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mardi 27 octobre 2020
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Affaire des blindés, crise scolaire, lutte contre le terrorisme: l’imam Mahmoud Dicko dit tout…

L’Imam Mahmoud DICKO a organisé, ce samedi 29 février 2020, un grand meeting au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, sur le thème ‘’la mobilisation citoyenne, la stabilité du pays’’.  Au cours de cette manifestation, le parrain de la CMAS, l’Imam Mahamoud DICKO, a invité le peuple malien, de Kidira (Kayes) à Kidal, à une mobilisation citoyenne, ce vendredi 6 mars 2020, pour le retour de la paix et de stabilité dans notre pays. Il a profité de l’occasion pour lancer un ultimatum au pouvoir et aux djihadistes : «à partir du vendredi prochain, le peuple malien prendra son destin en main». 

A l’appel de la Coordination des Mouvement, Associations et sympathisant de l’imam Mahmoud DICKO, les populations de la capitale avaient pris d’assaut le Palais de la Culture qui a refusé du monde ce samedi 29 février 2020.

Ultimatum ?

Au cours de ce meeting populaire, l’Imam Mahmoud DICKO a demandé à Amadou Kouffa et Iyad AG GHALY d’accorder une trêve au gouvernement malien en vue de donner une chance aux négociations.

Sur la crise scolaire, il a demandé au Gouvernement d’appliquer la loi et aux enseignants de regagner les classes sans délai.

Devant ses partisans venus nombreux pour l’acclamer, l’Imam DICKO, compte tenu de la situation du pays, a exigé du Gouvernement la suppression d’un certain nombre d’institutions jugées inutiles et budgétivores, afin d’économiser des ressources au profit des secteurs comme l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, etc.

Dans la foulée, il a dénoncé les alliances contre nature scellées par les partis de la Majorité et de l’Opposition en vue du scrutin législatif du 29 mars et a demandé au peuple de tirer les leçons de cette union.

Enfin, il a exigé que la lumière soit faite sur l’affaire des blindés.

L’Appel

Prenant la parole, le mentor de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants, (CMAS) l’Imam Mahmoud DICKO, après ses mots de bienvenue, dira que notre pays souffre beaucoup avant de demander au peuple malien de sortir massivement, ce vendredi, pour dire non au mensonge, non à la corruption, et non à la soumission.    

De son analyse de la situation, il ressort que l’application de l’article 39 exigée par les syndicats d’enseignants découle d’une loi. «S’il est dit que c’est une loi, donc, c’est un dû. Le dû ne se négocie pas. Il faut nécessairement que le Gouvernement s’assume et qu’on donne l’occasion à nos enfants d’aller à l’école», a exigé Mahmoud DICKO.

Aussi, il a lancé un appel aux syndicats d’enseignants : «nous supplions les enseignants d’ouvrir les classes pour que nos enfants aillent à l’école, mais nous ne supplions pas le Gouvernement, il doit donner le dû des enseignants et le peuple se portera garant. Nous voulons que le problème scolaire soit réglé d’ici vendredi prochain, sinon nous allons sortir», a déclaré Mahmoud DICKO.

Cri de cœur

La reprise des cours demandée est non seulement un « cri de cœur » personnel de l’ancien Président du Haut conseil islamique du Mali, mais aussi une requête qu’il formule « au nom de tous les Maliens ».

L’Imam affirme s’être suffisamment informé sur la situation avant ce jour. Il estime que l’incidence financière que Gouvernement argue ne pas pouvoir soutenir n’est pas un argument valable. « Ce nombre de milliards, les enseignants n’y ont-ils pas droit ? », s’interroge-t-il. Avant d’exiger qu’on fasse tout pour les leur donner.

