Académie de leadership des jeunes des partis: une satisfaction partagée par les acteurs

Les travaux de l’académie de leadership des jeunes des partis politiques «Win with youth» (gagner avec les jeunes), ouverts lundi, se sont achevés, vendredi dernier, à l’hôtel Mandé avec une satisfaction partagée des formés que des formateurs.

À l’issue de cette session de 5 jours, les 42 jeunes (une femme un homme de moins de 35 ans) venant des 19 partis politiques présents à l’Assemblée nationale et le directeur du NDI-Mali se sont réjouis des résultats de la présente formation qu’ils ont souhaité et pérenne.

La cérémonie de clôture était présidée par le directeur résident du NDI Mali, le Dr Bbadiè HIMA et du formateur DANY.

L’académie qui a duré 5 jours a pour but d’une part à soutenir l’engagement pacifique de la jeunesse dans les processus politiques au Mali et d’autre part, contribuer à l’émergence politique des jeunes au niveau de leurs formations politiques tant au niveau local que national.

De façon spécifique, cette académie a pour objectifs de permettre surtout aux jeunes dirigeants des partis politiques de promouvoir une plus grande responsabilité et réceptivité des partis politiques et du gouvernement, sur les préoccupations des jeunes; de renforcer les capacités des jeunes dirigeants des partis politiques maliens à participer efficacement aux élections régionales et communales de 2015, comme mobilisateurs, candidats, membres d’équipe de campagne, etc.

Pour le directeur de NDI, cette formation est soutenue par le fait que l’implication des jeunes en politique au Mali date des années de l’indépendance où la plupart des leaders politiques étaient jeunes et ceux-ci sont restés aux affaires pendant plus d’un quart de siècle.

Cependant, le processus démocratique au Mali déclenché avec la révolution de Mars 1991 a vu une participation active d’une nouvelle classe de jeunes formés pour la plupart au Mali.

Ce bouleversement, amorce du processus démocratique, a débouché sur le multipartisme et la culture du militantisme politique de la société malienne.

Parmi les leaders politiques qui animaient l’arène politique malienne de la période post révolution figuraient un nombre important de jeunes qui se retrouvaient, à la fois, au gouvernement et au parlement de la 3e République.

Mais, depuis ce sursaut patriotique, le renouvellement des leaders politiques au niveau des instances de prise de décision peine à s’opérer de façon significative.

Les mêmes leaders politiques sont presque tous en poste au niveau de leur formation politique respective.

La jeunesse est confinée dans les mouvements, groupes, sections des jeunes des partis politiques avec le plus souvent un seul représentant dans le bureau exécutif national.

Dans les partis, la jeunesse est chargée essentiellement de la mobilisation électorale et de la propagande politique.

En plus du fait majoritaire au niveau des instances de prise de décision qui confine les jeunes dans une fonction de seconde zone, le contexte socioculturel malien et le faible niveau de revenu des jeunes attardent leur émergence politique malgré l’engagement dont ils font montre dans les partis politiques.

La société malienne, a-t-il soutenu, est par excellence une société gérontocratique où la répartition des tâches, des responsabilités et des postes est essentiellement liée à l’âge.

Le chômage qui touche, pour l’essentiel la jeunesse, limite également leurs ambitions politiques et leurs actions sur le terrain, car les échéances électorales exigent une mobilisation importante des ressources.

La problématique de la représentation des jeunes et leur implication dans la prise de décision se posent également au niveau des institutions de la République où celles-ci demeurent, de façon générale, faibles. Le processus politique malien a débouché sur la décentralisation avec les collectivités territoriales.

En 2009 sur 10 777 conseillers élus, 986 sont des jeunes âgées de 18 à 35 ans soit 10 % des élus, 248 sont dans les bureaux communaux et 56 jeunes maires sur les 703 communes soit 6 %.

La nouvelle législature compte moins de 10 députés jeunes sur les 147 et le Haut conseil des collectivités ne compte aucun jeune en son sein.

Cette problématique de la jeunesse concerne en premier lieu les partis politiques qui sont les principaux acteurs de la démocratie.

Au sortir de cette académie, le Dr HIMA a souhaité voir dans les prochaines années des jeunes des partis politiques élus ou présents au nouveau des instances de décisions.

Les thèmes développés ont porté sur le renforcement des capacités personnelles des jeunes des partis politiques ; le fonctionnement des partis politiques et les élections locales, notamment le leadership, la communication, le plan carrière en politique; l’idéologie, les principes, les valeurs, les organes et la place des jeunes filles en politique ; la manière de tenir un bureau de vote, de responsabiliser les jeunes dans les structures des partis et d’encourager les candidatures jeunes ; les techniques de mobilisation des ressources ; etc.

Par Sékou CAMARA

 

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