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vendredi 23 avril 2021
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Zone de défense: où est le problème de la Zone de défense et de sécurité de la CMA dans le Gourma ?

Tandis qu’à Kidal on célèbre ce vendredi la passation solennelle des pouvoirs, pardon des « consignes » entre le président en exercice sortant Alghabass AG INTALLA et le président en exercice entrant Sidi Brahim OULD SIDATT, à Bamako on perd son latin, dans les chicanes et les controverses à n’en pas finir. En cause ?

Conformément aux dispositions de sa charte et sur convocation de son Président en exercice, Monsieur Alghabass AG INTALLA, le Comité Directeur de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) s’est réuni en session ordinaire les 25, 26, 27 et 28 Janvier 2021 à Kidal.
Entre autres décisions subrepticement, disons insidieusement distillées dans la communiqué final de la rencontre, outre la passation solennelle des consignes entre le président en exercice Alghabass AG INTALLA et le président entrant Sidi Brahim OULD SIDATT, la rencontre a adopté une feuille de route pour orienter la politique d’actions globales à entreprendre durant le semestre à venir. Ladite feuille de route, qui intervient après celle arrachée à la Transition qui fait déjà polémique, se décline sous deux axes principaux : politique et militaire.
Sur le plan politique, la rencontre de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) a procédé à la Relecture et adoption après amendements en plénière de sa Charte et de son Règlement intérieur. Mais c’est sur le plan militaire que les décisions de la rencontre ont du mal à passer. Il s’agit notamment de la Création de 2 zones militaires dans la Région de Gao (le Haoussa et le Gourma) avec une coordination unique et le Renforcement des mesures dédiées à la lutte contre l’insécurité dans les Régions de Tombouctou et de Ménaka.
L’épidermisme soudanais, pardon malien, n’y a vu que du feu. Où est le problème ? Le patriotisme à fleur de peau expliquera qu’il s’agit de la confiscation et de l’exercice de la souveraineté du pays par d’invétérés séparatistes. Dans une République sérieuse et souveraine, seul l’État devrait disposer de la force armée et lever une armée.
Derrière l’apparente vérité, on ne s’empêcher de demander comment et pourquoi s’énerver et crier à la provocation au second coup ? Parce que pour qu’il y ait seconde zone, il aurait fallu qu’il y ait une première zone militaire, Kidal qui échappe toujours honteusement au contrôle de notre État. Comment et pourquoi les dignes fils du Mali qui s’égosillent en dénonciations vertueuses n’ont-ils pas protesté et exigé le désarmement de la CMA avant son entrée dans le Gouvernement ?
Redescendons sur terre. En quoi la création d’une « zone de défense et de sécurité relavant de l’état-major de la CMA dans le but de mieux contribuer à la sécurité des personnes et des biens en partenariat avec les forces nationales et internationales » pose-t-elle un problème ? On ne veut pas de l’Accord ; on ne veut pas de partenariat de défense avec la CMA, mais on applaudit l’entrée de la même CMA au Gouvernement… Une armée qui peine à sauter le siège autour de Farabougou, ne doit-t-elle pas se réjouir du partenariat avec la CMA ? C’est en refusant tout venant de la CMA qu’on acte la partition du pays. Plus que les bavardages politiques, les questions de défense, de sécurité et de réconciliation sont complexes. Et dans cette partie très compliquée du pays, elles le sont davantage. Aussi, il faut sortir de l’épidermisme atavique, pardon l’hystérie anti-azawadienne pour apprécier à leurs justes valeurs les avancées du processus de paix et de réconciliation. Le rejet total et absolu n’est ni une alternative ni option gagnante. Arrêtons de voir seulement dans la CMA d’anciens séparatistes, pour commencer à voir en elle une partenaire incontournable pour la paix, la réconciliation, mais aussi un Mali un et indivisible.
PAR BERTIN DAKOUO




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