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vendredi 24 septembre 2021
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Adoption d’une grille unifiée: l’article 39 reste non négociable

Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont animé, hier mardi 17 août, une conférence de presse pour se prononcer sur le bras de fer qui les oppose aux autorités de la Transition suite à l’adoption de l’Ordonnance N° 2021/003/ PRM du 16 août 2021 qui remet en cause les acquis de l’article 39. Au cours de cette conférence de presse, les conférenciers ont abordé, entre autres, la genèse de la crise ; les négociations, les examens en cours. Ils ont également fait des mises en garde et appelé à la mobilisation.

Le porte-parole des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, Ousmane ALMOUDOU, a rappelé que l’article 39 a pour objet de répondre à une demande d’alignement des salaires des enseignants maliens avec ceux des enseignants de la sous-région, d’apaiser le climat social et d’éviter que les enseignants ne partent en grève chaque fois qu’il y a une augmentation sur le statut général. Il vise aussi, dit-il, à rendre la fonction enseignante plus attrayante.

Selon lui, le gouvernement en adoptant la grille unifiée des salaires des fonctionnaires de l’Etat, remet en cause les acquis des syndicats de l‘éducation signataires du 15 octobre 2016 et des enseignants du Mali. Le leader syndical a expliqué que l’unification des grilles souhaitée par le gouvernement visait à accorder une augmentation de 15.17 % au statut général qui passe de 1200 à 1382. Une augmentation qui doit être appliquée aux enseignants du secondaire, du fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale.
« Les syndicats de l’éducation composés de syndicalistes responsables ne s’opposeront jamais à la revendication d’une organisation syndicale encore moins à une valorisation des conditions de vie et de travail des travailleurs. En revanche, il n’accepteront jamais que leurs acquis syndicaux soient remis en cause par un autre syndicat », a tranché le porte-parole, avant d’inviter les autorités de la Transition à l’application stricte des textes de la République si elles ne veulent pas détruire le peu qui reste de notre système éducatif.
Les syndicalistes accusent le gouvernement de ne pas vouloir appliquer l’article 39. Ils sont déterminés à lutter pour la restauration de l’honneur et de la dignité de l’enseignant malien en vue d’un enseignement de qualité.
Les conférenciers ont expliqué qu’au cours des discussions, la partie gouvernementale a affirmé son attachement à la grille unifiée et a déclaré qu’elle n’est pas disposée à s’inscrire dans la dynamique de l’application de la loi. Toutefois, soulignent-ils que la partie gouvernementale était disposée à engager des discussions concernant les primes et indemnités.
Cependant, les syndicats ont expliqué avoir demandé au gouvernement de s’inscrire dans la dynamique de l’application de la loi, tout en réaffirmant leur disponibilité à engager des discussions sur les modalités d’application de l’article 39.
« L’opposition des syndicats aux primes et indemnités s’explique par le fait que cette proposition détourne les syndicats de leurs objectifs et remet définitivement en cause l’application de l’article 39. Cette stratégie de négociation du gouvernement vise à amener les syndicats à renoncer à leur revendication originelle qui n’a rien à avoir avec les primes et les indemnités », a déclaré le porte-parole, tout en invitant les militants à s’inscrire dans la logique de l’application stricte et entière de l’article 39.
Se prononçant sur les examens en cours, le conférencier a affirmé :
«Après le mot d’ordre de boycott des examens de fin d’année lancé par les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, les autorités de la Transition, dans le dessein de forcer la tenue des examens de fin d’année, ont fait appel à n’importe qui pour surveiller ces examens. Pour la circonstance, elles ont sollicité les gardiens, les mécaniciens, les élèves ainsi que les analphabètes ».
Il a dénoncé une fuite généralisée des sujets ayant entrainé la diversité des sujets pour un même examen. À en croire le syndicaliste, les sujets varient d’une localité à une autre.
« Au regard de cette mascarade orchestrée par les autorités de la Transition, les syndicats de l’éducation informent l’opinion publique nationale et internationale que ces examens n’engagent en rien les enseignants du Mali.
En outre, les syndicats de l’éducation appelent leurs militants et tous les enseignants du Mali à ne pas participer au secrétariat et à la correction de ces fraudes orchestrées par les autorités de la transition », a lancé Ousmane ALMOUDOU.
Les enseignants ont profité de l’occasion pour faire des mises en garde. Elles concernent les violences et les arrestations dont qu’ils ont été victimes dans plusieurs localités pendant la période du mot d’ordre de désobéissance civile.
Aux dires des syndicalistes, ces violences et arrestations, condamnées par les syndicats de l’éducation, visent uniquement à démoraliser les combattants des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016. Selon eux, les auteurs ou co-auteurs de ces actes d’une autre époque ignorent la détermination et l’engagement des enseignants du Mali à préserver leurs acquis syndicaux.
Au terme de cette lutte, les syndicats prévoient d’engager une lutte contre tous les administrateurs scolaires qui œuvrent à nuire à leurs mouvements.

PAR MODIBO KONÉ




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