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jeudi 27 juillet 2017
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Affaires des réseaux sociaux: Moussa Mara cautionne-t-il la violence ?

Dans un communiqué en date du 14 juin dernier, l’ancien Premier ministre Moussa MARA a exprimé sa profonde inquiétude face à la situation qui prévaut dans notre pays en cette période de veille de la campagne référendaire du 9 juillet. Il faisait notamment allusion à l’empêchement de rassemblements et autres manifestations qui relèvent de la liberté d’expression empêchés par les forces de l’ordre. À laquelle s’était greffée mardi 13 juin une restriction d’accès aux réseaux sociaux. Dans tout son communiqué, le responsable politique ne condamne les appels à la violence qui envahissent ces réseaux sociaux et proférés lors des regroupements de ces derniers jours.

Dans le souci de circonscrire les dérives d’internautes sur les réseaux sociaux, frôlant les appels à la violence pour se positionner contre le referendum constitutionnel en vue, l’accès à Facebook avait été interrompu à Bamako, lundi et mardi dernier. Cette décision des autorités a été commentée différemment au sein de l’opinion. Certains ont dénoncé une restriction de la liberté d’expression tandis que d’autres ont salué la décision qui ne visait qu’à apaiser un climat social qui s’enflamme par des tiraillements entre partisans du OUI et du NON à la révision constitutionnelle du 9 juillet prochain.
Parmi les opposants à la décision de couper le réseau social Facebook figure l’ancien Premier ministre Moussa MARA, président du parti YELEMA. À travers un communiqué, le responsable politique a qualifié d’entraves à la liberté d’expression démocratique, ces mesures prônées par le gouvernement pour circonscrire la violence ces derniers jours.
« Ces entraves sont regrettables et portent un coup à la démocratie malienne », précise le communiqué.
Sous un angle strictement respect des libertés démocratiques, le président du parti YELEMA a raison. Car la démocratie n’a de sens si les libertés d’expressions sont prohibées, dont les marches, la liberté de la presse, les débats et autres échanges. Pire, pour ce qui concerne le verrouillage de l’accès Facebook, le régime a certainement sanctionné beaucoup d’utilisateurs innocents de ce réseau un devenu un moyen d’affaires pour certains, de travail pour d’autres, de divertissement… Sur ce coup, il y a même un risque pour les pouvoirs publics de contribuer à grossir le rang des mécontents et de faire retourner certains contre eux.
Cependant, sur un tout autre registre, il semble que l’ancien PM n’a pas suffisamment cerné les messages de violence, de grossièreté contre le pouvoir en place distillé par les internautes ces derniers temps. Car dans son communiqué, somme toute appréciable, il ne fait aucune condamnation de ces actes d’une autre époque. Sur ce registre, la réaction de blocage de ces réseaux n’est pas disproportionnée.
Le paradoxe dans le communiqué du responsable politique de la majorité présidentielle est qu’en aucun moment il n’a fait mention des appels à la violence dont les réseaux sociaux sont inondés depuis le vote de la loi portant révision de la constitution du 25 février. Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur ce silence de Moussa MARA par rapport à ces messages de haine et aux appels à la violence distillés sur Facebook par les opposants au référendum.
Est-ce à dire que Moussa MARA applaudit ces appels au désordre et au trouble de l’ordre public ? En tout cas, de la manière dont la démocratie exige le respect de la liberté d’expression, elle met également en garde contre tout comportement visant à troubler l’ordre public. Moussa MARA le sait mieux que quiconque.
Un grand utilisateur des réseaux sociaux comme Moussa MARA doit connaitre les avantages et les inconvénients du canal de communication qu’est Facebook. Un réseau social sur lequel les messages véhiculés échappent à tout contrôle.

PAR MODIBO KONE




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