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lundi 16 octobre 2017
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20 janvier 1961 – 20 janvier 2015: 54 ans au front

Plus connue que le 1er octobre 1960, jour de naissance de l’armée malienne, le 20 Janvier 1961, est et restera inscrit en lettre d’or dans les annales de l’histoire comme l’un des tournants majeurs dans l’affirmation et la concrétisation de notre souveraineté nationale, ainsi que de notre fierté et de notre dignité de Maliens. En effet, c’est le 20 janvier 1961 que le président Modibo Keïta, après son investiture devant l’Assemblée nationale, devant le corps diplomatique accrédité dans notre pays, a solennellement demandé l’évacuation des troupes coloniales françaises du territoire malien…

De cette date emblématique à ce jour 20 janvier 1961, 54 années auront vu la vaillante armée malienne au front, sur les champs de l’honneur et de la gloire ; des épreuves ont jalonné son parcours, des tourments, des frictions et des problèmes de discipline n’ont pas manqué. Mais la grande muette du sein de laquelle sont issus deux des cinq présidents élus que le Mali a connus, « débout sur les remparts » est devenue progressivement une institution loyale au service de la République, de la démocratie malienne et vouée exclusivement  au développement socio-économique, à la sauvegarde de la paix et de la sécurité « au dedans ou au dehors » de nos frontières.

Des maquis tanzaniens au Congo, des oueds algériens à la forêt centrafricaine en passant par le Rwanda,  Libéria et la Sierra-Leone…, de Ouhigouya à Abeïbara et Tinzawaten…, ils ont été, ils y sont et prêts défendre le drapeau malien. En dépit de la trahison dont elle a été objet à partir de janvier 2012, et de la profonde cure qu’elle subi aujourd’hui, les historiens ont chanté et chanteront janjo pour ces hommes (et femmes) qui ont honoré l’uniforme malien pour avoir protéger et défendu l’intégrité territoriale du Mali, aider à libérer des peuples frères sous le joug du colonialisme et de l’apartheid, aider à imposer et maintenir la paix et la sécurité, protéger et défendre les populations civiles.

L’armée malienne, c’est aussi cela, cette dimension et cette vocation panafricaine conformément à l’engagement des pères fondateurs. Retour sur la belle page de l’histoire de notre armée, fierté nationale.

De l’armée coloniale à l’armée fédérale

« Vous voulez arriver au Soudan par l’Algérie ? Vous n’y réussirez pas. Vous vous perdrez dans les sables du Sahara et vous ne les traverserez pas. Mais si, profitant des voies naturelles qui nous sont offertes, vous vous servez du fleuve Sénégal pour gagner la route du Soudan et les rives du Niger, vous y créerez une colonie française qui comptera parmi les plus belles du monde ». L’homme qui tient ses propos en 1863 est un officier français, le Général Louis Faidherbe.

En cette année 1863… la conquête du Soudan est chantier. « FEDRABA » en sera le principal artisan. Elle se fera suivant son plan opérationnel et son timing, par la force et par la diplomatie : Sabouciré en 1878, Kita en 1881, Bamako en 1883, Ségou en 1890, Nioro en 1891, Tombouctou en 1894, Sikasso en 1898, Gao en 1899… Et au Kénédougou, dernier rempart et bastion de la résistance, le tata cède sous les mortiers et canons de l’envahisseur ; « plutôt la mort que la honte », Babemba refuse de capituler et se donne la mort.

La boucle est bouclée, le pays des Fama et des Mansa est soumis, mais non sans combattre héroïquement. Le territoire malien, désormais unifié et dénommé Haut-Sénégal-Niger (puis Soudan français en 1920) devient, en 1895, une colonie française intégrée à l’Afrique-Occidentale française avec une portion de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger. Kayes devient son chef-lieu pour laisser la place, en 1907, à Bamako.

Incorporés de force dans l’armée coloniale, forte de 275.000 hommes dont 122.300 ouest-africains et dédaigneusement appelés tirailleurs sénégalais, les Soudanais ont mouillé le maillot pour libérer par deux fois la France en faisant  preuve de bravoure et d’héroïsme dans les tranchées de Verdun, en Indochine, et Europe même. Mais il aura fallu cinquante ans après la Seconde Guerre mondiale pour que la France reconnaissante accepte d’aligner les pensions des « anciens combattants » nègres sur ceux de leurs compagnons d’armes blancs. Mais ça aussi, c’est une autre histoire.

Disons simplement qu’avant d’octroyer l’indépendance à la Fédération du Mali, la France colonisatrice n’avait laissé qu’un embryon d’armée constitué autour du seul bataillon autonome du Soudan occidental (BASO) composé de Soudanais et Sénégalais basés à Kayes.

