Affaire des 500 millions FCFA: « je n’ai pas reçu un franc » Soumi dixit

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En conférence de presse, samedi dernier, le chef de file de l’Opposition, Soumaïla CISSE, a profité de sa rencontre avec la presse pour se prononcer sur la question de 500 millions FCFA que lui aurait versés le gouvernement, comme budget, pour assurer le fonctionnement de son Cabinet.

Contrairement à ce qui a été dit, ces derniers temps dans les journaux, le chef file de l’Opposition dément et affirme n’avoir encore reçu aucun franc du gouvernement sur les 500 millions annoncés. «J’ai appris que c’est dans mon compte, ceci cela ; mais cela n’est pas fondé». Selon ses explications, il y a un montant de 500 millions qui a été voté sur le budget 2016 par le ministre des Finances de l’époque, sans même le consulter. Il a précisé que cette somme, loin d’être un salaire pour lui, est destinée à permettre au chef de file de prendre un siège, d’équiper le siège, d’acheter quelques voitures pour les tournées ainsi que le payement du salaire des collaborateurs. Il faudra aussi payer l’eau et l’électricité. L’opposant estime que le montant actuel ne permet pas de couvrir toutes ces charges. «Il faudra en rajouter », a-t-il dit.
Selon Soumaila CISSE, l’instauration du chef de file de l’opposition fait partie de ses promesses de campagne, tout comme le Président d’IBK.
C’est dans cette veine, a-t-il fait savoir, qu’en mars 2015, une loi a été votée qui institue le chef de file de l’opposition. « En juin 2015, j’ai été nommé comme chef de file de l’opposition. Et depuis septembre 2013, ça fait 3 ans que cette institution n’est toujours pas fonctionnelle.
Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque institution a son budget. Le budget de la présidence, c’est plus de 14 milliards, la primature et l’assemblée sont du même ordre. Mais, il viendra à l’idée des journalistes ici présents de diviser ça par 12 et de dire voilà le salaire du président de la République, du Premier ministre ou du Président de l’Assemblée. Pourquoi, on le fait alors par malveillance pour le chef de file de l’opposition ? » S’est-il interrogé ». «Quand on invite à la rupture du jeûne à Koulouba, je ne suis pas sûr que ça sort directement de la poche des invitants», a-t-il dit.
Selon lui, ces dépenses sont prévues, comme dans tous les pays, dans les fonds de souveraineté qu’on donne au Président, au Premier ministre, au Président de l’Assemblée, à d’autres responsables politiques pour qu’ils tiennent leurs rangs. «Chaque leader politique sait que chaque jour, il y a un militant qui a son enfant malade, et il faut bien mettre la main à la poche, ça fait partie du système », a-t-il soutenu
Ayant été victime, selon lui, de malveillance, l’honorable Soumaïla a décidé de dévoiler le budget des autres chefs d’institution. Après avoir été pendant plus de 6 ans ministère des Finances, il dira que ces chiffres n’ont pas de secret pour lui. De ses propos, il ressort que le Président de l’Assemblée touche 30 millions de FCFA par mois. Ça fait 360 millions par an, et il n’a pas de compte à rendre là-dessus. Cela ne couvre pas ses frais d’hébergement, de déplacement. Aussi, s’est-il empressé de préciser que la pratique existe dans tous les pays du monde. «Dans d’autres pays, c’est même plus que ça», a-t-il dit. Au Cameroun, par exemple, a-t-il révélé, ce montant est d’environ 100 millions FCFA par mois.
De même, selon l’opposant, le patron de la primature touche autour de 900 millions FCFA par an. Ça fait 75 millions par an. Et il fait ce qu’il veut avec.
Quant au Président de République, il a un budget annuel de plus de 1, 800 milliards FCFA par an.
Après toutes ces révélations, l’opposant trouve que c’est par malveillance que certains ont créé un scandale d’État autour des 500 millions FCFA accordé au chef de file de l’opposition. «Sachons raison garder », s’est-il indigné.
Pour M. CISSE, nous devons faire en sorte que la démocratie avance. «C’est des fonds publics qui peuvent être contrôlés par le vérificateur, par l’inspection de finances, par le contrôle général de l’État, etc. », s’est-il défendu. «Dans nos pays, la démocratie, doit aussi conforter par l’État et c’est pourquoi l’État malien fiance les partis politiques depuis 1995», a continué de se justifier l’honorable CISSE. C’est sur cette base que l’URD a eu plus de 200 millions FCFA. Et le RPM, plus de 800 millions. Donc, ce sont des choses qui sont là et qui les aident à faire la politique.
Les 3 ans d’IBK ?
Pour le chef de file de l’Opposition, le pays est arrêté, l’insécurité s’est généralisée, il y a un déni de démocratie. De nos jours, a-t-il dénoncé, on essaye d’empêcher les gens de parler. «L’un de vos confrères a disparu, et on en parle plus. Je vous interpelle, ça ne doit pas rester comme ça. Dans d’autres pays, j’ai vu que les journaux décident pour les cas pareils d’en parler tous les mercredis», a martelé l’opposant.
Par ailleurs, au cours de la conférence de presse du samedi dernier, le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla, a affirmé avoir été reçu dans la matinée par le ministre de l’Administration territoriale, en présence du chef de la MINUSMA. Au cœur de cette rencontre, il été question des problèmes liés à la nouvelle loi électorale, et toutes les autres questions que l’opposition a toujours soulignées. À l’issue des échanges, a-t-il fait savoir, les parties ont décidé de se rencontrer le mardi prochain. «On peut se féliciter de cet agenda», s’est-il réjoui.
D’ores et déjà, on apprend, de lui, qu’il est prévu une conférence des acteurs à Mopti, du 23 au 26 septembre 2016. Cette rencontre va regrouper les régions de Ségou, Mopti, et Tombouctou. Il y aura une conférence des acteurs à Gao, avec Ménaka et Gao, voire Kidal. Et il y aura une conférence à Tombouctou et qui regroupera les régions de Tombouctou et de Taoudéni. Avec ça, on peut dire qu’il y a quelque chose en marche. Le plus important, c’est que nous aurons une discussion assez large sur tous ces aspects, a-t-il fait savoir.

Par Abdoulaye OUATTARA

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