26e Anniversaire de l’Association ADEMA: la jeunesse au coeur du débat

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Dans le cadre de la commémoration de son 26e anniversaire, l’Association «Alliance pour la démocratie au Mali» appelée ADEMA, a organisé, samedi dernier, une conférence-débat sur le thème : «La vie associative et la jeunesse», à la Pyramide du souvenir.

Cette conférence-débat était animée par Dountan COULIBALY, avec comme modératrice Mme SY Kadiatou SOW, présidente de l’Association ADEMA ; en présence du Pr Ali Nouhou DIALLO, acteur du mouvement démocratique ; de Ibrahima N’DIAYE dit Iba N’DIAYE, membre du bureau politique de l’URD ; de l’ancien Ambassadeur, Souleymane KONE, membre du bureau politique des FARE-Anka Wili, du représentant de l’AMS-UNEEM, Abdoulaye FOFANA, etc.
Cette rencontre a regroupé les responsables d’associations de jeunes, des leaders politiques, des leaders d’associations du mouvement démocratique, des chercheurs et autres adeptes des débats d’idées, etc.
Dans son mot introductif, la présidente de l’Association, Mme SY Kadiatou SOW, a souligné que depuis la relance de ses activités en 2009, l’ADEMA a organisé de nombreuses conférences-débats qui ont constitué de véritables espaces de rencontre, d’information et surtout d’échange entre les Maliens sur les questions d’intérêt national.
Mais, l’association a souvent déploré, au cours de ces débats, la faible mobilisation des jeunes.

Les raisons d’un choix
Le choix du thème, pour commémorer le 26e anniversaire de l’Association ADEMA, a été fait, pour donner la parole aux jeunes, mais surtout pour créer des espaces d’échange, de discussion entre les jeunes et les moins jeunes.
L’Association est à son 26e anniversaire, mais les responsables ont constaté que les jeunes participent très peu à ses activités. Pour corriger cette mauvaise tendance, elle a décidé de consacrer un thème à la jeunesse.
Aujourd’hui, cette jeunesse est victime de beaucoup de préjugés et fait l’objet de stigmatisation dans la société. Pourtant, il est évident que la sans elle, il n’est pas possible de construire le présent et encore moins l’avenir de ce pays.
Comment amener les jeunes à s’organiser entre eux, à jouer leur rôle, à accomplir leur devoir de citoyen ? S’est-elle interrogée. Avant d’ajouter qu’il s’agit pour son association de les amener à avoir une conscience civique, être au chevet de leur patrie.

Les conseils de Mme SY
De l’avis de Mme SY, il est important pour les jeunes de savoir que leur aspiration au changement ne peut pas se réaliser si eux-mêmes ne s’engagent pas.
Le pays dont ils rêvent ne peut se réaliser s’ils restent les bras croisés ou sur les réseaux sociaux à dénoncer et à critiquer. Pour ce faire, il faut qu’ils renoncent à certaines facilités, à certains conforts pour prendre part aux activités de la vie associative et de la vie politique.
De même, elle a invité les aînés à être plus ouverts. «Il ne faut pas rester au niveau des préjugés sur les jeunes ; il faut être à leur écoute, comprendre leurs préoccupations, et essayer, dans la mesure du possible de les accompagner », a-t-elle exhorté.
Elle dit toujours garder un souvenir très heureux des évènements du 26 Mars, qui ont vu les jeunes se mobiliser pour amener le changement souhaité. «L’avènement de la démocratie au Mali n’aurait pas pu se faire sans la participation de ces mouvements divers de jeunes», a-t-elle reconnu.
De même, ce 26e anniversaire est une interpellation pour les jeunes à faire face au nouveau contexte. Eux qui doivent apporter leur contribution dans la construction de notre pays, la consolidation de la démocratie.
Tous les problèmes qui assaillent notre pays aujourd’hui : l’insécurité, les problèmes de gouvernance, d’emploi et même le problème d’occupation du territoire national sont autant de défis qui interpellent les jeunes. Les jeunes doivent prendre les choses en main et ne pas toujours attendre que les aînés leur disent, à chaque fois, fait ça.
«Les jeunes doivent se former, s’informer et agir», a-t-elle conclu.

L’État des lieux
D’entrée de jeu, le conférencier a indiqué que la jeunesse est la sentinelle de notre démocratie. C’est pourquoi elle doit se mobiliser pour jouer ce rôle qui est le sien afin de consolider et de sauvegarder les acquis démocratiques.
Avec l’avènement de la démocratie, beaucoup d’associations de jeunesse ont vu le jour. Parmi celles-ci l’ADEMA. A l’origine, cette jeunesse devait servir de vivier pour le parti. Ces associations peuvent constituer une force, une dynamique capable de faire changer les choses. Mais, a-t-il précisé, à condition qu’elles soient bien organisées et structurées.
Aujourd’hui, le constat qui se dégage est que l’incertitude de l’avenir a entraîné chez les jeunes une perte de confiance dans les institutions de la République.
C’est pour pourquoi le dialogue intergénérationnel s’avère être un moyen de rapprocher les générations. «On ne demande pas eux jeunes de prendre tout ce que les aînés leur proposent. Mais plutôt de s’en servir pour forger leur propre opinion», a-t-il expliqué.
Incapable de s’organiser, la jeunesse malienne, selon le conférencier, est dispersée et est utilisée à des fins électorales.
Conséquence de cette division, elle est rarement consultée pour les décisions nationales majeures.

Des solutions
La vie associative constitue aujourd’hui un tremplin pour la jeunesse.
Elle contribue, à promouvoir les jeunes en les rendant plus responsables, plus citoyens, plus conscients et acteurs de leur destin. Elle constitue, aussi, un cadre d’analyse de l’évolution socioéconomique et politique du Mali afin de proposer des solutions qui tiennent compte de nos réalités historiques, sociales et culturelles. De même, elle favorise les rencontres et les échanges avec des acteurs de la vie socioéconomique et les acteurs culturels, afin d’éveiller les consciences, etc.
Abondant dans le même sens que le conférencier, beaucoup d’intervenants ont invité la jeunesse à cesser de jouer, éternellement, à la victime et de prendre son destin en main.
Enfin, l’ancien ministre Ibrahima N’DIAYE dit Iba N’DIAYE a invité la jeunesse au travail, à la formation et à la mobilisation pour la réalisation de ses projets.

Par Abdoulaye OUATTARA

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