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samedi 16 décembre 2017
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Accès aux soins de santé et lutte contre la malnutrition: Aga Khan au chevet des communautés rurales

Selon les résultats de la 5e Enquête démographique de santé, 1 sur deux enfants, à Mopti, est touché par la malnutrition; sur 1 338 naissances, 60,1 % des femmes reçoivent des soins prénataux, 29,8 % bénéficient d’un accouchement assisté et seulement 26,2 % des naissances ont eu lieu dans un établissement sanitaire. Afin d’améliorer ces indicateurs, la Fondation Aga Khan (AKF) y est à l’œuvre, depuis 2010. Une caravane de presse est allée voir ses réalisations.

Afin d’améliorer ces faibles indicateurs, la Fondation Aga Khan (AKF), à travers son Programme de développement coordonné dans la région de Mopti (PDCRM), a lancé des activités d’amélioration d’infrastructures sanitaires de base, d’encadrement des organisations locales pour renforcer leur efficacité, en matière de santé, d’hygiène et d’assainissement de leur cadre de vie, notamment dans les cercles de Mopti et de Djenné.

La Fondation intervient dans la santé maternelle et infantile, à travers des activités visant à faciliter l’accès aux soins, à travers la mise en place de maternités rurales, la formation de matrones, accoucheuses et personnel technique de santé, la nutrition (dépistage d’enfants malnutris, leur référence aux CSCOM).

Politique de développement des maternités rurales

Le programme de réalisation de maternités rurales de (AKF) et de ses partenaires porte sur un coût de plus de 173 millions de francs CFA dans 15 localités rurales, selon le directeur du réseau à Mopti, Zana KONE. Déjà, 4 maternités sont construites et 6 sont en construction, le reste le sera, dans les jours et mois à venir, selon le directeur régional du réseau Aga Khan de Mopti.

La caravane de presse a visité une des 4 maternités construites, celle de Djébitaga, à 1 heure de pirogue de la ville de Mopti. La réalisation financée par la Fondation Orange-Mali est composée de quatre salles: une salle d’attente, une salle de consultation, une suite de couches, des latrines. Sonquipement a coûté plus d’un million de francs CFA, selon M. KONE.

Le président du comité de gestion de la maternité, Bourama TRAORE, a indiqué que Djébitaga était un gros village de plus de 2000 habitants et coupé de Mopti par l’eau du fleuve Niger. Cette initiative d’Aga Khan et de ses partenaires est une véritable délivrance pour la population de Djébitaga, a-t-il soutenu.

Le représentant de la Fondation Orage a surtout invité les populations à s’approprier de la maternité pour leur bien-être.

Pour assurer l’animation de ces maternités, la Fondation Aga Khan finance la formation de plusieurs dizaines de matrones à l’École de formation paramédicale et de formation continue, Yoland BRESSON, de Sevaré.

Le directeur promoteur de l’établissement de renommé local, le Dr Oumar TRAORE, nous a confié que sa collaboration avec Aga Khan a commencé, en 2009, avec la formation de plus de 10 matrones. De 2012 à 2014, l’école doit également former 80 matrones pour les besoins des maternités rurales construites par Aga Khan. Selon le directeur promoteur, les matrones sont formées pendant sept mois dont 4 mois de théorie et 3 mois de pratique sur le terrain.

Dans le programme d’accès aux soins d’Aga Khan, les maternités participent activement à la lutte contre la malnutrition, à travers des campagnes de sensibilisation des femmes à la fabrication d’aliments riches en nutriments, comme la curée de pomme de terre, la bouillie et la soupe.

Le directeur régional de la santé de Mopti, le Dr Zoumana COUMARE, reconnait les bienfaits du partenariat avec la Fondation Aga Khan, en matière de santé.

«Notre partenariat avec Aga Khan est au beau fixe. Avec ses partenaires, elle appuie beaucoup dans le domaine de l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’accessibilité des populations aux soins de santé, la lutte contre la malnutrition chez les enfants», a indiqué le Dr COUMARE.

Coup de pouce à l’éducation

Dans la région de Mopti, notamment dans les cercles de Mopti et Djenné, la Fondation Aga Khan intervient dans le renforcement de la gouvernance/gestion, en mode décentralisé de l’éducation dans les communes; la réalisation d’infrastructures (salles de classe, latrines, points d’eau); la formation d’encadreurs, d’animatrices de Centres de développement de la petite enfance.