Les origines de l’armée maliennes sont donc à situer en 1959, dans la courte saga de la Fédération du Mali et de son éclatement du essentiellement à des profondes divergences politiques et stratégiques entre les deux soudanais et sénégalais, Modibo Keïta et leopold Sédar Senghor. Tandis que Léopold Sédar Senghor du Sénégal prônait et préconisait des relations privilégiées et des accords de défense avec la Métrople, le Soudanais, Modibo Keïta du Soudan était un irréductible partisan d’une souveraineté totale notamment en matière de défense.

Très tôt des divergences apparurent donc entre les deux entités fédérales, notamment lorsqu’il s’était agi de pourvoir au commandement de l’armée de la Fédération du Mali. Le premier accroc sérieux dans le fonctionnement des institutions de la fédération du Mali eu lieu fin juillet à l’occasion de la nomination du chef d’état-major.

Le 30 juillet 1960, le conseil de ministre du gouvernement fédéral arrête la nomination du Colonel Soumaré (un sénégalais qui a des attaches soudanaises) au poste de chef d’état-major. Mamadou Dia, ministre de la Défense, qui avait lui, proposé le Colonel Fall, refusera de contresigner le décret comme l’exige la constitution fédérale du 18/06/1960. Il protestait ainsi contre ce qu’il considérait comme un empiétement sur ses prérogatives.
Cela sera lourd de conséquences sur la suite des événements… La suite est connue : la fédération du Mali ne survivra pas au complot de l’impérialisme, elle éclatera dans la nuit du 18 au 19 août 1960.

En fin stratège, sans avoir fait une école de guerre, le visionnaire Modibo Keïta, avait anticipé sur les évènements et pris la décision de rapatrier dès le 15 février 1959, le capitaine Pinana Drabo qui servait à Antananarivo à Madagascar, pour lui confier la mission de bâtir une armée nationale. Le Capitaine Pinana donc, architecte de l’armée malienne en gestation, rappellera tous les officiers soudanais déployés à travers le monde au au service de l’armée de la Communauté française : les capitaines Sékou Traoré et Kélétigui Drabo, les lieutenants Bougari Sangaré et Demba Diallo, puis tous les  sous-officiers et hommes du rang déployés à travers les unités de la Communauté, au Sénégal, en Guinée, au Niger, en Haute-Volta (actuel Burkina Faso), au Dahomey (actuel Bénin), au Togo etc. Ces pères fondateurs et pionniers pour servir la patrie furent regroupés au camp de N’Tomikorobougou appelé à l’époque « Camp Guifflot » pour donner naissance à un embryon d’armée nationale commandée par le capitaine Pinana Drabo qui était alors l’officier malien le plus ancien dans le grade le plus élevé, capitaine.

Chassés du Sénégal après avoir été arrêtés et séquestrés le 21 août 1960, les présidents Modibo Keïta et les responsables soudanais arrivent à Bamako au petit matin accueillis en héros par un peuple uni et débout comme un seul homme. Bien que viscéralement acquis à l’idée de la Fédération, le Soudan doit s’assumer. L’Assemblée soudanaise donne les pleins pouvoirs au gouvernement de la République soudanaise et déjà le 31 août 1960, un décret du président Modibo Keïta, par ailleurs ministre de la Défense crée et organise, en République soudanaise, un bataillon commandé par le Capitaine Pinana Drabo et un État-major commandé par le Capitaine Sékou Traoré qui avaient à leurs côtés comme officiers d’État major : le capitaine Tiemoko Konaté, les lieutenants Demba Diallo et Malick Diallo et le sous-lieutenant Boukary Sangaré.

De l’armée fédérale à l’armée nationale

L’histoire de l’armée malienne fait corps avec celle de la République. Une République née un certain 22 septembre 1960. Ce jour-là dans la fierté et la dignité retrouvée et dans l’exaltation nationale du Collège Technique de Bamako (actuel Lycée technique), la Vox populi par ses légitimes représentants notamment l’Union des Travailleurs du Soudan (Mamadou Fanta Mady Sissoko), le Mouvement Soudanais pour la Paix (Sani Moussa Diallo), la présidente des femmes du Soudan Mme Awa Keïta… demande le rappel sans délai sous le nouveau de la jeune République de tous les fils du pays engagés sur les fronts à travers le monde et que soit dotée ipso facto d’une armée nationale, composée de Maliens et commandée par des Maliens.

