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mardi 11 août 2020
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Affaire de rupture de contrat à la CANAM: les victimes accusent, les responsables s’expliquent

Depuis quelques jours, des centaines de jeunes qui travaillaient pour la CANAM se sont retrouvés dans la rue, pour de fin de contrat. Ces jeunes appuyaient la CANAM dans le cadre de la mise en œuvre de la numérisation du système des assurances maladie obligatoires (AMO), dans le cadre d’un projet d’une durée de 12 mois qui a pris fin depuis décembre 2019.

Apparemment, la matérialisation de la fin de ce contrat est devenue une pullule très amère à avaler pour ces désormais ex-contractuels, qui avaient fondé l’espoir sur un éventuel renouvellement. Ce qui n’a pas été possible, vu la nature dudit projet qui est arrivé à son terme. En écoutant les deux parties, tous reconnaissent que le contrat a bien pris fin, depuis six mois. Malgré tout, les employés veulent du travail, tandis que la CANAM déplore sa situation financière mal en point, incapable de supporter à nouveau le coût de ces contrats.
Un jeune ex-contractuel dans une capitale régionale nous raconte sa mésaventure : « Je suis stagiaire à la CANAM, depuis 2014. Et c’était la première fois que je bénéficiais d’un contrat à la CANAMA. Pourtant, quand nous signions le contrat à durée déterminée, on nous a miroité qu’il était renouvelable. À notre grande surprise, au bout d’une année, on nous a dit que nous n’avons plus notre place à la CANAM, que notre contrat était à terme ». Toutefois, reconnait-il que le contrat est expiré.
Selon lui, les contractuels n’entendent pourtant pas en arrêter là.
« Nous n’allons pas nous laisser faire. Ils nous ont tout simplement remplacé par des personnes proches du régime. Ceux-là qui sont venus nous remplacer ne sont pas plus maliens que nous », a-t-il dit, la voix nouée par la colère.

Aboubacar Blondin CISSE, le chargé de communication de la CANAM, que nous avons rencontré nous également livré sa version des faits. Selon lui, conformément à la législation en vigueur, il a été notifié à l’ensemble de ces agents d’appuis la fin desdits contrats.
C’est ainsi que dans un récent courrier, la Direction générale de la CANAM a notifié aux structures sanitaires privées que les contrats desdits Agents d’appuis prendraient fin, à partir du 30 juin 2020.
« Cette mesure prise par la Direction générale de la Caisse nationale d’assurance maladie est motivée par des contraintes budgétaires. Selon la réglementation en vigueur, un contrat de travail à durée déterminée (CDD) n’est possible que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire et seulement dans les cas énumérés par la loi. Le salarié qui signe un CDD s’engage à travailler pendant une période spécifiée au bout de laquelle il devra quitter l’entreprise », a-t-il expliqué, avant de préciser que ces agents étaient là pour appuyer un programme de numérisation.
« Tout le monde sait que le système numérique ne demande pas trop de personnes, puisque tout est automatisé. La CANAM, en réalité, n’a plus besoin de trop d’agents, en plus de ses 215 agents attitrés », a-t-il dit, avant de démentir les rumeurs de remplacement. Selon lui, aucun agent n’a été remplacé par qui que ce soit. Tous les agents mutés dans les régions font partie des 275 agents de la CANAM. Je mets quiconque au défi. Il n’a y a jamais de nouveaux recrus au sein de notre service, a-t-il dit avec assurance.
Pour finir, M. CISSE rappelle que la fin de ces contrats était une obligation pour la conformité des textes et lois qui régissent la CANAM.
« Pour être pédagogique, je répète que dans le cas précis, il s’agissait pour la CANAM de faire appuyer temporairement les structures sanitaires dans le cadre de l’Assurance maladie Obligatoire, malgré une recommandation de la Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale (CIPRES) qui a invité, dans un de ses rapports d’inspection, la CANAM à mettre fin à certains désordres pour des nécessités de conformité avec les normes de l’organisation. Cette prestation, selon la CIPRES, doit être assurée par lesdites structures », a-t-il détaillé avant d’inviter les ex-contractuels à savoir raison garder.

PAR CHRISTELLE KONE




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