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mardi 1 décembre 2020
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Affaire CNPM: le camp Coulou en sit-in devant le tribunal

Le verdict de la justice dans l’affaire concernant Mamadou Sinsy COULIBALY contre Diadiè dit Amadou SANKARE autour de l’élection du président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) est attendu ce 30 octobre 2020 au tribunal de grande instance de la Commune IV. À moins de 72 heures de cette audience, plusieurs associations de commerçants détaillants favorables à Mamadou Sinsy COULIBALY, ont organisé ce 28 octobre 2020 devant ledit tribunal, un sit-in.

L’objectif de cette manifestation, selon ses initiateurs, était de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une lenteur de la justice dans le procès qui oppose leur mentor, Mamadou Sinsy COULIBALY, a Diadiè dit Amadou SANKARE. De même, il s’agissait aussi d’alerter les hautes autorités du pays sur la sensibilité de ce dossier.

Les accusations
des manifestants
Ils étaient quelques centaines de manifestants ce 28 octobre 2020 à répondre à l’appel du groupement des commerçants détaillants du Mali, devant tribunal de grande instance de la Commune IV.
Sur les pancartes et les banderoles, on pouvait lire : « Notre patronat n’est pas à brader » ; « Avec Madou Coulou à la tête du patronat, l’économie malienne se développera » ; « Les Maliens réclament justice » ; « Les commerçants du Mali réclament Madou Coulou » ; etc.
L’un des initiateurs de cette manifestation, Tidiani Diakité, responsable du syndicat national des commerçants détaillants du Mali, a souligné que sit-in vise à prendre à témoin, les autorités nationales, les commerçants, voire toute l’opinion nationale et internationale que les commerçants sont mobilisés dans cette affaire.
« Nous ne voulons plus que notre pays souffre, on ne veut plus une autre crise, les commerçants que nous sommes souffrons beaucoup de la crise qui sévit dans le pays. Trop c’est trop », s’est-il insurgé.
Avant d’ajouter : « Nous voulons que le président que nous avons élu soit le président du patronat, c’est Mamadou Sinsy COULIBALY ».
Pour lui, il s’agit d’anticiper sur d’éventuelles complaisances de la justice en envers l’autre camp dans cette affaire jugée très sensible.
Au regard des précédents qui opposent l’homme d’affaires à la famille judiciaire dans le cadre de sa croisade contre la corruption, ont-ils expliqué, ses partisans sont donc en alerte maximale.
« C’est tout le secteur du commerce qui est derrière Coulou. On attendait ce, jour depuis la date où il a lancé une campagne contre la corruption dans notre pays. Si la justice ne lui remet pas dans ses droits, nous allons le dénoncer par toutes les voies de recours possible », a prévenu Tidiani Diakité du SYNACODEM. Avant d’ajouter : « On ne fait pas trop confiance à cette justice ».
« C’est une alerte que nous lançons à l’endroit des hautes autorités. Nous sommes des commerçants, nous ne sommes pas dans le jeu politique. Donc, qu’on nous aide à exercer notre profession et non qu’on amène des situations de trouble dans notre secteur », a-t-il conclu.
« Nous voulons que la justice fasse son travail. Nous n’apprécions pas les tournures prises par les procédures de ce procès. Il faut que justice soit rendue pour que nous ayons la paix », a déclaré Mme Awa DOUMBIA, commerçante détaillante de son état.
Pour sa part, Lassana N’Faly TRAORE, a remercié les manifestants pour leur mobilisation. Il a indiqué faire confiance à la justice malienne. Selon lui, les commerçants disent non truquages des élections du patronat.

Les explications
du procureur
À la suite de cette manifestation, qui s’est déroulée sans heurt majeur, le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune IV, Siaka Sirama COULIBALY, a donné des éléments d’éclaircissent à la presse.
« Nous sommes dans un État de droit. Les citoyens ont le droit de s’organiser, les citoyens ont le droit de manifester pour demander des explications, demander des comptes, pour exprimer leur opinion. C’est une exigence de l’État de droit. Donc, notre perception ne peut être que positive par rapport à une telle manifestation d’autant plus que, nous l’avons constaté, elle s’est inscrite dans un état d’esprit responsable et citoyen. Parce que, nous n’avons pas noté de débordements, nous n’avons pas noté de violence. Nous sommes sortis pour aller à leur rencontre, nous avons vu que même la voie publique n’était pas obstruée. Donc, cela est à saluer et à mettre au crédit des organisateurs.
Mais aucunement, ça ne nous met pas la pression. Comme je l’ai dit, chacun est dans son rôle. Les manifestants, ils sont dans leur de vouloir avoir des explications, de comprendre. C’est surtout ça, de comprendre. Et nous nous sommes dans le nôtre, sereins, tranquilles. Nous travaillons, ça ne nous fait aucunement la pression. Mais seulement, il y a cette nécessité de communiquer, d’échanger, de faire comprendre. Parce que, eux, ils perçoivent comme lenteur ce que nous (homme de droit) on ne perçoit pas comme lenteur. Donc, s’il y a un dialogue qui s’installe à ce niveau, ça permettra aux uns et autres d’être au même niveau d’information. Nous comprenons leurs préoccupations, nous comprenons qu’il y a de gros enjeux derrière, qu’il y a urgence, qu’il y a nécessité à aller vite. Nous comprenons qu’il y a une situation potentiellement conflictuelle au niveau du patronat. Tous ceux-ci, l’un dans l’autre, nous interpellent tous.
Nous n’avons pas attendu cette manifestation pour nous imprégner de cette nécessité, de cette réalité. Sauf que le temps de la justice n’est pas celui du citoyen. Parfois, une procédure judiciaire a des impératifs qui font que la justice ne peut pas aller à l’allure souhaitée par les citoyens. J’en veux pour exemple dans ce dossier. Quand une écriture est déposée par l’une des parties, le temps est donné à l’autre camp de réagir à cela. Alors, c’est une cause de renvoi. Et quand cette partie réagit, l’opportunité est donnée à son adversaire de faire des observations. Donc, on se retrouve un tout petit peu dans un cycle de renvoi que le citoyen ordinaire ne comprend pas ; mais que les professionnelles comprennent comme faisant partie de la procédure judiciaire », a-t-il expliqué.
Rappelons que ce procès a démarré, le 13 octobre 2020, au tribunal de la commune IV du district de Bamako. Lors de l’audience du vendredi 23 octobre 2020, le juge du tribunal de la commune IV de Bamako a décidé de mettre l’affaire en délibéré pour ce vendredi 30 octobre.

Par Abdoulaye OUATTARA




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