L’appel et la recommandation ne tomberont pas de l’oreille de sourds. Déjà le 29 Septembre 1960, un accord est conclu avec Paris en vue du regroupement sur la base de Kati, près de Bamako, de diverses troupes françaises stationnées à Gao, Tombouctou, Kayes, Ségou et Nioro ainsi qu’en d’autres lieux du pays et le 1er octobre 1960 (soit 8 jours seulement après la proclamation et de l’indépendance et 2 jours après l’adhésion du Mali à l’ONU comme 98ème membre), le président Modibo Keïta, à travers une allocution radiodiffusée, annoncera la naissance de l’Armée malienne.

Et le même 1er Octobre, le Chef d’État-major de l’armée malienne, le Capitaine Sékou Traoré, après l’allocution du Commandant en Chef, ministre de la Defense, Modibo Keïta, rassemble ses hommes et leur tient le premier discours d’un Chef militaire malien :

« Officiers, sous officiers, caporaux et soldats de l’Armée du Mali. La journée du 1er octobre 1960 fera date dans notre histoire, car elle a vu la naissance de notre Armée nationale. C’est avec une joie et une fierté bien légitimes que je vous adresse le salut fraternel de celui que le gouvernement a bien voulu désigner pour vous commander. Je mesure dans toute son ampleur le redoutable honneur qui m’échoit. Le peuple de la République du Mali et le gouvernement qui en est authentiquement l’émanation vous font confiance et sont convaincus que par votre tenue, votre discipline, votre dévouement exemplaire et votre sens élevé du devoir vous serez les dignes héritiers de nos pères, de nos anciens qui nous ont légué tant de traditions d’honneur, de loyauté, de fidélité et d’héroïsme.

Maintenant que vous avez une armée nationale, un drapeau et une patrie retrouvée à défendre contre les ennemis de l’intérieur et ceux de l’extérieur, vous saurez, j’en suis persuadé, utiliser pleinement votre bravoure légendaire. La noble et exaltante mission qui vous incombe exige le don total de soi-même allant jusqu’au sacrifice suprême.

L’esprit d’abnégation qui vous caractérise tous et dont vous avez toujours fait preuve en d’autres circonstances et en d’autres lieux, vous le manifesterez, ici, sans défaillance pour que la République du Mali vive libre et prospère.

Officiers, sous officiers, caporaux et soldats de l’Armée du Mali, aujourd’hui plus qu’hier, ici, plus qu’ailleurs, le peuple et le gouvernement comptent sur vous.

Je suis convaincu que vous ne les décevrez pas quoiqu’il arrive.

Je salue vos drapeaux et étendards. »

“Mali sordassiw an yan yerè ta bi,

an ka wili, an ka na malo…”

Quelques jours plus tard, le 12 Octobre 1960, l’armée malienne fut présentée au président Modibo Keïta à travers une cérémonie solennelle sur la Place Maginot, l’actuelle Place du Souvenir en face du Ministère de l’Education Nationale et de la mairie.

Trois mois plus tard, le 20 janvier 1961, après avoir été adoubé par l’Assemblée nationale et investi à l’unanimité comme Chef de l’État, le président Modibo Keïta invite le corps diplomatique accrédité dans son pays et leur tient ce discours sans ambigüité :

« Je vous remercie de vous être distraites de vos augustes occupations et de vos nombreuses préoccupations pour répondre à mon invitation.

L’importance de la communication exige que je vous la fasse moi-même.

À l’heure qu’il est, l’Ambassade de France en République du Mali est informée par mes soins de la décision de mon parti et de mon gouvernement de voir la France évacuer les bases militaires de Bamako, de Kati, de Gao et de Tessalit, qu’elle occupait du fait des accords franco-maliens signés à Paris le 22 juin 1960, entre elle et la Fédération du Mali et qui deviennent caducs après les événements du 19 au 20 août 1960 et l’acte de reconnaissance par la France du gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dislocation de la Fédération du Mali.
La République du Mali a affirmé sa volonté de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon parti et de mon gouvernement ne met nullement en cause cette volonté. Elle est l’expression de notre conviction qu’à moins d’abandon volontaire de souveraineté de la part d’un État jeune ou d’accords particuliers dans le domaine de la défense, les troupes de l’ex-puissance coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l’ex-colonie aux côtés des troupes du jeune État. D’autre part, le peuple du Mali, l’Union Soudanaise-R.D.A., et le gouvernement de mon pays ont toujours affirmé leur option en faveur de la politique de non-alignement sur l’un ou l’autre des deux blocs. Cette attitude est en contradiction avec la présence, sur son territoire, des troupes d’une puissance étrangère et à laquelle ne le lie aucun accord et qui d’autre part est engagée dans le pacte militaire d’un bloc.
Je prie vos Excellences d’informer vos gouvernements respectifs et d’attirer leur attention sur notre ferme décision de l’évacuation rapide des troupes stationnées en République du Mali.
Je vous remercie. »

Les troupes françaises sont donc priées de plier bagage, telle est la volonté et la position clairement affirmées des nouvelles autorités souveraines de Bamako. Volonté de matérialiser l’indépendance ? Affirmation de la souveraineté ? Ou une manifestation de solidarité sans faille à l’égard du peuple frère algérien qui à travers le FLN avait était passé à la lutte armée contre l’armée coloniale ?

