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mardi 21 novembre 2017
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4ème congrès ordinaire de la Sadi à Sikasso: Oumar MARIKO remplace Cheick Oumar SISSOKO

Le départ du président du parti, l’exclusion de Sidiki DIABATE de Koutiala, l’élargissement du bureau exécutif du parti de 9 à 19, sont, entre autres grandes décisions qui ont sanctionné les travaux du 4è congrès ordinaire du parti, Solidarité africaine pour le développement et l’indépendance (SADI), tenu  les 13 et 14 décembre dernier, dans la salle de spectacle Lamissa BENGALI de Sikasso.

Cette instance statutaire du parti a permis de débattre  de la situation politique nationale ; de la vie du Parti ; des choix et nouvelles orientations politiques à prendre, afin de renforcer son action et sa vision, d’orienter sa lutte, et de doter le nouvel organe dirigeant d’outils d’analyse, indispensables pour éclairer sa marche. Le rendez-vous de Sikasso a été marqué par la présence du président sortant du parti, Cheick Oumar SISSOKO,  du secrétaire général sortant, Oumar MARIKO, des secrétaires politique et administratif, respectivement Mohamed Ag AKERATANE et Nouhoum KEITA.

Au plan local, on y notait la présence de plusieurs responsables politiques SADI,  dont le coordinateur des sections de Sikasso, le Dr DIALLO. Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile, dont le MPR, le YELEMA, la CODEM, le MIRIA, l’UM-RDA, la CDS-mogotigi-ya, le RPM, les FARE, le PIDES…. ont également honoré de leur présence la cérémonie d’ouverture du 4è congrès ordinaire.

Sauvegarde de l’unité nationale

Après son mot de bienvenue aux participants venus de toutes les régions du pays, le coordinateur des sections du parti à Sikasso a salué le choix de sa localité pour la tenue de ce congrès qui est un honneur pour la région de Sikasso.

Cette rencontre, a-t-il soutenu, est une évaluation des forces et des faiblesses du parti et permet de poser les jalons pour relever les défis futurs.

Aussi, a-t-il souligné, l’actualité reste dominer par la crise du Nord et les négociations Inter-Maliens d’Alger. Ces négociations, a-t-il indiqué, doivent aboutir à l’unité de notre pays et à la relance d’un nouveau pacte entre les Maliens pour affronter les défis du développement.

Pour cela, tout peut être négocié sauf l’unité et l’intégrité territoriale du Mali, a-t-il martelé.

A sa suite, le président sortant du parti SADI a tenu à souligner toute sa joie pour ces retrouvailles à Sikasso, la capitale du Kénédougou.

  1. SISSOKO est convaincu que la qualité cardinale pour un parti politique est la responsabilité à l’égard de sa finalité et des exigences qui s’imposent à lui pour atteindre ses objectifs.

A son avis, le parti réalise cette finalité grâce à la qualité de ses analyses, à l’efficacité de sa stratégie et de sa tactique, à sa capacité de se solidariser avec les larges masses de citoyens en résistance et en lutte contre toutes les formes d’injustices, d’oppressions, d’exploitation, de corruption, de bradage ou de dilapidation des richesses et ressources du pays.

Aussi, doit-il se souder à elles, les aider à s’organiser, à défendre de façon intransigeante leurs intérêts et à mériter ainsi leur confiance.

Dans cette logique, le parti SADI, selon son président, participe à la majorité présidentielle, sous ce régime, dirigé par le Président IBK.

«L’enjeu essentiel et fondamental de nos jours demeure la question de la souveraineté, de l’ingérence et la mainmise étrangère sur notre pays par différents artifices», a-t-il expliqué.

Le seul combat qui vaille aujourd’hui reste la libération totale du pays, la consolidation de l’unité nationale, a-t-il soutenu.

Une place reconnue à  chaque Malien

Au regard de la situation socio-politique du moment, il y a lieu de sacraliser, entre autres, quatre principes non négociables : « Que le peuple puisse, en toutes circonstances, décider souverainement de la conduite des affaires nationales ; que les intérêts matériels et moraux du Mali et des Maliens (de partout dans le monde) soient le référentiel primordial et absolu de ses dirigeants ; que notre pays est et reste toujours Un et Indivisible ;  que chaque Malien puisse avoir une place reconnue dans son pays, y avoir la possibilité de manger à sa faim, de se loger, d’y être soigné et éduqué, d’y travailler, d’y entreprendre, d’y accomplir ses projets, bref, de s’y épanouir, enfin d’y avoir une fin de vie digne et honorable ».

Pour traduire ces principes sacrés dans la réalité, cela exige des engagements collectifs, des pactes nationaux, négociés et acceptés par tous, est convaincu Cheick Oumar SISSOKO.

Sur les nombreuses questions, inscrites à l’ordre du jour de ce congrès, les participants ont, entre autres, débattu de la crise sécuritaire qui frappe notre pays avec la rébellion, les djihadistes, le trafic de drogue, la présence étrangère ; la crise de l’Etat qui perdure et qui exige une nécessaire refondation ; la gestion des affaires publiques au niveau du Gouvernement, marquée par des scandales financiers. Sur cette question, le parti, par la voix de son président, exige que les fauteurs soient punis, membres du Gouvernement soient-ils ; la crise de notre système éducatif…

Dans la même perspective, le parti plaide pour une réduction des charges de l’Etat, le règlement des problèmes sociaux, du conflit avec le MNLA.

Cheick Oumar SISSOKO reste convaincu que le Mali peut, de nouveau, redevenir moderne, fier et maître de son destin. De même, il peut prendre toute sa part dans la construction d’une Afrique souveraine, unie et puissante, partie prenante d’un monde multipolaire, de paix, de coopération véritable et de solidarité.

