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mardi 11 décembre 2018
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Accélération de l’accès à l’eau et à l’assainissement: le grand défi pour l’association africaine de l’eau

Après Kampala (Ouganda) en 2010, Marrakech (Maroc) en 2012, Abidjan (Côte d’Ivoire) en 2014, Nairobi (Kenya) en 2016, l’honneur échoit à la capitale malienne Bamako d’accueillir, depuis hier lundi, à l’hôtel de l’Amitié, le 19e congrès et exposition internationale de l’Association africaine de l’eau (AAE) sur le thème général : « Accélérer l’accès à l’assainissement et à l’eau pour tous en Afrique face au défi du changement climatique ».

Présidée par le Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA, la cérémonie d’ouverture des travaux devant se poursuivre jusqu’au vendredi 16 février 2018 s’est déroulée en présence de plusieurs membres de gouvernement, notamment les ministres de l’Énergie et de l’eau, Malick ALHOUSSEINI, de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable, KEITA Aida M’BO ; du ministre sénégalais de l’Eau. On y notait également la présence de Loïc FAUCHON, président d’honneur du Conseil mondial de l’eau ; Abderrahim El HAFIC, président de l’Association africaine de l’eau ; de Boubacar KANE, directeur général de la SOMAGEP-sa, président du Congrès ; ainsi que les responsables des services d’eau et d’assainissement des pays membres de l’Association, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Burkina, la Guinée, le Malawi, le Niger, le Sénégal, la Tanzanie et bien sûr notre pays, le Mali.
Selon le ministre de l’Énergie et de l’eau, l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène reste un majeur pour le Continent africain.
En effet, a-t-il rapporté, selon la Banque mondiale, en 2016, environ 26,7 % de la population en Afrique n’avait pas accès à l’eau potable et le manque d’assainissement s’avère un problème de santé publique, aussi préoccupant que le paludisme et la diarrhée dont il est responsable en partie. Or, a-t-il soutenu, l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, source d’épanouissement et de dignité humaine, devrait aider nos économies à croitre plus rapidement.
Quant aux impacts du changement climatique, estime le ministre, ils sont particulièrement forts et même drastiques à certains endroits d’Afrique, surtout en relation avec la disponibilité de l’eau.
Au Mali, a-t-il rappelé, depuis quelques années, ‘’nous subissons les effets néfastes du changement climatiques’’. En attendant de pouvoir agir de manière considérable sur les causes connues de ces changements climatiques, a fait savoir le ministre de l’Énergie et de l’eau, le gouvernement a décidé des stratégies de prévention, d’adaptation aux impacts du changement climatique, notamment la maitrise de l’eau.
Le Mali, révèle le ministre Malick ALHOUSSEINE, recèle d’importantes ressources en eau, tant de surface que souterraine. S’agissant des eaux de surface, les pluies, a-t-il déclaré, apportent environ 350 milliards de m3 d’eau par an. Quant au réseau hydrographique, constitué des fleuves Niger, Sénégal et leurs affluents, ainsi que la Volta, il draine entre 60 et 110 milliards de m3 d’eau par an.
En ce qui concerne les eaux de surface non pérennes, emmagasinées dans des sites naturels, elles sont estimées à environ 15 milliards de m3. Quant aux ressources en eaux souterraines, elles sont estimées à 2700 milliards de m3, avec un taux annuel de renouvellement de 66 milliards de m3, représentant la portion d’alimentation en eau potable des populations.
« Dans un contexte mondial où l’on s’accorde à considérer que le seuil de pénurie se situe à 1000 m3/habitant/an, la disponibilité des ressources en eau au Mali est de 5 714 m3/habitant/an », a fait savoir le ministre de l’Énergie et de l’eau.
Cependant, reconnait-il, d’importants défis existent dans le secteur Eau potable, hygiène et assainissement. Pour preuve, souligne-t-il, les principaux cours d’eau et leurs affluents, malgré leur pouvoir autoépurateur, sont de plus en plus soumis à diverses sources de pression, déchets organiques, eaux usées, produits phytosanitaires, effluents industriels, exacerbant le phénomène de pollution des eaux de surface.
« La couverture nationale en eau potable est de 68 %. Concernant l’assainissement, la couverture nationale est de 25 %, domaine où le service se situe à 16 % en milieu rural, avec un taux de défécation à l’air libre de 13 % », a-t-il indiqué.
Auparavant, les premiers intervenants, notamment le président d’honneur du Conseil mondial de l’eau, le président de l’Association africaine de l’eau, et le président du Congrès ont rappelé l’historique et les objectifs de l’Association africaine de l’eau.
En effet, soutiennent-ils, le Congrès de l’AAE, qui se tient tous les 2 ans, est un forum scientifique et technique destiné à faire l’état des lieux du développement du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique.
Le Congrès portera spécifiquement sur les défis dans la mobilisation des ressources, la gouvernance, la gestion des services publics, le financement de l’investissement, la recherche et le renforcement des capacités, etc.
Aujourd’hui, l’Association africaine de l’eau s’impose comme une organisation de référence dans les domaines de l’eau et de l’assainissement sur le Continent. Pour preuve, elle acquiert, d’année en année, une notoriété qui va sans cesse croissant. Ce positionnement exige d’elle d’être une alerte permanente, et à même de répondre aux préoccupations de nos concitoyens, sur un Continent où les défis liés à la problématique de l’eau sont nombreux.
Notons que le rendez-vous de Bamako réunit plus d’un millier de délégués, y compris les opérateurs, les professionnels et décideurs provenant de diverses régions du monde, pour discuter des questions de développement durable et des défis de l’Afrique dans le domaine de l’eau, de l’assainissement. Il s’agit d’une grande opportunité pour les acteurs, mais aussi pour les opérateurs qui soutiennent le secteur, de présenter leur travail et leurs préoccupations.
Avec un réseau composé d’une centaine de sociétés membres réparties sur l’ensemble du continent africain, l’Association africaine de l’eau se positionne, actuellement, comme un partenaire incontournable pour l’amélioration des performances des sociétés d’eau et d’assainissement. Ainsi, par ses programmes basés sur le partage des meilleures pratiques et la formation, l’AAE participe à l’amélioration des capacités et contribue à rendre les sociétés plus compétitives. Son savoir-faire lui permet également d’accompagner ses membres dans la perspective des objectifs à courts et moyens termes établis pour l’Afrique.
Après avoir prononcé le lancement officiel du Congrès, le Premier ministre, accompagné des personnalités, a visité les stands d’exposition des sociétés d’eau et d’assainissement, dans la cour de l’hôtel.

Par Sékou CAMARA




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