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mercredi 29 janvier 2020
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Affaire BHM: l’ex-PDG Diawara enfin blanchi

Le plus célèbre détenu politique malien a enfin été blanchi, avant-hier lundi, au terme d’un pourvoi en révision tranché par la Cour suprême. Mamadou Baba DIAWARA, ex-PDG de la Banque de l’habitat du Mali (BHM), puisqu’il s’agit de lui, a enfin recouvré la liberté après 10 ans de procédure, d’accumulation d’injustice et de règlement de comptes politiques.

Interpellé, le 1er juin 2007, l’ex-PDG de la BHM, Mamadou Baba DIAWARA, a été mis sous mandat de dépôt, le 8 juin 2007, et incarcéré à la Maison centrale d’arrêt de Bamako Coura, en même temps qu’Ismaïla HAIDARA, le PDG de WAIC, une société immobilière par qui le scandale est arrivé.
Après 10 ans de cabale judiciaire, l’ex-PDG a recouvré sa liberté et son honneur: la Cour suprême l’ayant simplement blanchit des faits dont il était accusé.

Survol rapide sur 10 ans d’injustice
Sans aucune plainte de la BHM, il est reproché à son ex-PDG Mamadou Baba DIAWARA et Ismaël Haïdara, PDG de WAIC et GISOSTON- SA d’avoir détourné environ 7 milliards de FCFA au préjudice de la Banque de l’habitat du Mali.
Pour monter la plus grosse cabale politico-judiciaire du Mali, il a été reproché à l’ex-PDG de la BHM d’avoir octroyé des crédits sans aucune garantie hypothécaire à des sociétés immobilières en violation des textes de son institution bancaire.
Par exemple, il lui est reproché d’avoir donné un avis favorable à une demande de la Société anonyme, dénommée : « Immobilière Franco-Africaine Baco » (IFA-BACO) – partenaire de la société anonyme West African Investement Compagny (WAIC) dont le PDG est Ismaël Haïdara, aux fins d’acquisition, à Sébéninkoro, du site d’un programme immobilier dit « La Mangueraie »…
Mais, la vérité pourrait bien se trouver dans les ailes du Sphinx qui vient de crucifier le régime, à travers un brûlot qui restera célèbre dans les annales politiques du pays: «ATT-CRATIE, la promotion d’un Homme et de son clan». En effet, incapable de se défendre contre des accusations à lui portées, le régime soupçonnait l’ex-PDG en séjour à Paris, depuis son limogeage en 2004.
En effet, c’est bien à partir de 2004 que les ennuies commencent pour WAIC-SA avec le limogeage de Mamadou Baba DIAWARA de la banque qui décide du gel des facilités qui lui étaient jusqu’ici accordées. Facilités, jugées non conformes par la nouvelle Direction de la BHM aux procédures statutaires.
La BHM reproche au PDG de WAIC-SA, Ismaël HAIDARA d’avoir procédé à des retraits au niveau de la BHM-SA et de transférer ces montants en Allemagne dans le compte de ses partenaires et d’ouvrir un compte à Paris avec de l’argent frauduleusement soustrait de la BHM SA.
Aussi, la banque saisit-elle la justice pour le règlement du différend avec WAIC-SA.
En tout cas, le dossier traîne jusqu’à la publication de ATT-CRATIE, où curieusement on évoque comme auteur, outre des journalistes, des hommes politiques, un ex-banquier malien résidant à Paris.
Pour régler ses comptes avec cet ex-bienfaiteur, devenu encombrant, disent certaines indiscrétions, le Général Président aurait instruit de le démolir. C’est ainsi qu’il sera interpellé, le 1er juin 2007, et mis sous mandat de dépôt le 8 juin 2007… comme un cadeau au Prince du jour qui fête son anniversaire dans une ambiance de «Takokelen»
En effet, condamné à la réclusion à perpétuité, le 7 juillet 2008, par la Cour d’assises de Bamako en transport à Ségou, l’ancien PDG de la BHM, M DIAWARA verra cette décision cassée, le 27 mai 2009, par la section judiciaire de la Cour Suprême du Mali qui ordonne en même temps que sa libération ainsi que celle de son co-accusé, le PDG de WAIC, Ismaël HAIDARA, condamné dans la même affaire à 15 ans de réclusion criminelle.
Cependant, dans le Mali des généraux, le premier magistrat qui prend son rôle au sérieux ne peut, sans aucune «théâtralisation», souffrir que la justice libère un de ses ennemis, sans son accord ou emprisonne un «bon gars».
Ainsi, ordonne-t-il, prestement la réincarcération de DIAWARA et son «complice» et leur maintien en détention.
Malgré tous les recours y compris devant la Cour de Justice de la CÉDÉAO, l’ex-PDG de la BHM restera en prison, tant que le Général restera Président.
L’espoir d’une libération profile pour le célèbre prisonnier politique avec la Transition en 2012, qui n’a pu clore le dossier.
Avec l’arrivée du Président IBK aux affaires, et compte tenu des nouvelles preuves qui disculpent «le prisonnier personnel d’ATT» et du verdict de la Cour communautaire de la CÉDÉAO, l’avocat de DIAWARA, Me Hamidou DIABATE réussi à obtenir du ministre de la Justice, un pourvoi en révision pour l’honneur des principes devant la Cour suprême qui, le lundi dernier, annule les charges et le met immédiatement en liberté… Après 10 ans de torture et d’injustice.
Nous reviendrons sur cette injustice largement traitée dans nos colonnes.
Par Sambi TOURE




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