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dimanche 19 novembre 2017
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AFD-MALI : un grand machin qui fait si petit

Le landernau politique malien vient de s’enrichir d’un nouveau venu : l’Alliance des Forces Démocratiques pour le Mali (AFD-Mali). A ne pas confondre avec le parti de l’Opposition AFD (Alliance des forces démocratiques) et AFD (Agence française de développement), même si chacun sait par ailleurs les penchants francophiles de son fondateur, Hubert Tiéman, pour ne pas le nommer.

Le nouveau rassemblement qui dit afficher à son compteur 15 toutes petites formations politiques et poussières (PDJ, PDS, MDD, ASS, RJPM, URP, PAR, PSR, RCD, PDD, ADS, AMAT, UDD, CCND, RDJ), se réclame de la majorité. « Lorsque l’enfant paraît, le cercle de LA famille applaudit» ? Rien n’est moins sûr.

En affirmant son ambition d’animer de « façon intelligente la majorité » afin de fédérer une masse critique de soutiens politiques dans un Grand Parti politique, l’AFD-Mali, non seulement s’approprie un projet dont il est loin d’être le géniteur, mais fait l’injure à l’inintelligence au Directoire de la Convention des Partis politiques de la Majorité présidentielle.

Rassembler les forces patriotiques dans un grand parti de gauche est un projet RPM, une ambition affichée depuis plusieurs années par le Président IBK qu’il a instruite à ses partisans, lors des dernières campagnes électorales, comme feuille de route pour sa majorité en vue de mettre en oeuvre son programme présidentiel. Vouloir mettre en oeuvre ce projet dans le cadre d’une Alliance marginale, fut-elle au sein de la majorité, procède d’un travail fractionnel au sein de la grande majorité présidentielle.

En affirmant s’engager de manière « intelligente », Hubert Tiéman et ses amis ne jettent-ils pas la pierre à leurs camarades de la Majorité de la CMP qui ont été tancés par le Président de la République pour leur soutien timoré et amorphe ? Il est logique donc de voir dans la démarche de l’AFD-Mali un situationnisme qui ne grandit pas, ne ressemble pas et est loin de consolider et de conforter la Majorité présidentielle. En effet, quelles que soient les justifications et les dénégations de ses fondateurs, l’élément déclencheur (ou accélérateur, parce que selon les fondateurs il s’agit d’un processus qui remonte à deux ans suite à des rencontres entre des hommes et des femmes animateurs de partis et d’associations) de l’AFD aura été la rencontre du Président IBK avec sa majorité, voilà deux semaines, rencontre au cours de laquelle il a dit qu’il était resté sur sa faim.

La politique, c’est l’opportunité, et non l’opportunisme. Et dans le cas de ce nouveau rassemblement qu’on peut qualifier de la Majorité des petits partis (dont on disait alimentaires par le passé), on pourrait ajouter qu’on ne rassemble pas en divisant, en morcelant. A partir du moment où l’on se réclame de la Majorité, quelle pertinence y a-t-il à créer une nouvelle majorité dans cette Majorité ?

A la vérité, la grand machin de Hubert Tiéman ne procède, à notre entendement, que d’un situationnisme et d’un m’as-tu vu qui tranchent nettement avec la grandeur et la vertu de l’engagement politique. Pis, d’une douteuse volonté d’apparaître et d’attirer l’attention du Président qu’il sait un peu amère à l’égard de sa Majorité. Histoire de lui dire : Président, votre majorité est d’une sinistrose affligeante, mets moi en scelle je te réaliserai ton ambition. Sauf que le Président IBK est socialiste, ce qui n’est pas le cas de Hubert Tiéman et de tous ses amis dont certains sont des vraies reliques de la démocratie malienne.

Par Bertin DAKOUO

 




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