22ème édition du Mois de la solidarité: monseigneur Jean Zerbo, parrain national

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Le ministère de la Solidarité et de l’action humanitaire a procédé, samedi dernier à la Maison des aînées de Bamako, au lancement officiellement des activités de la 22è édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre exclusion dont le thème est : «La solidarité, moteur d’un développement durable».

C’était à la faveur d’une conférence de presse, animée par le parrain national de l’évènement, Monseigneur Jean ZERBO, Archevêque de Bamako qui vait à ses côtés, le chef de cabinet du ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire, Mme Timbo Oumou BAH. On y notait également la présence de certains parrains thématiques, à savoir: Amadou Djadié SANGARE, PDG de Mali créances, parrain de la 1ère semaine ; l’ancienne ministre Mme Diarra Afoussatou THIERO, parrain de la 2è semaine.
Etait absent de cette rencontre: Ibrahima KONTAO, directeur de l’ONG Alfarouk, parrain de la 3è semaine ; et Mamadou Sinsin COULIBALY, président du patronat du Mali, parrain de la dernière semaine.
Depuis 1995, le Mali a consacré le mois d’octobre, «à la solidarité et à la lutte contre l’exclusion ». Cette initiative a permis, au fil des années, d’éveiller les consciences par rapport à la nécessité de mieux organiser la solidarité afin qu’elle puisse apporter tout le bien qu’on attend d’elle.
En effet, la célébration du mois de la solidarité a permis la prise en compte davantage de groupes cibles et de types d’intervention de solidarité.
Malgré sa pertinence et ses acquis, des insuffisances sont reprochées au mois de la solidarité, à savoir, entre autres: le caractère ponctuel de la grande majorité des interventions ; la faible appropriation de l’évènement par la société civile ; la faiblesse dans la coordination des actions se traduisant par une faible mutualisation des efforts financiers ; l’absence d’un dispositif de suivi et d’’évaluation permanent.

Une semaine dédiée à la femme et à l’enfant
La nouvelle vision a consisté à organiser l’évènement autour de 4 semaines thématiques et à envisager les actions à mener dans le cadre des orientations stratégiques définies par les différentes politiques nationales.
Ainsi, cette année, il y a : la semaine des personnes âgées ; la semaine de la femme et de l’enfant (qui remplace celle de thérapeutique); la semaine des personnes handicapées, du 15 au 22 octobre ; et enfin la semaine de la jeunesse, emploi et de l’entreprenariat.
Dans son mot de bienvenue, la chef de cabinet du ministre de la solidarité et de l’action humanitaire, Mme Timbo Oumou BAH, a tenu, au nom de son ministre, à féliciter le parrain national. Un homme avec qui, elle a travaillée depuis plus de 25 ans.
«C’est un homme aux qualités exceptionnelles, et je suis sure qu’on ne pouvait pas avoir meilleur choix», a-t-elle dit.
Dans son message, le parrain national, Monseigneur Jean ZERBO, s’est dit très honoré d’avoir été retenu comme parrain de cette 22è édition du mois de la solidarité.
Monseigneur ZERBO a rassuré les initiateurs de son entière disponibilité ; mais également de ses prières et bénédictions dans leur noble et exaltante mission auprès des défavorisés de notre pays.
Aussi, a-t-il indiqué, le Mois de la solidarité est juste un rappel. Mais que la solidarité est un acte de tous les jours. A cet effet, il a invité les uns et les autres à multiplier les gestes de solidarité en faveur des couches vulnérables.

Année de la miséricorde chez les chrétiens
Selon l’Archevêque de Bamako, la providence a fait que la 22è édition du mois de la solidarité coïncide cette année avec le Jubilé extraordinaire de la miséricorde. En effet, a-t-il fait savoir, le 8 décembre 2015, le Pape François a ouvert une année de la miséricorde qui prendra fin le 20 novembre 2016. Ainsi, il a exhorté tous les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté à observer les 14 œuvres de miséricorde qui ne s’adressent pas seulement aux chrétiens. Il s’agit : donner à manger aux affamés ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; accueillir les étrangers ; assister les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts ; conseiller ceux qui sont dans le doute ; enseigner les ignorants ; avertir les pécheurs; consoler les affligés ; pardonner les offensés ; supporter les personnes ennuyeuses; prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
Lancé en 1995 pour soutenir et renforcer les valeurs de solidarité qu’incarne notre pays, le mois de la Solidarité, rappelle le parrain national, est un «instrument efficace de réduction de la pauvreté » et de l’attention aux exclus.
Le thème de cette édition, intitulé «la solidarité, moteur du développement durable», nous engage tous, selon Jean ZERBO, à mettre l’homme au cœur de la réflexion sur le développement en ayant à l’esprit que la question du sous-développement n’est pas seulement matérielle.
A son avis, le développement véritable ne trouve son sens qu’en étant au service d’une humanisation plus grande qui n’est possible que par un amour véritable et gratuit, éclairé par la conscience et vécue dans une réciprocité des consciences et des libertés.
Pour le parrain, la 1première semaine thématique, dédiée aux personnes âgées, sera marquée par des visites aux personnes âgées, des conférences sur la vieillesse, les consultations médicales, des rencontres intergénérationnelles, la marche sportive des personnes âgées.
Concernant la semaine de la femme et de l’enfant, elle sera axée par l’organisation de la journée de solidarité avec les enfants des centres d’accueil, la remise de la clé d’un logement à une veuve de Sikasso, la visite de soutien aux femmes porteuses de fistule au Point G, l’appui en vivres et non vivres aux femmes et aux enfants, infectées ou affectées par le VIH et le SIDA.
La troisième semaine, dédiée aux handicapés programme, entre autres, la remise de la canne blanche, les consultations gratuites, et des journées portes ouvertes
Enfin, la quatrième et dernière semaine consacrée à la jeunesse et l’entreprenariat, sera marquée par l’organisation de la 1ère édition de la semaine nationale sur le chômage et le terrorisme au Mali et la nuit de l’entreprenariat.
«La solidarité ne nous est pas naturelle, il nous appartient de créer, de trouver des moyens afin que soit prise en compte chaque particularité », a dit Monseigneur ZERBO.
Ainsi, il a invité tous les Maliens à plus de solidarité, ainsi qu’à soutenir les actions du gouvernement en apportant plus d’attention à nos pères, mères, grands-parents, nos frères et sœurs.
«Notre pays est suffisamment confronté au problème de chômage des jeunes, d’éducation, de santé, de circulation des personnes et des biens, dû à la dégradation des conditions sécuritaires », a-t-il- déploré.
Pour le parrain national, notre sens de la solidarité nous commande : de veiller à ce que tous les Maliens réfugiés retrouvent dans un délai raisonnable un foyer dans leur pays natal ; de chercher et valoriser les moyens traditionnels autochtones de lutte contre le phénomène de l’exclusion ; de viser la pérennité dans l’action plutôt que d’axer notre intervention dans l’urgence ; de communiquer vrai.
«En cette année jubilaire de la miséricorde, j’exhorte tous les Maliens, partout où ils se trouvent, à s’engager à faire œuvre de charité, face à la souffrance et à la détresse humaine », a lancé Monseigneur Jean ZERBO.
A l’occasion de la rentrée scolaire, prévue ce lundi, il a souhaité vivement que nos écoles, nos familles, nos communautés soient des lieux d’éducation à la solidarité, du vivre ensemble, de l’acceptation de l’autre.

Par Abdoulaye OUATTARA

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