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lundi 22 octobre 2018
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Affaire HUICOMA: l’UNTM charge l’Etat

Suite à la sortie du ministre du Travail, la semaine dernière sur le dossier HUICOMA, c’était le tour, hier mercredi, du secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba KATILE, d’animer, une conférence de presse sur la question en particulier, et de façon générale sur la situation des travailleurs compressés dans les sociétés d’Etat. L’objectif de cette rencontre avec les hommes de médias était de donner la lecture de la première centrale syndicale sur la gestion de ce dossier du moins sulfureux.

Au cours de cette conférence de presse animée par le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba KATILE, il a été question des 2 milliards 100 millions de F CFA débloqués par le gouvernement, en 2010 en faveur des travailleurs compressés de l’HUICOMA de Koulikoro.
Sur le sujet, Yacouba KATILE a accusé l’Etat de faire une gestion politique de la question en écartant l’UNTM qui est pourtant une partie signataire du protocole d’Accord entre le gouvernement et les représentants des travailleurs le 30 mai 2010. Ce qui faire croire au conférencier que l’Etat ne joue pas «franc-jeu» dans le dossier.
Au passage, il s’est inscrit en faux contre les déclarations du ministre du Travail et de la fonction publique chargé des relations avec les institutions de la république, Mme Diarra Raky TALLA, qui a indiqué lors d’une conférence de presse en date du mercredi 3 janvier 2018 que l’Etat ne doit plus rien aux travailleurs de l’HUICOMA.
Dans sa version des faits, le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba KATILE, a rappelé que lorsque les ex-travailleurs de l’HUICOMA ont fait des mois de sit-in à la Bourse du travail, l’ancien président Amadou Toumani TOURE, pour mettre fin à cette situation, a décidé d’apporter une aide sociale pour permettre aux victimes de quitter les lieux.
«Le président à l’époque ne voulait pas voir cette triste situation. Il a décidé, ce qui été dit, dans un premier temps, l’expression claire et nette, c’était une aide sociale pour permettre à ces gens de quitter la Bourse du travail», s’est-il défendu.
Alors que la gestion de ce fonds est au centre de toutes les polémiques, avec des soupçons de détournement, l’UNTM, selon Yacouba KATILE, a prévenu : «L’UNTM comme beaucoup d’autres personnes éclairées ont dit qu’il y a un piège en dessous de ça», a-t-il reconnu. Ainsi, au lieu que la somme soit partagée comme une aide sociale, la commission a décidé que cela soit déduit directement en des droits des travailleurs.
A ce niveau, il accuse l’Etat de ne pas jouer «franc-jeu». Selon lui, si l’Etat avait dit clairement que c’était une partie du droit des travailleurs, la commission, a-t-il expliqué, allait demander aux bénéficiaires de lui fournir leur numéro de compte pour le virement.
Ce que déplore le conférencier, c’est le fait que l’Etat, dans sa démarche actuelle, n’a pas souhaité associer l’UNTM dans les débats autour de la gestion de ce fonds. Entre temps, des accusations de détournement d’argents à défrayer la chronique sur la question.
Mais de l’avis du conférencier, cette polémique n’enlève en rien au fait que la responsabilité première de la gestion de ce dossier incombe au gouvernement qui s’est porté garant entre les parties (les travailleurs et l’acquéreur de l’entreprise).
La logique veut que dans la cadre de la mise en œuvre du protocole d’accord, l’UNTM en tant que partie signataire soit invitée sur la table pour que dans le cadre d’un débat contradictoire sur tous les points, les équivoques puissent être levés.
S’agissant de la mise à l’écart de l’UNTM dans cette phase du dossier, Yacouba KATILE trouve que la raison est politique, car trouve-t-il que les déclarations de certains responsables en charge du dossier ne sont pas en faveur d’un règlement, à l’amiable, du différend.
«On ne doit pas dire que l’Etat ne doit plus rien payer, l’Etat à tout payer. Qu’on apporte la preuve que l’Etat à tout payer, c’est trop facile de dire ça», s’est-il insurgé. En tout cas, au niveau de l’UNTM, l’on reste convaincu que l’Etat n’a pas tout payé en termes de droits et d’indemnités.
Par conséquent, le responsable syndical a invité le gouvernement à une rencontre avec sa centrale pour faire la part des choses.
Au regard de cette démarche jugée unilatérale, on a l’impression, selon M. KATILE, que c’est Koulikoro qui est le seul secteur concerné par ce problème alors que l’accord signé en 2010 entre l’UNTM et gouvernement englobe Koutiala, Kita ainsi que les travailleurs de l’Hôtel Azalai. C’est pourquoi, l’UNTM exige une gestion globale, conformément aux dispositions de l’accord signé entre la centrale et le gouvernement en 2010.
Dans les protocoles de cession des entreprises, a-t-il fait savoir, l’Etat s’est engagé à faire le suivi dans le cadre de la réalisation des investissements, à accompagner ces sociétés et à garantir l’emploi du personnel qui travaillait au niveau de ces sociétés. De l’avis du conférencier, cela n’a pas été fait.
Il ressort ainsi de ses propos, que les plans sociaux prévus dans le cadre de l’accompagnement de ce processus de privatisation de ces sociétés n’ont jamais été mis en œuvre. Comme conséquence de cette démission gouvernementale dans le dossier, les travailleurs courent depuis 2010 derrière leurs droits.
Face à la situation, l’UNTM entend réfléchir aux éventualités à envisager pour obliger le gouvernement à respecter tous ses engagements.
De son côté, l’un des conférenciers Seydou DIARRA, a insisté sur le fait que la somme en question n’ait pas été géré par l’UNTM.
«L’UNTM n’a pas gérer un copeck, et si cela revient dans les propos, nous disons que c’est une manière d’orienter les débats ailleurs pour que l’Etat puisse souffler», a-t-il dénoncé.
Avant d’ajouté : « selon nos investigations, l’Etat doit plus de 8 464 505 052 F CFA aux travailleurs et tous les éléments d’appréciations sont là à notre disposition».
Rappelons qu’a l’issue de ses travaux, le rapport de la commission ad-hoc chargée du traitement du dossier de l’HUICOMA mis en place à la suite des mouvements des femmes de Koulikoro, stipule que l’Etat ne doit plus que 313 millions F CFA aux ex-travailleurs de la société.

Par Abdoulaye OUATTARA




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