Pour trouver les fonds nécessaires, l’Imam exige qu’on mette fin aux dépenses inutiles que l’Etat consent à certaines institutions qui n’ont pas leur raison d’être dans le contexte actuel de notre pays. Sur le coup, l’Imam de Badalabougou a proposé, sans détour, de supprimer la Haute Cour de Justice, le Conseil Economique, Social et Culturel et le Bureau du Médiateur, le Haut conseil des collectivités territoriales qui, dit-il, ne servent à rien. Son intervention est fréquemment interrompue la foule qui scande «Atakbir, Allah Akbar».

La trêve djihadiste

L’Imam DICKO a aussi lancé un appel à Iyad AG Ghaly et à Amadou Kouffa pour qu’ils observent une trêve, afin de trouver une solution à la crise sécuritaire. Pour lui, il y a eu trop de tergiversations, trop de morts. Pour donner une chance à l’idée de dialogue lancée par le Président de la République, il a invité les djihadistes à observer une trêve. «Le Mali n’est pas un peuple soumis. Nous avons un islam choisi, pas un islam imposé. On refuse qu’on impose l’islam. C’est un peuple majeur. On doit aussi refuser qu’on nous impose ce qu’on doit faire de nous», s’est-il insurgé.

A l’issue de ce meeting, Mahmoud DICKO a déclaré à la presse : « le sens que je donne à cette mobilisation, c’est de demander au peuple malien de prendre son destin en main. Il va falloir que les gens se mettent ensemble pour trouver une solution définitive à cette crise qui n’a que trop duré. Je pense que réellement, si le monde entier se met à chercher une solution, si nous-mêmes, on ne se met pas ensemble pour trouver une solution, il y n’aura pas de solution. La solution, elle est malienne ou elle n’existe pas. Il faut nécessairement que les Maliens se mettent ensemble pour trouver une solution. La crise, elle est malienne et la solution doit être malienne.

C’est de toutes les crises dont il s’agit. Aujourd’hui, moi j’ai lancé un appel aux syndicats. Nos enfants ne doivent pas être victimes de tergiversations et d’hésitations du Gouvernement. S’il est dit que c’est une loi, donc, c’est un dû. Le dû ne se négocie pas. Il faut nécessairement que le Gouvernement s’assume et qu’on donne l’occasion à nos enfants d’aller à l’école.

Moi, je ne lance pas d’ultimatum, mais je lance un appel. C’est vous qui l’avez qualifié ainsi, ce n’est pas moi.

Vendredi, c’est une mobilisation citoyenne. Il faut que les gens se rendent compte que, si on ne se met pas ensemble, pour nous-mêmes trouver une solution, on n’aura pas une solution.

Pour la stabilité, il s’agit de conscientiser le peuple malien. Que les gens sachent que c’est d’abord notre problème à nous. C’est ça qui peut vraiment amener la stabilité dans le pays. Si les gens ne sont même pas conscients que la crise, c’est notre crise et que sa solution doit venir de nous, on ne peut pas trouver de solution. Et puis, s’accuser mutuellement ! On accuse les Dogons par-ci, les Peuls par-là, les autres également. Je crois que ce n’est pas la solution.

Il faut interroger le génie malien que nous avions. Dans les conflits, dans tout ce qu’il y a, nous avons, quand même, un savoir-faire. Il faut aujourd’hui qu’on s’interroge pour trouver les voies et moyens pour qu’ensemble, on finisse avec ces problèmes. Il y a assez de sagesse et de savoir-faire dans notre pays pour en finir.

J’ai lancé un appel aux djihadistes puisque le pays tout entier est d’accord pour qu’on parle avec eux. Mais, on ne peut pas parler, en même temps, s’il y a des tueries, des camps qui sont attaqués par-ci et par-là. Il faut qu’eux, de leur côté, acceptent qu’il y ait une trêve, qu’ils montrent un signe de bonne volonté. C’est ça vraiment le sens de l’appel.

Je ne suis contre personne, je suis contre ce qui est mauvais pour le pays. Il faut cesser de singulariser les choses. Le Mali a suffisamment de problèmes pour qu’on rentre dans les détails, le diable est dans les détails».

Lire en page 9 un extrait de sa déclaration.

Par Abdoulaye OUATTARA




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