Des alternatives au chaos

Pour ce faire, le président sortant de SADI estime qu’il faut des alternatives concrètes, face à la vulnérabilité et à la précarité qui frappent nos concitoyens. Sur la question, le Parti SADI propose, dans son programme de société : une couverture maladie pour tous ; une assurance risque de la production pour les secteurs agricole (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs…) ; un office de régulation et de stabilisation des prix pour les denrées de première nécessité. En même temps, il doit être acquis pour chaque Malien, où qu’il soit, puisse à tout moment, manger à sa faim.

«Notre dignité et notre honneur, c’est d’abord que soit éloigné à tout jamais les risques de pénurie de vivres dans notre pays. L’alimentation de base doit être mise en dehors des PAS (CSLP ou autres)», a déclaré M.SISSOKO.

Pour lui, il convient également d’examiner les possibilités concrètes de l’indispensable augmentation des salaires pour garantir une vie décente et contribuer à éliminer les bases de la corruption et de l’inconscience professionnelle ; de revaloriser la fonction enseignante, de toute urgence, pour sauver enfin notre école et la réformer au profit du développement du Mali ; d’instituer un fonds national pour l’utilisation et la valorisation des compétences et expertises des travailleurs retraités.

«En sus de la pension de retraite, une rémunération complémentaire doit être accordée à tous ces talents confirmés pour services rendus à la collectivité », a proposé M. SISSOKO.

La terre aux  paysans et non à ceux qui la travaillent en tant que simples agriculteurs/exploitants est aussi un principe cher au SADI, a-t-il rappelé.

L’Afrique malade des puissances étrangères

Cheick Oumar n’a pas caché ses inquiétudes face aux nombreux foyers de tensions qui enflamment le Continent dans le seul but de s’accaparer de ses ressources, à la montée en puissance des milices et du terrorisme, avant d’exprimer la solidarité de son parti au peuple de Palestine.

«Nous exprimons également notre solidarité à Cuba, au Venezuela et tous les autres peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes qui nous montrent, chaque jour, le chemin de l’indépendance véritable. Nous n’oublions pas la Syrie qui est également victime de la stratégie du chaos», s’est-il adressé aux participants.

Oumar MARIKO a expliqué aux participants que le choix du Kénédougou pour la tenue de ce congrès se justifie par la volonté des responsables du parti SADI d’être solidaires aux combats patriotiques des pères de l’indépendance du Mali, comme Modibo KEITA, Jean Marie KONE ; et des résistants à la pénétration coloniales, tels que Babemba TRAORE et de Tiéba. A défaut d’être ces héros, le parti SADI entend maintenir la dragée haute, en vue de rester sur la ligne tracée par eux, a soutenu Oumar MARIKO.

Sur la définition de la ligne du parti SADI, comme a souhaité savoir certains partis invités, Oumar MARIKO a été, on pouvait plus limpide :

«Nous évoluons, jusqu’à une décision contraire au sein de la majorité présidentielle pour des questions de principe. Nous accompagnons le pouvoir tout en restant sur nos principes et nos valeurs ».

A ce titre, a-t-il poursuivi, le SADI n’a jamais demandé un poste jusque-là, contrairement à beaucoup de partis politiques qui se réclament de l’opposition. Le parti SADI n’a cessé d’interpeller le gouvernement sur des questions qu’il juge préoccupantes. Les Maliens se souviennent récemment des questions orales de ses députés, adressées aux ministres de l’Economie et des finances sur la privatisation de la BETRAM-Sa ; de l’Intérieur et de la Sécurité, sur la situation sécuritaire du pays et les conditions de vie et de travail des policiers ; de la Santé et de l’hygiène publique, sur la gestion de la maladie à virus Ebola …

SADI reste dans la majorité présidentielle

Ces exemples  prouvent que son évolution au sein de la majorité présidentielle est loin d’être une position de suivisme, a-t-il clarifié.

Aux organisations de la société civile, Oumar MARIKO leur invite d’être de plus en plus exigeantes vis-à-vis des partis et des hommes politiques, à se battre pour concrétiser, au moins le vote sanction.

A la fin des travaux, un bureau de 19 membres, présidé par le Dr Oumar MARIKO, précédemment secrétaire général a été mis en place. Alors, le poste de secrétaire général est désormais occupé par la Pr Rokia SANOGO. Le poste de secrétaire Politique est toujours occupé par Mohamed Ag AKERATANE et notre confrère Nouhoum KEITA conserve le poste de secrétaire administratif.

En effet, le bureau politique a été élargi, passant ainsi de 9 à 19 membres. Cheick Oumar SISSOKO qui a été élu à la tête de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) a demandé aux militants de lui permettre de se consacrer à cette mission qui exige aussi obligation de devoirs de réserves sur certaines questions politiques.

Ce congrès a également procédé à l’exclusion de Sidiki DIABATE, non moins membre de la section SADI de Koutiala, visiblement pour cause déstabilisation du parti.

Sur un tout autre plan, le congrès a exprimé sa volonté de rester dans la majorité présidentielle, jusqu’à une prochaine réunion du nouveau bureau, dont la date n’est pas encore précisée. Cette rencontre aura à examiner minutieusement la question.

Par ailleurs, il a invité le gouvernement à prendre toutes les mesures pour permettre aux forces armées de jouer pleinement leur rôle dans la sauvegarde de la souveraineté et l’unité nationale ; les pouvoirs publics à l’élaboration d’une doctrine militaire, fondée sur le concept d’une armée de développement.

Le parti SADI dénonce le troc des terroristes contre l’otage français, le laxisme du gouvernement vis-à-vis des actes de détournements de deniers publics ; et exige la libération des militaires putschistes emprisonnés.

Par Sidi DAO, envoyé spécial à Sikasso

 




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