Avec l’appui financier de l’UNICEF et de la banque mondiale, AKF a édifié, équipé et appuyé 11 CDPE, en cinquième région, a indiqué la coordinatrice Aga Khan de l’éducation, Marie Christine. La Fondation compte mettre en œuvre des activités d’éducation dans 42 écoles primaires, 30 CDPE, à travers son projet d’amélioration de l’accès aux services éducatif de qualité (PASEQ), a-t-elle confié.

Démarré en avril 2014 pour une durée de trois ans, dans le cadre d’un consortium avec trois ONG internationales (Plan international, Worl vision et Save the children), le projet d’amélioration de l’accès aux services éducatifs de qualité (PASEQ), pour sa partie confiée à AKF, vise plus de 10 000 enfants dans 12 communes des cercles de Mopti et Djenné, à travers la construction de 12 CDPE. Ce projet va améliorer la formation continue de 168 enseignants et de 90 maîtresses éducatrices.

Les CDPE dans les villages

Pour ses activités conférées à AKF, le PASEQ a un budget de 2 601 689 760 FCFA, financé par DFATD pour 85 % et AKF pour 15 %. Les activités mises en œuvre, pour ce qui est de cette partie,  profiteront à plus de 10 000 enfants, dont 53 % de filles, nous a expliqué Marie Christine.

Le PASEQ s’occupera des études de base et des analyses portant sur l’environnement et le genre, de la construction et l’équipement de 12 écoles primaires et de 10  CDPE, celle de 34  forages dont 5 réhabilitations. En outre, le projet va construire 27 latrines scolaires

Les autres interventions se résument en la dotation alimentaire prenant en compte les besoins nutritionnels, le déparasitage, la fourniture en eau potable, la disponibilité de latrines adaptées aux besoins des scolaires, y compris des filles et ceux à mobilité réduite dans un environnement sécurisé et non-violent. Enfin, il y aura un renforcement des capacités pour les enseignants, les mères éducatrices, les membres des Comités de gestion scolaires (CGS/COGES) et les Associations de mères d’élèves (AME).

Appréciation positive à Soufroulaye

À Soufroulaye, où la caravane de presse a visité un CDPE, la population apprécie l’intervention d’Aga Kan dans le domaine du développement de la petite enfance. Dans ce village de plus de 2000 âmes, Aga-Khan est l’origine de l’ouverture de deux CDPE.

Selon Mama KAMIAN, une des trois animatrices de ces CDPE, l’initiative d’Aga Khan est salutaire. Car, elle facilité la garde des enfants, lorsque les parents vont au champ. Avant, les enfants étaient confiés aux vieilles, ils se promenaient n’importe comment, a-t-elle soutenu.

«Les enseignants du primaire apprécient beaucoup le niveau des enfants que nous les envoyons», s’est-elle réjouie.

Quant à Ibrahim Mohamed DIALLO, un conseiller CAP de la localité, il pense que l’intervention d’Aga Khan a beaucoup joué positivement sur l’amélioration du taux de scolarisation dans la zone. Car, les enfants qui vont au CDPE poursuivent directement sur l’école.

Il a souhaité une plus grande organisation au niveau des enfants, en construisant une troisième classe et en les organisant en niveau (petits, moyens et grands). Cela a l’avantage d’instaurer plus d’hygiène avec moins d’enfants dans les classes, a-t-il suggéré.

Il faut noter que les frais d’inscription de ces enfants à Soufroulaye est de 100 francs CFA/enfant et 100 francs/mois.

Selon le directeur adjoint de l’académie d’enseignement de Mopti (AE), Younoussou MAIGA, c’est grâce à Aga Khan que l’éducation préscolaire a pris de l’envol dans la région de Mopti. AKF a réalisé les CDPE I et II de Madiama et de Soufroulaye, son intervention a permis de combler le vide d’agents formateur de CAP, dans le domaine de la prise en charge de CDPE, elle a permis la création de beaucoup d’emplois avec le recrutement de mères éducatrices et aussi, à travers l’ouverture de centres d’urgence de développement de la petite enfance, suite à la crise de 2012 qui continuent de fonctionner de nos jours.

Parti avec six villages dans seulement 3 communes, Aga Khan intervient aujourd’hui dans pas moins de 20 communes de 187 villages dans les cercles de Djenné et Mopti.

Le Réseau Aga Khan, c’est l’appui à l’autosuffisance alimentaire, à l’amélioration de l’accès aux soins de santé, l’accès au crédit, l’accompagnement des organisations de la société civile et le développement culturel.

Par Sidi DAO,

Envoyé spécial à Mopti

 




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