Les historiens diront que l’anticolonialiste, le progressiste et panafricaniste Modibo Keïta n’était pas homme à laisser sur son territoire une armée coloniale continuer de dominer et d’asservir un peuple frère qui lutte pour recouvre sa liberté et sa dignité. Mais ça, c’est une autre histoire. Continuons et disons simplement comme le président de l’AMEMOK (Association pour la Mémoire de Modibo Keïta), M. Sanounou Keïta que « Dans les conditions de l’époque, pour les combattants de l’indépendance, ce fût un acte courageux, téméraire, patriotique et surtout visionnaire de créer dès le 1er octobre 1960 notre armée et d’exiger dès le 20 janvier 1961 l’évacuation des bases militaires maliennes qui étaient occupées par les troupes coloniales. ».

Mais l’histoire retiendra que c’est à partir de juin 1961 que l’armée coloniale a commencé son retrait de notre territoire. Ainsi de juin à Septembre 1961, toutes les bases françaises ont été évacuées. La dernière la Base 162  de Bamako, située à l’actuelle place d’armes du Génie sera évacuée le 5 Septembre 1961.  C’est donc ce 5 septembre 1961 et non le 20 janvier 1961 que le dernier contingent des militaires français a quitté le sol malien. Cela se passa au cours d’une solennelle cérémonie militaire  au cours de laquelle le drapeau malien a été hissé à la place du drapeau français. C’est cette raison du reste que  l’avenue reliant le monument de la paix et celui de l’indépendance sera baptisée, « Avenue du 5 septembre 1961 ».

Toutefois, c’est le 3 août 1961, que l’Assemblée nationale souveraine du Mali, a adopté la loi N°81/AN-RM portant organisation générale de la défense dont l’ambition était d’assurer en tout temps, en toute circonstance, contre toutes les formes d’agressions, la sûreté et l’intégrité du territoire, ainsi que la sauvegarde de la vie des populations. Elle pourvoyait en outre le respect des alliances, traités et accords internationaux.

Avec la naissance de l’armée malienne, notre pays ne confiera plus de responsabilité de défense à une puissance tierce et développera d’ailleurs une diplomatie militaire multiforme et diversifiée, fondée sur l’intégration et la recherche de la paix et la sécurité dans le monde. Qu’à cela ne tienne, le concept de souveraineté militaire au double plan interne et externe ne nuira pas à la coopération technique avec des puissances étrangères, notamment en ce qui concerne la formation des cadres maliens. Nombre d’entre eux ont ainsi été formés dans les grandes académies militaires en France, dans l’ex-URSS, aux États-Unis, en République fédérale d’Allemagne, en Roumanie, en ex-Yougoslavie.

Une armée nationale et panafricaine

Après l’éclatement de la Fédération du Mali, le président Modibo Keïta fera appel au Général Abdoulaye Soumaré, celui-là même par qui la crise au sein de l’exécutif fédéral a éclaté dans la nuit du 19 au 20 Août 1960, pour lui confier les destinées de la jeune armée nationale, pendant que le capitaine Pinana Drabo était envoyé à Ségou comme commandant en chef des armées.

Pour rappel, le Colonel Abdoulaye Soumaré avait été arrêté en même temps que Modibo. Tandis que le président soudanais est expulsé manu militari vers Bamako, l’officier sénégalais de l’armée française sera renvoyé en France. Mais les deux garent contact, fidélité et loyauté. Après la proclamation de l’Indépendance, Modibo Keïta proposera au colonel Soumaré de rentrer à Bamako pour l’aider à mettre sur pied une armée nationale, dédiée à la cause du Mali et de l’Afrique. L’officier n’hésitera pas à rejoindre son ami et à se mettre à la disposition du Mali. On est décembre 1960. À peine débarqué de Paris, le Colonel Abdoulaye soumaré est nommé le 28 décembre 1960 chef d’état-major de l’armée de la République du Mali forte déjà de 1.300 patriotes et élevé le lendemain au grade de Général de Brigade.

