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mercredi 16 août 2017
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Affaire ouéléssebougou: la justice statue aujourd’hui sur le cas du député

Partie du partage des terres héritées entre frères à Banazolé, l’affaire a vite dépassé les frontières de Ouéléssébougou pour être nationale, voire une crise aiguë entre les pouvoir judiciaire et législatif. Auparavant, les conseils de famille et du village Banazolé ont tenté, sans succès, de résoudre le contentieux fratricide sous l’arbre à palabre.

Une banale affaire de délimitation de terres entre frères TRAORE à Banazolé est très vite devenue nationale, en opposant les pouvoir judiciaire et législatif, suite à l’incarcération du député de la localité. Pourtant, le chef du village de Banazolé, non moins imam et ancien chef de canton, Oumar TRAORE, et les notabilités avaient tenté, sans succès, de laver le linge sale en famille, en réglant le contentieux fratricide sous l’arbre à palabre.

Banazolé, cette localité à environs 50km de Bamako, dans la commune de Ouéléssébougou, est l’épicentre de cette désormais célèbre affaire qui a conduit le député de la localité, Bourama Tidiane TRAORE, en prison pour flagrant délit; car il est accusé d’avoir porté la main sur un juge.

Le procès de l’honorable Bourama Tidiane TRAORE est prévu ce matin au tribunal de première instance de la commune VI du district de Bamako.

Notons que le président du tribunal de la CVI, Yaya KONE, avait rejeté, le lundi dernier, la résolution de l’Assemblée Nationale demandant la libération immédiate et la fin des poursuites engagées contre le député Bourama Tidiane TRAORE. S’estimant incompétent, n’étant pas un juge constitutionnel, il a maintenu le procès du député à ce 3 décembre.

Le litige foncier de Banazolé

En effet, tout est parti de la divergence autour de la délimitation des terres entre, d’une part, Bamory TRAORE et ses frères, et, d’autre part, Siaka TRAORE et ses frères.

Il s’agit de deux champs de culture dont les camps réclament l’héritage. Si, sur le premier champ (N’Gounafara), il y a eu un compromis, un consensus entre les deux parties; quant au second (Diado) est devenu difficile. En effet, le camp Siaka TRAORE aurait refusé toutes les propositions faites par la tendance adverse, selon nos sources.

Pour laver le linge sale en famille, plusieurs réunions et  rencontres se sont tenues à Banazolé, depuis janvier 2014.

En effet, le conseil de famille s’est tenu le 19 janvier 2014, pour statuer sur la question. Ont pris part à cette réunion Bamory, Lamine, Karamoko, Mamadou Koroba, Mamakoroba, Famory, Broulaye, Daouda, Sibiry, Kassim, Djourou tous TRAORE; Alou TRAORE, Bourama CISSE, Bakary TRAORE, Seydou BAGAYOKO, Noumoussa TRAORE, selon le PV de constat d’huissier de justice. Le conseil de famille a salué le compromis intervenu entre les deux camps à N’Gounafara.

Il a exprimé son vœux de régler le différend de  Diado à l’amiable et en famille.

‘’A Diado, nous disons solennellement que Diam, le père de Siaka, n’avait qu’une petite parcelle le long du marigot. Il la cultivait avec Sériba, père de Famory. En dehors de cette petite partie, il n’a cultivé nulle part à Diado. Donc, tout Diado appartient à Bamory TRAORE, ses frères et fils’’, avait témoigné le conseil de famille.

Malgré l’intervention du conseil de village, le problème restait entier.

«Je  dis et réaffirme que les enfants de Diam (Siaka TRAORE et autres) ont tort. A Diado, ils n’ont pas de terre. Leur père a cultivé juste une petite parcelle de l’autre côté du marigot. Mais la partie objet de du litige, leur père ne l’a jamais cultivé et ne possède pas de terre de ce côté», avait déclaré le chef du village, non moins imam et ancien chef de canton, Oumar TRAORE.

«Je suis l’un de ceux qui maîtrisent le mieux les problèmes fonciers de ce village. On m’a montré toutes les frontières du village de Banazolé. Depuis 1942, j’étais partie prenante aux activités champêtres à Djilefin’’, a témoigné le conseiller du chef de village Kassim TRAORE.

Ainsi, le camp Bamory TRAORE et frères ont reçu l’aval des deux conseils (famille et village) de faire le tracé des limites à Diado. En tout état de cause, les deux conseils, Lamine TRAORE, son grand-frère Bamory TRAORE et ses jeunes frères ont souhaité régler la question à l’amiable, au niveau du vestibule du chef de village de Banazolé.

Mais, hélas, Lamine et ses frères sont trainés devant la justice de Ouéléssébougou par celui qu’ils considèrent comme un de leur proche Siaka TRAORE et frères.

En principe, après l’audience du jeudi 20 novembre dernier, les témoins dans cette affaire (le chef de village de Banazolé et autres) seront écoutés demain jeudi 4 décembre par le juge.

C’est justement après l’audience du 20 novembre que l’honorable TRAORE était allé voir le juge, et il y a eu des coups de poing. Le juge a porté plainte et le député a été arrêté et incarcéré. En plus de sa demande de mise en liberté provisoire, la résolution de l’Assemblée Nationale a été rejetée par le juge en charge du dossier.

Par Hamidou TOGO

 




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