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dimanche 9 août 2020
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Afrique de l’Ouest et Sahel: 4 000 morts en 2019

Le nombre de morts en Afrique de l’Ouest et au Sahel dû à l’insécurité a été multiplié par 5 en 2019 comparativement à 2016. C’est le constat effroyable du rapport du Représentant spécial des Nations unies de la zone présenté la semaine dernière au Conseil de sécurité. 

Le Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a présenté le 8 janvier dernier les activités de son Bureau (UNOWAS) au Conseil de sécurité des Nations unies. Le document fait état de la situation sécuritaire de la zone.

Selon Mohamed Ibn Chambas, la sécurité s’est davantage dégradée l’année dernière qui bat tous les records. Le nombre des victimes des violences terroristes au Burkina Faso, au Mali et au Niger a été multiplié par 5 depuis 2016, a soutenu Mohamed Ibn Chambas. Ces violences ont causé 4 000 morts, contre 770 en 2016. Dans le même temps, le nombre des personnes déplacées a été multiplié par 10, atteignant un demi-million, sans compter les 25 000 personnes qui ont cherché refuge dans d’autres pays.

De son côté, le diplomate nigérien ABDOU ABARRY, lors de la réunion, a ajouté que 2019 a été le théâtre de plus de 700 attentats terroristes dans la zone. Selon lui, des acteurs non étatiques violents, notamment les groupes terroristes, les réseaux criminels et les milices communautaires et tribales ont commis des attaques répétées contre des civils et des forces de défense et de sécurité, en particulier au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Dans un tel contexte, les deux responsables ont insisté sur la nécessité d’agir, tout en exhortant les dirigeants régionaux et sous régionaux à honorer leurs engagements et les partenaires internationaux à soutenir pleinement les mécanismes existants.

Pour la circonstance, le représentant du Niger a salué l’adoption par la CEDEAO du Plan d’action 2020-2024, destiné à éradiquer le terrorisme, avec une enveloppe financière de deux milliards trois cents millions de dollars, dont un milliard sera prélevé sur les ressources internes.

De même, il a déploré que la force conjointe du G5 Sahel mise en place depuis quelques années peine encore à atteindre son plein niveau d’opérationnalisation par manque de ressources financières et matérielles. « Plus que jamais, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel ont besoin de la solidarité et de l’action concrète de la communauté internationale afin d’éviter que les avancées démocratiques ne soient contrariées par les activités criminelles des groupes armés terroristes qui sapent le fondement même de l’État », a-t-il plaidé.

Cependant, pour la Russie, au-delà des problèmes fondamentaux ayant conduit aux affrontements intercommunautaires et à la relative faiblesse des États, il faut combattre le mal à la racine. Le « véritable élément déclencheur », ce sont, selon elle, « les activités aventuristes de ceux qui ont semé le chaos en Libye ».  De fait, a-t-elle fait valoir, « si l’on n’arrive pas à stabiliser la situation dans ce pays, il ne sera pas simple de parvenir à la paix et à la stabilité au Sahel ».

Par Sikou BAH




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