Le nouveau Chef d’État-major poursuivra la politique d’appel sous le drapeau et rapatriement des soldats maliens engagés sur les fronts extérieurs, une  politique on le sait initiée par le Capitaine Pinana Drabo. C’est dans ce cadre que le Général Soumaré fera revenir de Saint-Cyr, six jeunes aspirants, dont le futur Général Moussa Traoré, pour compléter leurs études sur le terrain dans la formation des hommes et au commandement des unités.

Avec l’éclatement de la Fédération, les architectes de l’armée ont du privilégié cette approche pour fonder et redimensionner une armée qui se limitait en fait, outre les groupes nomades (GM) de Tombouctou, à deux bataillons : le BASO (Bataillon autonome du Soudan occidental basé à Kayes et le BASA (Bataillon saharien basé à Nioro). Face au manque d’effectifs, les autorités militaires alors se contenter d’un redimensionnement autour de trois bataillons stratégiques: Ségou qui coiffait les secteurs de Tombouctou et Gao ; Kati qui commandait les zones militaires de Bamako et Kayes et Kidal avec une compagnie saharienne motorisée (CSM).

La construction d’une armée moderne, patriotique engagée et sa reforme se poursuivirent progressivement  sous la direction du Général Soumaré jusqu’en 1967… avec les complications de la milice populaire ; et le coup d’État du Comité militaire de libération nationale. C’est le 19 novembre 1968 ; une page de l’histoire est tournée, l’armée ouvre une nouvelle page.

Grandes pages de l’armée malienne

Du 22 septembre 1960 à ce 20 janvier 2015, que de triomphes et de gloires remportes sur les champs de bataille et sur les chantiers de développement ici ou ailleurs, que d’épreuves traversées, que mutations subies ! Janjo pour nos hommes comme le dirait l’historien poète d’un jour pour magnifier les héros de notre défense nationale, de notre sécurité et de notre quiétude.

L’histoire de la vaillante armée malienne commence dès le 22 septembre 1960. Ce jour-là, au Collège technique de Bamako, à l’appel  des femmes du Mali de rappeler tous les fils du pays qui combattaient en dehors des frontières, Daouda Traoré, au nom des anciens combattants et victimes de guerre dont il était le président exigera le rappel sous les drapeaux de tous les officiers  et sous-officiers pour défendre l’indépendance et la souveraineté acquises dans l’honneur et la dignité. A sa suite, le président du Mouvement Soudanais de la Paix Sani Moussa Diallo demandera le démantèlement de toutes les bases étrangères et retrait des forces étrangères de notre territoire.

C’est dans cette exaltation nationaliste et patriotique que le 20 janvier 1961 le président Modibo Keïta, au nom de la souveraineté du Mali et de son non-alignement, demandera le départ des troupes françaises stationné sur notre territoire.

L’armée malienne, à la suite de cette résolution historique des autorités politiques, signera une des plus belles pages de l’histoire de notre pays le 5 septembre 1961 avec le remplacement du dernier drapeau français flottant sur notre territoire par celui de la jeune République du Mali.

Novembre 1968

« Vive la vaillante armée malienne », c’était le cri de délivrance et de soulagement du Peuple malien le 19 novembre 1968 : « Maliens Maliennes, l’heure de la liberté a sonné : le régime dictatorial de Modibo Keïta et de ses valets a chuté. Le comité militaire de libération assume désormais tous les pouvoirs politiques et administratifs et promet des institutions démocratiques qui seront issues d’élections libres« . Une page de l’histoire que chacun apprécie à sa façon en fonction de sa sensibilité et de sa chapelle politique. Mais quoi qu’il en soit,

le coup d’État de 1968  a marqué un tournant dans le parcous de l’armée malienne… ne serait-ce qu’il s’est soldé par le départ à la retraite d’un certain nombre d’officiers supérieurs (2 colonels, 4 lieutenants-colonels, 5 commandants) dont les artisans et les architectes de la grande muette.

En décapitant la haute hiérarchie, si le souci de la junte militaire qui s’est emparée du pouvoir à Bamako composée essentiellement de jeunes officiers était de rajeunir l’armée le résultat aura été un certain flottement, voire un laisser-aller, avec en prime une guerre feutrée de leadership et des règlements de comptes à n’en pas finir.

Août 1969

La liesse populaire qui a accompagné la chute du régime du Modibo Keïta était-elle un signe d’adhésion des populations au programme de la Junte militaire articulé en trois promesses : réconciliation nationale, redressement économique et financier, retour à une vie constitutionnelle normale ? Le Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN), qui savourait sa victoire à travers manifestations de soutien et campagnes d’explication, avait-il réussi à fédérer et à rallier à sa cause toutes les composantes de l’armée ?

