à l’endroit des décideurs.

PAR CHRSITELLE KONE




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