Accord de paix et affrontements à Kidal: les USA tapent du poing sur la table

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Quelques jours seulement après la rencontre ministérielle sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, tenue en marge de la 71è session l’Assemblée générale annuelle des Nations Unies, l’Ambassadeur des USA au Mali a rencontré, hier la presse, pour réitérer les principaux messages de son gouvernement à la lumière de réalité du terrain.
L’une des positions exprimées par le pays de l’Oncle Sam a été l’injonction faite au gouvernement de couper tout lien supposé avec le GATIA ainsi que l’exigence faite aux groupes armés de cesser tout com-portement belliciste au risque de s’exposer à des sanctions internationales.

A travers cette rencontre, qui s’est tenue dans les locaux de l’Ambassade, Paul Folmsbee, le diplomate américain, a abordé plusieurs questions avec ses hôtes notamment, la politique intérieure de son pays avec les élections présidentielles qui se tiendront en novembre prochain ; la coopération bilatérale entre les Etats-Unis et le Mali ; et surtout actualité oblige, l’accord de paix et de réconciliation au Mali qui re-tient aujourd’hui l’attention de la communauté dont son pays au premier chef.
En abordant la vie politique américaine avec la première d’une série de débats présidentiels qui s’est te-nue la veille entre Hillary Clinton et Donald Trump, Paul Folmsbee a indiqué que ce scrutin, que son pays vivra dans les jours à venir, est particulièrement unique. En ce sens que cette année, il opposera un can-didat féminin à un candidat masculin qui a fait sa carrière dans les affaires, par opposition à une carrière en politique.
Au regard donc de cette confrontation historique, l’Ambassade entend organiser un événement avec des journalistes maliens plus tard ce mois-ci pour discuter de l’un des débats présidentiels.
Aussi, se réserve- t-elle, d’organiser un certain nombre d’événements tout au long de la saison des élec-tions américaines, y compris un petit déjeuner au moment du décompte des votes, le lendemain de l’élection.
Mais, le principal plat de résistance aura été les principaux points du message des États-Unis au cours de la réunion ministérielle sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali qui s’est tenue à New-York, en marge de la 71è session de l’Assemblée générale annuelle des Nations Unies.
Le premier point cité par le conférencier, lequel semble être le plus vital de la position des Etats-Unis, est l’invite au gouvernement du Mali afin qu’il assume une plus grande responsabilité pour la mise en œuvre du processus de paix.
En rappelant que l’accord pour la paix et la réconciliation exige que certaines mesures de base de ren-forcement de la confiance soient prises immédiatement y compris des patrouilles mixtes, composées des éléments de l’Armée malienne et des groupes signataires, les USA rappellent que le gouvernement doit aller au-delà de l’adoption de lois et de mise en place de commissions en concentrant sur l’extension de son autorité sur l’ensemble du Mali. De ce fait, il est ordonné au gouvernement de mettre « fin à tous liens à la fois publics et privés » avec le GATIA, un groupe de milice armée « qui ne contribue pas à rame-ner la paix dans le nord du Mali ».
En plus du GATIA, les Etats-Unis enjoignent à tous les groupes armés du Mali d’être en conformité avec leurs obligations sous l’Accord de paix, ajoutant que leur comportement belliciste continue de rappro-cher encore plus le nord du Mali du combat ouvert qui met en péril la vie de civils innocents.
«Les représentants des groupes armés devraient également savoir que s’associer continuellement avec les acteurs terroristes, c’est courir le risque d’entrainer des sanctions internationales », a menacé le di-plomate américain. Tout en pointant du doigt le fait que le contrôle du trafic de drogue par les groupes armés et leurs associés continue de contribuer à l’insécurité. Et l’Ambassadeur Paul Folmsbee va plus loin en dénonçant cette situation qui menace la sécurité de notre pays.
« Seuls les voyous et les criminels profitent de l’insécurité actuelle alors que les civils en payent le prix. Le gouvernement malien et le peuple malien ne peuvent pas et ne doivent pas accepter un tel comporte-ment, Il doit cesser », a averti le conférencier.
Dans le domaine de la coopération, l’orateur d’indiquer que son pays reste un partenaire engagé aux côtés du Mali. Attestent ce partenariat privilégié, les engagements financiers du gouvernement améri-cain qui, depuis 2013, se chiffrent à plus de plus de 1 milliard de dollars en vue d’aider ou d’assister le Mali dans les domaines de la sécurité, de la santé, de l’éducation, du développement des affaires et de la promotion de la culture malienne.
Depuis sa mise en place, la MINUSMA a reçu de la part des États-Unis 717 millions de contributions sta-tutaires et plus de 100 millions de dollars en équipements. En effet,
au cours de l’exercice 2015, l’USAID a fourni 130,7 millions de dollars d’aide au développement au Mali, axé sur la santé (72,65 millions de dollars), la croissance économique (27,5 millions de dollars), l’éduca-tion (14 millions de dollars), l’assistance alimentaire, orientée vers le développement (9 millions de dol-lars), la gouvernance (4,052 millions de dollars) et contre le terrorisme (1,5 millions de dollars), et la ré-conciliation (2 millions de dollars).
De même, l’US Africa Development Foundation a fourni plus de 2,3 millions de dollars pour 23 projets à travers le Mali. Quant aux Centres américains pour le Contrôle des Maladies, ils ont contribué pour en-viron 3 millions de dollars.
Au titre de l’exercice 2015-2016, l’aide humanitaire et alimentaire des Etats-Unis au Mali a dépassé 76 millions de dollars.
Dans le cadre du Programme de sécurité sanitaire mondiale, les États-Unis ont contribué à plus de 40 millions de dollars pour atténuer la menace de la maladie à virus Ebola et d’autres maladies infectieuses au Mali.
Après le Sommet des dirigeants des Etats-Unis-Afrique, le Président américain Barack Obama a annoncé que le Mali serait un des 3 pays à bénéficier 10 millions de dollars de dépenses militaires d’urgence pour aider la France à lutter contre les terroristes en Afrique subsaharienne.
Malgré toutes ses contributions, les USA, par la voix de son représentant, estiment que c’est seulement dans un environnement de paix et de sécurité que le Mali peut atteindre son plein potentiel et com-mencer à faire des progrès dans la lutte contre les nombreux défis auxquels il est confronté. Toutefois, jugent-ils, cette aide ne peut être un succès sans un effort engagé du gouvernement malien pour faire avancer le processus de paix.
«Malgré les défis auxquels le Mali fait face aujourd’hui, nous restons convaincus que la paix est possible. Le peuple du Mali, de Kayes à Kidal, mérite de vivre dans la paix et la sécurité et, en tant qu’Ambassadeur des Etats-Unis au Mali, je réaffirme le soutien total de mon pays au Mali et la mise en œuvre réussie de l’Accord de paix-malien », a conclu l’Ambassadeur Paul Folmsbee.

Par Mohamed D. DIAWARA

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