Neuf mois après le 19 Novembre 1968, il faut bien croire que non avec le coup de force tenté contre le Comité Militaire de Libération Nationale par le Groupe du Capitaine Biby Sillas Diarra à la tête de 33 officiers et sous-officiers désigné pour ce faire les « 33 conjurés d’août ». Selon différents récits, notamment de survivants de cet épisode de l’histoire tourmentée de notre pays, le Coup d’État avait été bien mûri et planifié et projeté pour le 13 août.

Sur les raisons de la tentative de coup d’État déjoué dans la nuit du 12 au 13 août par les tombeurs de Modibo Keïta, plusieurs versions circulent, édulcorées, plus ou moins teintées d’intentions vertueuses et patriotiques.

Les « 33 conjurés » auraient pris la décision de renverser le CMLN pour restaurer la légalité constitutionnelle par le rétablissement de Modibo dans ses fonctions de Président légitime du Mali afin qu’il poursuive l’œuvre progressiste et salutaire qu’il menait depuis 8 ans à la tête du pays.

L’objectif principal des « 33 conjurés » n’était-il pas simplement, en perpétrant son coup d’État, d’allumer un contre-feu pour assurer leurs arrières et couvrir leur forfait ? En effet, lors de l’instruction de leur affaire, certains éléments du putsch avoueront avoir agi par crainte de la divulgation de leur terrible secret : l’exécution sur ordre en 1964 de Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko et Kassoum Touré.

Mars 1971

Au niveau de l’armée, il n’y avait pas non plus d’unanimité autour des actions du CMLN. En effet, malgré les sympathies apparentes, les quatorze officiers qui ont pris le pouvoir le 19 novembre 1968 n’étaient pas d’accord sur tout et, même plus, ils manquaient de cohésion interne. Rapidement, deux groupes se formèrent : celui des faucons autour de Tiécoro Bagayoko, Directeur des services de sûreté, Kissima Dukara, ministre de la Défense; et celui des colombes autour du président Moussa Traoré et de Youssouf Traoré. Les autres membres du CMLN se rangeaient selon les circonstances sur l’un ou l’autre groupe.

C’est dans ce contexte de bipolarité qu’est intervenu ce que l’histoire retiendra sous le nom de «tentative de coup d’État» de Yoro Diakité et de Malik Diallo, tous deux membres du CMLN et le sergent-chef Siméon Sidibé.

Les causes profondes de la mésentente entre ces deux capitaines et les autres membres du CMLN restent obscures. Selon la version la plus répandue, le Capitaine Yoro Diakité, « l’intellectuel » du Comité (car auteur d’un livre au titre évocateur « Une main amie »), était sans doute trop partisan du rapprochement avec la France comme son compagnon d’infortune, Malick Diallo. Est-ce la raison pour laquelle, officiellement, il avait été exclu du gouvernement pour avoir voulu « faire admettre une position anti-nationale ; anti-africaine et rétrograde » ? Toujours est-il qu’ils sont arrêtés le 9 mars 1971 et traduits devant la la cour de sûreté de l’État pour « atteinte à la sûreté de l’intérieure de l’État » et condamnés le 31 juillet à la perpétuité.

Juin 1974 

Le 02 Juin 1974 le Une nouvelle Constitution est adoptée en 1974 et, deux ans plus tard, est fondée l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), qui devient bientôt parti unique. Le retour à un régime civil, toujours promis, est régulièrement repoussé. Les élections organisées Comité militaire pour la libération nationale (CMLN ) fait adopter, à travers un référendum, une nouvelle Constitution à plus de 99%. Si dans les principes, elle dote le pays d’une assemblée nationale, d’un parti unique et d’un chef de l’État élu au suffrage universel pour cinq ans, dans la réalité, elle ne laisse le pouvoir qu’aux militaires qui contrairement à leurs promesses ne rentreront pas les casernes. Deux ans plus tard est fondée l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), et l’armée malienne est membre siégera à la Conseil nationale jusqu’à la chute de l’UDPM.

Mars 1991

Voilà près de 23 ans  que le président Moussa TRAORE à travers le CMLN puis l’UDPM règne sur le Mali. Un soulèvement populaire, suscité et encadré par les forces dites démocratiques, a secoué le pays depuis plusieurs mois. Ce soulèvement populaire avait pour but, publiquement proclamé, d’instaurer le pluralisme démocratique et la transparence dans la gestion des affaires du pays. Le bilan des manifestations est lourd en vies humaines.

