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lundi 17 décembre 2018
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ADEMA et la présidentielle: une candidature au forceps ?

Rester longtemps un sujet controversé, au sein de la ruche, la question de la candidature interne de l’ADEMA-PASJ à la présidentielle de juillet prochain occupe toujours le devant de l’actualité avec la lettre Circulaire n° 212 du CE du parti en date du 5 mars portant ‘’Appel à la candidature’’. Toutefois avec la récente sortie du président du parti, non moins ministre du gouvernement, le Pr Tiémoko SANGARE, dans les colonnes de nos confrères de Jeune Afrique, la crise semble toujours inévitable au sein de la ruche.

Dans une lettre circulaire en date du lundi 5 mars 2018 adressée aux structures du parti, le Comité exécutif de l’Adema-PASJ a lancé un appel à candidatures pour le choix de son candidat à l’élection présidentielle de 2018.
Cette décision visiblement prise au forceps par le comité exécutif, qui on le sait, suite aux différentes pressions exercées par certains militants à la base, notamment les jeunes du parti, suscite des commentaires chez nombre d’observateurs.

D’abord, cette décision arrive à la suite d’une visite de courtoisie du chef du gouvernement au siège du parti, le 23 févier 2018, dans le but de resserrer les rangs au sein de la majorité présidentielle, dont l’ADEMA est toujours une composante majeure en vue des prochaines joutes électorales, dont la présidentielle prévue pour le 29 juillet 2018. Au terme de cette visite, Soumeylou BOUBEYE avait invité ses camarades politiques de l’ADEMA à se mobiliser en vue d’une « candidature fédératrice » de la majorité présidentielle, avec comme objectif principal de gagner les élections présidentielle et législatives. Alors, on peut se demander quel a été l’impact de ce message de Soumeylou Boubèye MAÏGA, sur une ruche où les partisans d’une candidature interne sont toujours en ébullition ?

Le consensus vole en éclat
L’appel à candidatures contredit-il le concept d’un candidat consensuel jusque-là prôné par plusieurs membres du directoire du parti, à la veille de cette élection présidentielle ? La réponse négative. Puisque, c’est toujours une commission restreinte, selon nos informations, qui planchera sur les candidatures, comme cela avait été souhaité par la 15e conférence en mars 2017.
« Le Comité exécutif (du parti) a conclu sur la nécessité d’inscrire ses actions dans le cadre d’une coalition forte de Partis fondée sur une Nouvelle Offre Politique, condition indispensable à toute victoire en 2018. À cette fin, le Comité exécutif élaborera dans les meilleurs délais, un projet de plateforme politique assortie d’un programme. Cette plateforme servira de base de négociation autour des conditions de soutien au candidat rassembleur et consensuel issu des rangs du Parti, le cas échéant, du candidat issu de la coalition d’un ensemble de partis politiques », peut-on lire dans les recommandations.
Peut-on alors éviter le clash ? Rien n’est moins sûr à ce niveau. Puisque le ‘’candidat consensuel’’ recherché est encore loin de portée de main. Et pourtant, des têtes de proue, à l’image de l’ancien ministre Dramane Dembélé, le maire de Sikasso, Kalfa Sanogo, n’entendent céder à aucune sirène. Autant dire que le consens prôné au sommet du parti est sérieusement menacé par certains intérêts antagonistes.

Leadership du Pr SANGARE en cause ?
Le lancement des primaires au sein de la ruche sonne comme un désaveu pour l’actuel président du parti, le Pr Tiémoko SANGARE, connu pour comme étant le fervent soutien du parti, dès le premier tour, au président de la république Ibrahim Boubacar KEITA, au cas où ce dernier était candidat à sa propre succession pour un second mandat.
Malgré le lancement de l’appel à candidatures au sein de la Ruche pour une candidature interne, en vue de l’élection présidentielle du 29 juillet prochain, les manœuvres des partisans du président IBK semblent se poursuivre à l’ADEMA. En témoigné cette sortie médiatique du président du parti, lui-même, le Pr Tiémoko SANGARE, dans les colonnes de Jeune Afrique : « Si on ne trouve pas un candidat de consensus pour l’Adema, nous soutiendrons le président IBK ». D’ailleurs, il nous revient que lui-même, tout comme certains cadres proches de Koulouba sont convaincus qu’aucun candidat jusque-là déclaré, ne pourrait satisfaire les critères édictés par les textes actuels. Des postures qui laissent planer des doutes certains quant à une issue heureuse de l’appel à candidatures lancé, en début de semaine.
Selon plusieurs concordances, le critère de ‘’candidat rassembleur’’ recherché correspond parfaitement au profil de l’ancien président de la transition, le Pr Dioncounda TRAORE. Mais selon plusieurs indiscrétions proches de la Ruche, cette option n’a pas visiblement prospéré face à la réticence de l’homme à se porter candidat contre le président IBK en 2018.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en décidant de présenter son candidat à l’élection présidentielle de 2018, pour un parti comme l’ADEMA, deuxième force politique du pays après le RPM, est un signe de vitalité démocratique au sein de l’ADEMA, mais aussi dans notre pays et un véritable motif d’espoir pour le peuple qui aspire au bien-être commun. Mais aujourd’hui, peut-on également s’interroger sur les véritables chances de l’ADEMA/PASJ engagé dans un bras de fer pour le choix de son candidat, à moins de cinq mois du premier tour de la présidentielle ?

Par Abdoulaye OUATTARA




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