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mercredi 28 juin 2017
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Affaire des surfacturations: le patriotisme mis entre parenthèse

L’armée nationale a fêté, le mardi dernier à Kati, le 54e anniversaire de sa création, sous la présidence du Chef suprême des armées, Ibrahim Boubacar KEITA. À cette occasion, il n’a pas manqué de revenir, dans une interview, qu’il a accordée à la presse, sur la récente affaire dite d’achat d’équipements militaires. Ce feuilleton, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, semble rester encore comme une pomme dans la gorge du Président de la République.

Dans cette interview, le Président IBK charge les responsables des partis politiques de l’opposition qui ont avancé des propos démesurées visant à  déstabiliser le pays, alors qu’il traverse une période difficile. Comme une réponse du berger à la bergère, le Président IBK a profité de l’occasion pour réaffirmer sa ferme volonté de poursuivre l’équipement des forces armées et de sécurité du pays contre vent et marrée.

«J’équiperai l’armée malienne quoiqu’on me dise quoiqu’on me fasse, je le ferai. J’ai été élu pour ça. Ce qui a été fait avec les équipements militaires, aujourd’hui sur le terrain on le voit. Chaque homme a reçu un bardage composé des éléments que les militaires maliens n’avaient pas l’habitude d’avoir», a réagi le président IBK.

Le Président va jusqu’à accuser l’opposition d’avoir posé des actes non patriotiques: «C’est cela qui est important pour moi, pas des crises de fureurs que je ne considère pas comme patriotique aujourd’hui. Ne pas comprendre cela s’est desservir la patrie. Je ne la desservirai jamais. Je n’écouterai que mon devoir et ferais ce que je dois faire pour le service du Mali quoiqu’on fasse quoiqu’on dise. Personne ne pourra m’arrêter ou m’incliner à baisser les bras par rapport à ça».

D’ailleurs, il est formel, l’affaire d’achat d’équipements militaires a été portée au niveau du Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale contre notre pays par des proches de l’opposition. En effet, ces personnes ont profité de leur poste de responsabilité pour se procurer des documents officiels, pour ensuite les remettre à ces institutions financières internationales. Ce sont là, à son humble avis, des stratégies qui tranchent avec le patriotisme.

Dans tous les cas, s’il y a eu toutes ces critiques contre le régime c’est parce que des ministres ainsi que des personnalités du pays n’ont pas été très religieux dans la gestion du denier public. Car, jouer avec le feu n’a jamais été sans danger. Donc, le problème n’est pas que l’opposition, mais aussi des alliés et proches du régime qui ont donné la voix à l’opposition de savonner le Président IBK avec des preuves dont ils disposaient.

En effet, les rapports du bureau du vérificateur général et de la Section des comptes de la Cour suprême font état de plus d’une vingtaine de milliards qui sont passés dans le circuit informel ou illégal. En tout cas, ce sont des faits qui ont en tout état de cause, mis en mal la fibre patriotique et la confiance que les Maliens, en majorité, ont placé au Président pour diriger ce pays.

Pour toutes ces raisons, il serait mieux que le Président IBK condamne l’attitude de ses propres ministres ou collaborateurs, qui sont impliqués dans cette affaire.

Malheureusement, le Président IBK a toujours gardé un silence de cimetière autour de cette affaire, s’il s’agit de ses proches personnes citées dans ce scandale financier.

S’il faut dénoncer le comportement peu patriotique de l’opposition, il y a lieu de ne pas se taire sur celui des proches du pouvoir qui ont détourné le denier public.

Par Sikou BAH




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