Aussi, face à la résistance du régime du parti unique, l’Union démocratique du peuple malien (Udpm), qui voulait conduire le changement et lui imprimer son propre rythme, un coup d’État militaire conduit par le Lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE, ATT, aujourd’hui président de la République, sera perpétré dans la nuit du 25 au 26 Mars 1991… pour arrêter le bain de sang.

Un Conseil de réconciliation nationale dirigé par ATT exerce le pouvoir, engage des pourparlers avec l’opposition. Le CTSP (Comité de transition pour le salut du peuple) est mis en place. Composé de militaire et de civils, il est dirigé par le Chef de junte, Amadou Toumani Touré qui nomme le 2 avril 1991 l’ancien ministre des Finances Soumana Sacko est nommé Premier ministre.

En marge de la conférence nationale (29 juillet – 12 août 1991) chargée de poser les balises de la 3ème République et de faire l’état de la Nation, l’armée par la voie du Colonel Karamoko Niaré présentera ses excuses au peuple meurtri et martyr du Mali.

Juillet 1991

Malgré la dissolution du Conseil de Réconciliation nationale (CRN),son remplacement par le CTSP et la nomination d’un Premier ministre avec les pleins pouvoirs, c’est bien l’armée qui détient la réalité du pouvoir. Or, en son sein, c’est loin d’être la cohésion et l’entente parfaites. Tous les généraux ayant été écartés, c’est la guerre feutrée des Colonels. Déjà, au lendemain du 26 Mars, une polémique s’installe au sein de l’opinion sur le « vrai auteur de l’arrestation de Moussa ». Qui est le vrai Chef ? ATT ? Kafougouna Koné ? Le tout puissant Oumar Diallo Birus ? Ou le très populaire Commandant Diabira dont les louanges étaient à l’époque sur toutes les ondes des radios libres naissantes ? Le suspens ne va pas durer. Dès le 17 juillet, six mois à peine après le Coup d’État, le gouvernement de transition annonce avoir déjoué une tentative de coup le 14 Juillet, dirigé par le ministre de l’Administration territoriale. Parce qu’il avait par le passé nourri l’ambition de renverser le régime ou qu’il a tenté réellement de renverser la Transition démocratique ? Pour beaucoup, l’ancien gouverneur est victime de sa popularité tant au sein de l’armée que la population malienne. Aussi, ce 14 juillet, le major Lamine Diabira et 8 autres officiers seront arrêtés et emprisonnés à la base militaire de Kati. Puis, ce sera le tour du Colonel Oumar Diallo dit Birus, arrêté lui aussi pour tentative de Coup d’Etat… qui se transformera après en infraction économique.

Nous vous faisons économie du 12 janvier 2012 et 22 mars 2012.

Les grandes figures de l’armée malienne

Pionniers

Capitaine Pinana Drabo

Capitaine Kélétigui Drabo

Général Abdoulaye SOUMARE

Colonel Sékou TRAORE

Liste des ministres de la Défense

Vingt cinq (25) ministres se sont succédés à la défense dont 12 militaires. Soumeylou B Maiga est le seul ministre a avoir occupé deux fois le portefeuille de la défense.

1- Mamadou Madéra KEITA (22 septembre 1960-21 juin 1961)

2- Modibo KEITA (21 juin 1961-19 novembre 1968)

3- Mamadou DIAKITE (21 juin 1961-19 novembre 1968)

4- Capitaine Charles Samba SISSOKO

5- Capitaine Yoro DIAKITE (19 septembre 1970-26 novembre 1970)

6- Lt-colonel Kissima DOUKARA (28 novembre 1970-28 février 1978)

7- Général Moussa TRAORE (4 mars 1978-8 janvier 1991)

8- Général Sékou LY (6 juin 1986-8 juin 1989)

9- Général Abdoulaye OULOGUEM (8 juin 1989-12 septembre 1989)

10- Général Mamdou COULIBALY (12 septembre 1989-2 mars 1991)

11- Lt-colonel Tiécoura DOUMBIA (5 avril 1991-26 août 19991)

12- Lt-colonel Kafougouan KONE (26 août 1991-9 juin 1992)

13- Me Abdolaye Sékou SOW (9 juin 1992-12 avril 1993)

14- Dioncounda TRAORE (9 juin 1992-25 octobre 1994)

15- Boubacar Sada SY (25 octobre 1994-17 février 1995)

16- Mamadou BA (2 juillet 1996-16 septembre 1997)

17- Mohamed Salia SOKONA (16 septembre 1997-21 février 2000)

