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mercredi 16 août 2017
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Accord avec les rebelles: la Minusma laisse tomber le masque

En voulant maladroitement manipuler en criant à la manipulation politique contre elle, constatant au passage une violation flagrante du cessez-le-feu, la Minusma ne fait que donner du crédit à tout le soupçon qui pèse sur elle, en ce qui est de ses curieuses défaillances techniques qui profitent toujours à une partie, à savoir le MNLA.

Cette fois-ci, le scandale est arrivé par un Accord entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), signé à Kidal le 24 janvier dernier. Il porte sur la mise en place d’une zone temporaire de sécurité (ZTS).
Selon les termes de cet Accord qui «n’abroge en rien l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 et ses modalités d’application du 14 juin 2014», «La ZTS est située sur l’axe Anéfis-Almoustarat de 10 Km de chaque côté de l’axe». Le nouvel accord stipule aussi: « Les parties conviennent qu’afin d’éviter tout risque de confrontation, le port d’arme de combat est interdit dans toute la ZTS ainsi que toutes les opérations militaires et autres provocations».
Le délit de manipulation
Suite à un tollé général, la Mission onusienne a été contrainte et forcée à une mise au point tardive. Il est évident que sans cette réaction vigoureuse, notamment des internautes, elle aurait fait le black-out sur cet accord controversé à plus d’un égard. Comme elle l’a fait sur de nombreux autres documents se rendant coupable, en tout cas complice par omission, d’une violation du droit à l’information.
Les Maliens, comme l’opinion internationale, ont droit à savoir ce qui se décide, si tant est qu’il y a une volonté de transparence dans la conduite des affaires.
Le ridicule ne tuant pas, pour un accord signé le 24 janvier, c’est le lendemain 25 janvier et après 21 heures qu’un communiqué est balancé dans les boîtes de ceux qui sont supposés être les suppôts de cette entreprise de déstabilisation contre elle.
Réponse du berger à la bergère des agents manipulateurs ?
Dans tous les cas, cette sortie catastrophique n’a fait qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui lui accordaient encore une part de bénéfice du doute. En effet, il est dit dès l’entame du communiqué: «La MINUSMA déplore vivement la manipulation à des fins de propagande politique dont elle est victime aujourd’hui, à travers la circulation du document de travail intitulé “Accord pour l’établissement d’une zone de sécurité temporaire ». Ce dernier a fait l’objet de graves retouches, contraire à toute éthique.
L’insulte à l’intelligence
La MINUSMA rappelle qu’un tel procédé ne peut créer que de la confusion et détourner le document de son objectif principal, à savoir identifier une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort».
Qui manipule qui en réalité autour de ce document ? A en croire la Minusma, le document à l’origine de la controverse, intitulé “Accord pour l’établissement d’une zone de sécurité temporaire » dont la version, mise en circulation, fait l’objet de graves retouches. En envoyant le document original dans les boîtes de nombreux journalistes, la Mission onusienne se prend à son propre jeu de manipulation. Et pour cause, une analyse comparative des deux documents, le vrai et le faux, il apparaît qu’il n’y a aucune différence entre eux. Les termes sont identiques point par point. En parlant dès lors de graves retouches, la Minusma prend les enfants du bon Dieu pour des oies sauvages. Cela manque de respect pour l’intelligence des gens. A l’évidence c’est la Minusma qui cherche à créer la confusion dans les esprits.
Par contre, à la différence du document soi-disant objet de manipulation, sur le document officiel n’apparaissent pas le drapeau de l’Azawad et le logo de la Minusma.
Mais vu qu’elle n’a pas dit la vérité sur le texte, quelle garantie peut-on avoir de la certitude qu’elle n’a pas ôté les deux symboles pour ne pas se compromettre davantage ?
A ce niveau, il s’agit d’une hypothèse. A contrario, si effectivement le document officiel ne comporte pas les deux symboles, alors la Minusma devient pathétique en renonçant au sien pour les beaux yeux de la Coordination des mouvements de l’Azawad.
Tapis rouge onusien pour le MNLA
Dans le même communiqué nocturne de rattrapage loupé, il est dit : « La MINUSMA considère que les affrontements de Tabankort constituent une violation flagrante du cessez-le-feu et a engagé des discussions techniques avec les responsables militaires de la Coordination et de la Plateforme, pour que soit mis un terme aux hostilités».
Franchement, elle est mal fondée à parler de la sorte. La raison est très simple. Le cessez-le-feu dont il est question s’adosse à une «Déclaration de cessation des hostilités», signée à Alger, le 24 juillet 2014 qui stipule que les parties ont convenu: «la cessation immédiate des hostilités»; le repli immédiat de tous les éléments armés aux positions qu’indiquera la Commission conjointe prévue au paragraphe 2».
Il faut rappeler que le paragraphe 2 porte sur «l’envoi sur le terrain, dans les plus bref délais, d’une Commission Conjointe chargée de prendre contact avec les acteurs, en vue de faciliter la consolidation de la cessation des hostilités et dont les modalités et l’exécution sont confiées à la Minusma»
A la lumière de ces éléments de la «Déclaration de cessation des hostilités», il n’est seulement pas question de cessez-le-feu, mais également de repli immédiat de tous les éléments armés aux positions qu’indiquera la Commission.
Quel est le triste constat sur le terrain? Des groupes rebelles qui étaient confinés à Kidal, tels que le MNLA, annexent ville après ville au point de cohabiter avec l’armée malienne et la Minusma dans des villes depuis 2014, après la signature de la «Déclaration de cessation des hostilités», cela ne dérange personne, s’il n’est même encouragé.
En mission commandée
D’ailleurs faut-il parler d’une faille de la Minusma dans l’accomplissement de sa mission ? Certainement d’un point de vue, mais d’un autre, en tant que bras séculier d’un plan de partition du territoire, elle est en phase avec cette mission. Peut-on expliquer que seulement lorsque les intérêts du MNLA qui est incapable de les défendre militairement que l’on crée une zone tampon? Dans les faits, le retour aux positions est imposé à qui? C’était seulement à l’armée malienne et maintenant au GATIA parce que considéré comme une milice pro-gouvernementale.
Il y a comme une imposition de la paix à deux vitesses. La preuve c’est que sous la menace du GATIA, l’organisation onusienne est prête à assumer cette fois-ci pleinement ses responsabilités comme stipulé dans l’accord du 24 janvier:«Les modalités techniques devant conduire à épargner la vie de la population civile et du personnel de la MINUSMA concernent le respect par les parties d’une zone de sécurité placée sous le contrôle exclusif de la MINUSMA et au sein de laquelle la circulation de toute arme est interdite aux parties concernées».
Selon des sources dignes de foi, la Minusma serait prête à bombarder le GATIA s’il ne respectait pas la zone tampon qui se trouve être justement sa position. Pourtant le MNLA, qui a annexé toutes les villes qu’il a pu prendre, n’a jamais déclenché ses foudres.
Par Bertin DAKOUO




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