20e anniversaire de l’association malienne des expulsés: vers l’élaboration d’une déclaration de Bamako

Le 6 octobre 1996 naissait, pour la première fois, une association crée par des migrants maliens refoulés d’Afrique et d’Europe appelée Association malienne des expulsés (AME). Aujourd’hui, l’association a 20 ans. Pour marquer l’évènement, l’AME organise, les 5 et 6 novembre, au Musée national, un grand débat sous régional, voire international, sur la politique migratoire entre l’Afrique et l’Europe, au cours de laquelle, plusieurs panels seront animés sur différentes thématiques relatives la gestion des questions migratoires.

Le programme de ces activités commémoratives du 20e anniversaire était au cœur des échanges entre les hommes de média et les responsables de l’AME, hier jeudi, à son siège à Doumanzana. C’était en présence de certains participants qui ont déjà fait le déplacement à Bamako en provenance de certains pays voisins.
Cette conférence presse était animée par le président de l’AME, Ousmane DIARRA, qui avait à ses côtés, des responsables de certaines organisations sœurs de la sous-région venus prêté main-forte à l’AME. Il s’agit, entre autres : du coordinateur du Collectif Loujnat Tounkaranké, Tcherno Hamadou BOULAMA, non moins directeur du programme Alternatives Espaces citoyens du Niger ; du responsable de l’unité audiovisuelle à Alternatives Espaces citoyens du Niger, Abba Kiari ARIMI ; du secrétaire général de l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH)/Migreurop, Amadou M’BOW.
On y notait également la présence du le vice-président du CSDM (Conseil supérieur de la diaspora Malienne), Ahmadou DRAMERA ; de la chercheuse française, Clara LECADET, autrice du « Manifeste Des expulses », etc.
Sont attendus à ce rendez-vous, les délégations de la Mauritanie, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Togo, de la France, des Pays-Bas, de l’Allemagne, etc.
D’entrée de jeu, son président, Ousmane DIARRA, a souligné que l’AME n’était pas l’affaire des seuls migrants, mais de tout monde, dans la mesure où chacun est, d’une manière directe ou indirecte, parent de migrants au Mali.
Dans ses propos, il ressort que l’AME, en partenariat avec certaines organisations de la société civile, notamment la CSDM, est en train d’organiser une manifestation contre l’arrivée d’un diplomate européen, le 10 novembre prochain, dans le cadre de la signature des Accords de réadmission entre le Mali et son organisation. .
Une mobilisation sera organisée sur le tarmac de l’aéroport International Modibo KEÏTA, à l’arrivée du diplomate pour lui signifier l’opposition des organisations de défense des droits des migrants au dit accord.

Un contexte hostile
Le coordinateur du Collectif Loujnat Tounkaranké, Tcherno Hamadou BOULAMA, a souligné que ce 20e anniversaire de l’AME intervient dans un contexte difficile. Marqué par des crises multiformes qui obligent souvent les gens à bouger et notamment à l’intérieur des frontières de la CEDEAO. Et malheureusement, a-t-il déploré, malgré l’existence de dispositions et instruments pertinents en la matière, les migrants sont victimes de beaucoup d’entraves. D’où, la nécessité pour les organisations de la société civile de se mobiliser.
Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, son pays (le Niger) est devenu est une plateforme de transit pour les migrants subsahariens vers le nord et les pays du Maghreb. Ainsi, la région d’Agadez est devenue une zone tampon sur la route de l’Europe.
Ce flux migratoire, a-t-il expliqué, dérange les autorités de certains pays d’accueil. C’est pourquoi il y a une volonté farouche de l’Europe d’appuyer nos pays à mieux contrôler ces chemins de l’immigration.
Selon M. BOULAMA, nous avons des traditions en matière de migration qu’il faut respecter, conformément aux dispositions de la CEDEAO, de l’Union africaine et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
De l’avis des conférenciers, les accords de réadmission sont une convention entre deux États, visant à contraindre l’un d’entre eux d’accepter de recevoir des personnes qui peuvent être, ou non, ses ressortissants, et qui viennent d’être expulsées par l’autre État.
Aujourd’hui, de tels accords sont systématiquement inclus dans les accords d’aide au développement.
« C’est ce qu’on appelle officiellement le codéveloppement et de gestion conjointe des flux migratoires », a conclu le président de l’AME.
Au terme des débats, il est prévu l’élaboration d’une déclaration dite de Bamako que l’ensemble des participants vont signer et qui sera transmise à qui de droit.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *