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samedi 17 avril 2021
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Affaire vaccin AstraZeneca: que faire ?

Après que l’Allemagne a ouvert le feu, suivie de près par l’Italie, la France, l’Espagne puis la Suède ; les pays européens, pourtant très dépendants du vaccin d’AstraZeneca pour muscler leur campagne de vaccination, sont contraints de le suspendre, en raison de soupçons de graves effets secondaires. Il est question d’une série d’alertes sur des cas présumés de thrombose survenus après l’injection de doses produites par le groupe pharmaceutique anglo-suédois. Qu’en est-il alors de notre pays qui dispose également d’un stock de 396 000 doses de vaccin AstraZeneca (AZD1222) livré dans le cadre de l’initiative COVAX ?

Le Président de la Transition, Bah N’DAW, a réceptionné, ce vendredi 5 mars 2021, un premier lot de 396 000 doses de vaccin anti-COVID-19 issu de l’initiative COVAX. Après l’arrivée des 396.000 doses, la question qui se posait était : qui et qui seront vaccinés en premier ? Les agents de santé, les enseignants, les journalistes, les animateurs, les activistes ou les marabouts ?
Désormais, avec la polémique née autour du vaccin AstraZeneca jugé à l’origine d’une série de cas présumés de thrombose, c’est une autre question bien plus préoccupante qui se pose : faut-il oui ou non continuer à avoir confiance à ce vaccin et à l’administrer à des personnes bien portantes ?
L’organisation Mondiale de la Santé (OMS), invite à ne pas céder à la panique et même à continuer à vacciner avec AstraZeneca. Pour l’Organisation mondiale de la santé, il n’existe à ce stade aucune preuve d’un lien direct entre le vaccin AstraZeneca et l’augmentation des cas de thrombose et d’embolie. Alors que la transmission du virus est à la hausse dans le monde, l’Organisation recommande de poursuivre l’administration de ce vaccin. « Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca », a déclaré, pour sa part, la cheffe scientifique de l’Organsiation, Soumya Swaminathan lors d’une conférence de presse.
Mais, dans notre pays, l’on préfère jouer la carte de la prudence. C’est pourquoi, le Haut Représentant du Chef de l’État pour la lutte contre la CovID-19 vient de s’adresser au Comité scientifique COVID-19, dont l’avis est ‘’nécessaire et urgent’’ pour lui demander de se prononcer ‘’sur le principe de précaution à adopter par rapport au vaccin Astra Zeneca (je pense qu’il serait prudent, au nom dudit principe de précaution de sursoit à son utilisation pour l’instant, sous réserve d’acquisition d’autres types de vaccin) ; l’utilisation du vaccin Spoutnik V et du vaccin chinois de Sinovacc (la présidence est sur le point de se procurer environ 3 millions de doses desdits vaccins dans le cadre du programme présidentiel d’urgences sanitaires)’’.
Autant dire que sauf avis divergeant du Comité scientifique COVID-19, le Mali n’aura pas recours, en tout cas jusqu’à ce que toutes les preuves soient établies que ce vaccin n’a aucun rapport avec les cas de thrombose signalés, à son utilisation.
Ailleurs, l’agence européenne des médicaments, qui a lancé une enquête dès la semaine dernière, s’est montrée rassurante lundi et « reste actuellement d’avis que les avantages du vaccin d’AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, avec son risque associé d’hospitalisation et de décès, l’emportent sur les risques d’effets secondaires, a-t-elle fait savoir. Le nombre d’événements thrombolytiques constatés au sein de la population vaccinée ne semble pas plus élevé que dans l’ensemble de la population », ajoute l’AEM, qui évoque un « très petit nombre » de cas.
De même, Andrew Pollard, responsable du Oxford Vaccine Group, codéveloppeur du vaccin avec la vaccinologue Sarah Gilbert, a lui aussi assuré au micro de la BBC, lundi, qu’« il y a des preuves très rassurantes selon lesquelles il n’y a pas d’augmentation des cas d’embolie ici au Royaume-Uni ». Le docteur Peter English, président du comité de santé publique de la British Medical Association, estime auprès du Daily Telegraph qu’« il est regrettable que des pays aient stoppé la vaccination sur une telle application du principe de précaution ».

PAR BERTIN DAKOUO




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