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lundi 15 octobre 2018
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Affaire Huicoma: escroquerie à grande échelle

La ministre du Travail et de la Fonction publique chargée des relations avec les institutions de la République, Mme Diarra Raky TALLA, a animé, mercredi, une conférence de presse sur la situation des engagements de l’État du Mali vis-à-vis des compressés de l’HUICOMA. L’objectif de cette rencontre était d’éclairer l’opinion nationale sur le niveau de traitement de ce dossier par le gouvernement.

Il ressort des propos du ministre du Travail que l’État a tenu tous ses engagements en versant deux milliards cent millions de francs CFA aux ex-travailleurs de l’HUICOMA. Cette somme, selon elle, vise à payer les arriérés de salaires et indemnités. Le seul bémol, après investigation, le département a constaté avec regret, selon le ministre, que beaucoup de travailleurs n’ont rien perçu. D’où, l’ouverture d’une enquête par le ministre du Travail et de la Fonction publique sur la question.
« Le gouvernement, au nom de la solidarité nationale, s’engageait à payer en lieu et place de l’entreprise, au nom de la solidarité nationale tout ce qui avait comme point de divergence sur certains droits… », a déclaré la ministre DIARRA Raky TALLA.
Dans son exposé liminaire, la conférencière a indiqué qu’après la cession des actions de l’État dans le capital de HUICOMA à Alou TOMOTA, des difficultés de divers ordres ont entravé le fonctionnement normal de ladite société, créant ainsi un conflit social entre la direction et le personnel.
Devant de nombreux journalistes, Mme Diarra Raky Talla a expliqué que dans le but d’apaiser le climat social au sein de la société HUICOMA-SA, un protocole d’accord avait été signé le 30 mai 2010 entre le gouvernement, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et la Direction de HUICOMA qui se trouvait en difficulté. À la fin des discussions, des résolutions ont été prises, parmi lesquelles la mise en place rapide d’une direction générale provisoire avec des missions et une durée claires, a précisé la ministre. Dans ce protocole, a indiqué la conférencière, l’État s’est engagé à payer, au nom de la solidarité nationale et pour le solde de tout compte, un montant de 2,1 milliards de FCFA pour les arriérés de salaires de 194 travailleurs de HUICOMA-SA.
Cette somme recouvre également les indemnités de réinsertion pour les travailleurs licenciés pour motif économique, pour ceux qui ont été contraints à la retraite, pour les saisonniers. Il y a aussi les travailleurs n’ayant pas bénéficié de la prolongation d’âge de départ à la retraite et les partants volontaires. Le paiement en question devait être effectué à la période allant du 1er janvier au 31 mai 2010.
Quant à la société HUICOMA-SA, elle s’est engagée dans le même protocole d’accord à payer les indemnités légales de tous les travailleurs licenciés et partants volontaires. La ministre Talla dira que c’est en août 2017 que l’UNTM a transmis à son ministère un lot de documents concernant les travailleurs compressés des cinq sociétés en difficulté au nombre desquelles se trouve HUICOMA-SA. En vue d’examiner lesdits documents, une commission ad hoc a été mise en place par le ministère du Travail et de la Fonction publique, a-t-elle expliqué. Les travaux de la commission, a-t-elle expliqué, ont démontré l’existence d’un état de paiement du montant promis par le gouvernement, à travers le ministère de l’Économie et des Finances. Cet état de paiement fait ressortir que du 3 juin 2010 au 14 septembre 2010, soit 3 jours après la signature du protocole entre toutes les parties, le gouvernement à travers le ministère de l’Économie et des finances, a entièrement payé en faveur des travailleurs de l’HUICOMA-sa, le montant de 2 milliards 100 millions de francs CFA.
Pour étayer ses propos, Mme la ministre du Travail et de la Fonction publique a indiqué avoir à sa disposition, la décharge des représentants des travailleurs de HUICOMA-SA. Dans cette décharge, il était prévu 248 177 869 F CFA d’arriérés de salaires ; 1. 433 358 483 FCFA pour la réinsertion des travailleurs licenciés, 408 688 330 F CFA et 9 775 038 FCFA pour respectivement la réinsertion des partants volontaires et la prise en charge des saisonniers.
Par ailleurs, la ministre a affirmé que onze travailleurs en activité ont illégalement perçu une indemnité de salaire de 111 301 270 FCFA et 47 autres ayant bénéficié des arriérés de salaire, ont illégalement perçu des indemnités de réinsertion d’un montant de 258 940 605 FCFA. Mme Diarra Raky TALLA a également dit qu’il y a quatre semaines de cela, elle a reçu une liste de 114 travailleurs contraints à la retraite et qui déclarent n’avoir rien perçu du montant qui leur était destiné. Pour s’imprégner du fin fond de l’affaire, Mme Diarra Raky Talla a dit avoir ouvert des investigations. Un appel a été aussi lancé afin que tous ceux qui se sentent lésés dans ce dossier HUICOMA-SA puissent directement saisir son département.
Cependant, cet avis du département est loin d’être partagé par les ex-travailleurs, ou du moins par la majorité. Et pour cause ? L’information a été démentie jeudi dernier par le Collectif des femmes ex-travailleurs de l’HUICOMA de Koulikoro. Selon la présidente du collectif, Touré Diougal dite Mama Cissé, les 2 milliards 100 millions de francs CFA donnés par ATT en 2010, au nom de la solidarité nationale, consistaient à permettre aux (compressés) de quitter la Bourse du travail pour rejoindre leur famille respective.
Les manifestantes qui ont tenté de « marcher nues » réclament aux autorités un plan social de plus huit milliards de franc CFA après la privatisation de l’Huilerie Cotonnière du Mali en 2005. Les femmes des ex travailleurs de l’Huicoma se disent engagées dans cette lutte jusqu’à la satisfaction de leurs doléances.

Par Abdoulaye OUATTARA




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