18- Soumeylou Boubèye MAIGA (21 février 2000-10 juin 2002)

19- Mahamane Kalil MAIGA (14 juin 2002-29 avril 2004)

20- Mamadou Klazié CISSOUMA (29 avril 2004-2007)

21- Natié PLEA (2007 à 2012)

22- Sadio gassama (Février 2012-Mars 2012)

23 – Yamoussa Camara (Avril 2012-Semptembre 2013)

24 – Soumeylou B Maiga ‘Septembre 2013-Mai 2014)

25 – Ba N’Daou (Mai 2014 – Janvier 2015)

26 – Tiéman Hubert Coulibaly (depuis Janvier 2015)

Chefs d’état-major général

Il est à noter que cette fonction n’a vu le jour qu’à partir de 1984. Avant, il y avait un chef d’état-major de l’Armée de terre, puis chef d’état-major de l’Armée de l’aire. Tous les autres corps étaient dénommés «chefs de corps».

1-Général Bougari SANGARE (1984-1986)

2-Général Mamadou COULIBALY (1986-1989)

3-Colonel Ousmane COULIBALY (1989-1991)

4-Lt-Colonel Kafougouna KONE ((1991)

5-Colonel Souleymane DAFFE (1991-1992)

6-Colonel Toumani SISSOKO (1992-1994)

7-Colonel Pangassi SANGARE (1994-1999)

8-Général Siriman KEITA (1999-2002)

9-Colonel Sadio GASSAMA (2002-2004)

10-Général Seydou TRAORE (2005-2008)

11-Général Gabriel POUDIOUGOU (2008-2012)

12-Dahirou DEMBÉLÉ (2012-2013)

13-Mahamane TOURÉ (2013 À NOS JOURS

Chef d’état-major garde nationale

Colonel Boubacar TRAORE (1960-1969)

Capitaine Baba MAIGA (1969-1971)

Lt-colonel Adolphe DIAKITE (1971-1983)

Général Amara DAFAGA (1983-1991)

Lt-colonel Ousmane MAIGA (1991-1991)

Colonel Toumani SISSOKO (1991-1992)

Lt-colonel Sadio GASSAMA (1992-1994)

Colonel Gabriel POUDIOUGOU (1994-2001)

Colonel Allaye DIAKITE (2001-2003)

Colonel Mamadou Adama DIALLO (2003-2005)

Colonel Broulaye KONE (2005-à ce jour))

 

Chef d’état-major armée de terre

Colonel Kafougouna KONE

Chef d’état-major armée de l’air

Colonel Mamdou COULIBALY

Colonel Cheick DIARRA

Colonel Mamadou DOUCOURE

Colonel Hamet SIDIBE

Colonel Youssouf BAMBA

Général Mamadou TOGOLA

Inspecteur général des armées

Colonel Birama Siré TRAORE

Secrétaire général du ministère de la Défense

Général Salif TRAORE

Général Abdoulaye DIOP

Général Salif TRAORE

Général Youssouf BAMBA

Figure marquantes de l’armée malienne de 1960 à nos jours

Général Gabriel POUDIOUGOU

Général Abdoulaye SOUMARE

Capitaine Sékou TRAORE

Colonel Kélètigui DRABO

Colonel Pinana DRABO

Général Moussa TRAORE

Colonel Kissima DOUNKARA

Colonel Tiécoro BAGAYOKO

Général Baba DIARRA

Général Amadou Toumani TOURE

Général Kafougouna KONE

Capitaine Dibi Sylas DIARRA

Général Mamadou COULIBALY

Général Cheick Oumar DIARRA

Général Nainy TOURE

Colonel Major Gan fely DIALLO

Général Minkoro KANE

Colonel-Major Tiéffing KONATE

Colonel-Major Broulaye KONE

Colonel Ousmane SOUMARE

Général Sadio GASSAMA

Général Mamadou TOGOLA

Colonel-Major Mamy COULIBALY

Général Tièfolo DICKO

Général Abdoulaye OULOGUEM

Colonel Mamadou SANOGO

Commandant Abdoulaye DIALLO

Colonel Hama BARRY

Colonel Félix SAGARA

Colonel Abdoulaye SALL

Colonel Tiéoulé SIDIBE

Colonel Aly CAMARA

Colonel Issa DIALLO

Colonal Ba DAOU

Colonel Gaoussou COULIBALY

Général Kamy DIABATE

Général Fanta KAMISSOKO

Colonel-Major Issa DIARRA

Colonel Mary DIARRA

Général Abdramane BABY

Général Souleymane SIDIBE

Colonel Lamine DIABIRA

Chef d’escadron Balla KONE




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