Administration territoriale: les défis qui attendent Ag Erlaf

14

Le ministre sortant de l’Administration territoriale, Abdoulaye Idrissa MAIGA, a procédé, hier lundi 19 septembre, à la passation de pouvoir à son successeur, Mohamed Ag ERLAF. La cérémonie s’est déroulée dans la salle de conférence dudit département en présence des cadres du département ; du président de la CENI ; du délégué général aux élections ; des représentants de l’Assemblée nationale, des partis politiques de la majorité, de l’opposition, du centre et les non-alignés.

Avant de passer le témoin à son prédécesseur, le ministre de l’Administration territoriale sortant a retracé les points saillants des activités menées tout au long des 20 derniers mois qu’il a passés à la tête du département. Sur le plan législatif, il a noté que plusieurs projets de loi ayant un impact sur la vie des concitoyens ont été élaborés. Il a cité entre autres la loi électorale, votée à l’Assemblée nationale le 09 septembre courant ; la loi sur la suppléance des députés ; la loi sur l’état de siège et l’état d’urgence ; la loi sur les fondations et la loi régissant les villages, quartiers et fractions.
Sur le plan des infrastructures, le ministre sortant a indiqué que le département a poursuivi la réhabilitation des bureaux et logements des préfets et sous-préfets qui, en maints endroits, sont dans un état avancé de dégradation. Aussi, souligne-t-il, plusieurs pied-à-terre ont été soit réhabilités ou reconstruits pour rendre plus commodes les visites présidentielles dans les régions et cercles.
Selon le ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA, une des actions phares en matière d’infrastructure demeure la construction de la tour administrative avec un système de communication sécurisé où seront regroupés tous les services centraux dans un cadre efficient et convivial.
Par ailleurs, le ministre sortant de l’Administration territoriale a affirmé que le Recensement administratif à vocation d’État civil (RAVEC) a été un moment fort de la vie administrative du département. Selon lui, le RAVEC a eu comme phase active entre 2009 et 2012, suivie par une phase d’achèvement pour finir par un ratissage en 2015.
« Conçu pour donner un acte de naissance à tous les Maliens et sécuriser les documents de voyages, le RAVEC avec ses multiples applications connait un véritable regain, à travers ses différentes applications, en matière de carte d’identité, de passeport, de l’assurance maladie obligatoire et surtout de cartes d’électeurs », a salué le ministre MAIGA.
Il a préconisé de veiller au renouvellement des serveurs informatiques et à la commande de cartes NINA vierges pour permettre de faire face aux flux de nouveaux majeurs, des omis et autres renouvellements de cartes perdues.
Les différentes opérations du RAVEC, a précisé le ministre sortant, ont permis d’avoir dans la base des données à la date du 25 août 2016 ; 15 122 408 de Maliens avec des numéros NINA, dont 7 309 561 femmes et 7 812 847 hommes.
Le ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA a saisi l’occasion pour informer que nos frontières connaissent de plus en plus des troubles récurrents tant du côté mauritanien, ivoirien que guinéen. Il a fait savoir que même si des contacts établis tant au niveau ministériel que celui des autorités régionales et locales ont permis de gérer les nombreux conflits, il n’en demeure pas moins qu’à terme, il faut aboutir au tracé et au bornage des frontières, conditions de toute paix entre les populations.
L’on note également que le problème le plus crucial que le ministère de l’Administration territoriale est confronté aujourd’hui est la diminution inquiétante de ses ressources humaines qui se traduit par l’absence de représentants de l’État dans certaines circonscriptions administratives. Et aussi, les départs successifs à la retraite qui ne sont guère compensés par des recrutements conséquents.
Parlant de la continuité et la présence de l’État dans la partie nord du pays, le ministre MAIGA, a préconisé un retour sécurisé de l’administration sous l’égide de l’armée malienne, de la MINUSMA, de la force Barkhane et le MOC.
Il a estimé qu’il faut un sursaut national pour réussir les élections à venir à l’image d’autres nations dont les populations se trouvent confrontées à une guerre des plus destructrices. Pour lui, les élections communales prévues pour le 20 novembre prochain, plus qu’une gageure, doivent mobiliser toutes les énergies pour relever le pari au moment où la légitimité des élus communaux est mise à rude épreuve par l’incivisme et la grogne des citoyens.
Le ministre sortant n’a pas passé sous silence les phénomènes d’insécurité que connait le centre de notre pays, c’est-à-dire les affrontements entre certaines communautés avec mort d’hommes dans le Seno et le Kareri.
Pour sa part, le nouveau ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’État entrant, Mohamed Ag ERLAF, a remercié son prédécesseur pour les missions accomplies avant d’exprimer sa disponibilité et son engagement à relever les défis qui attendent. Il s’est dit prêt à poursuivre l’exaltante mission pour laquelle il a été choisi. Le ministre AG ERLAF a rassuré qu’il est en terrain connu pour avoir collaboré avec la plupart des cadres de l’Administration territoriale. Il affirme mesurer l’ampleur de la responsabilité à lui confiée, à travers ce département en ce moment particulier de la vie de notre pays.
« Sans l’appui de tous et de chacun, la mission sera difficile. Je suis convaincu qu’il ne saurait y avoir d’obstacle majeur à ce sursaut national si chacun s’y met. J’invite tous les collaborateurs à fournir l’énergie et la sagesse nécessaire pour la réussite de cette mission », a affirmé le ministre Mohamed Ag ERLAF.
Il a enfin sollicité l’accompagnement, le soutien et la disponibilité de son prédécesseur en cas de besoin.

PAR MODIBO KONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *