Agression du juge de Ouelessebougou: le député Bourama Tidiane TRAORE aux arrêts

Le député Bourama Tidiane TRAORE, transfuge du PACP pour le parti présidentiel, le RPM, connait un sale temps depuis mardi dernier où il est gardé au camp I de la gendarmerie pour avoir brutalisé le juge de Ouéléssébougou. Au moment où nous mettions sous presse hier, à 19 heures, selon nos sources, il y était encore.

Selon une source officielle, l’incident est survenu lorsque le député, en violation de toutes les formalités d’usage s’est présenté devant le juge pour lui demander des comptes sur l’état d’avancement d’un de ses dossiers en souffrance. Courtois, mais également respectueux de l’honorabilité de son interlocuteur, un élu de la Nation, le magistrat, rapporte la même source, a donné l’assurance à son visiteur de connaitre ledit dossier et de donner la suite qui sied. Pour le magistrat, a-t-on expliqué, il s’agissait de lire et de comprendre le dossier avant de poser quelque acte que ce soit. Ce qui, apprend-on, n’a pas été du goût de l’honorable député qui a cru nécessaire d’exprimer son honorabilité par la forces de ses biceps. Mal lui en pris, à en croire notre source, puisque c’est lui qui a finalement subi une raclée de la part de ce magistrat, physiquement au point. Les stigmates sur son visage en disent long sur le mauvais quart d’heure qu’il a eu à passer dans le bureau de ce juge peu ordinaire puisqu’il n’attend pas l’arrivée de son garde du corps pour se sortir des griffes de ses agresseurs.

La version selon laquelle le juge a été brutalisé dans son bureau par cet autre « député bagarreur » est corroborée par le procès-verbal de la brigade de gendarmerie de Ouéléssebougou.

Pourtant, la raclée à lui infligée ne marquait pas la fin de sa mésaventure, puisque, manifestement les juges ont décidé d’en faire un exemple qu’au Mali nul n’est et ne sera désormais au-dessus de la loi. C’est ainsi qu’il est gardé au Camp I de la gendarmerie de Bamako, dans l’attente de la suite à donner à cette affaire rocambolesque.  Le mandat parlementaire n’est pas un exutoire. En effet, précise-t-on, l’acte posé par le député, agression physique d’un magistrat ne requiert aucune procédure de levée d’immunité parlementaire pour engager des poursuites. Elles sont automatiques. Ce qui explique la rapide privation de liberté de Monsieur le député. L’élu de la nation, ignorait-il, cette disposition pour se livrer à un excès de la sorte ? Pensait-il que le statut de député permettait tous les écarts ? Dans tous les cas, il est bien servi.

Du côté de la justice, apprend-on, il n’est pas question de céder aux pressions qui viennent principalement du côté de ses homologues de l’Assemblée nationale qui menacent d’interpeller le Gouvernement sur cette interpellation d’un des leurs. Notre source, proche des milieux judiciaires, fait savoir que le Gouvernement est prêt à répondre si les députés le souhaitent.

Depuis, l’interpellation de Bourama Tidiane TRAORE, indique-t-on, l’on assiste à un intense ballet diplomatique pour obtenir sa libération.

Comme indiqué plus haut, la démarche des magistrats colle à la logique selon laquelle nul n’est au-dessus de la loi. Ni le statut de député, ni l’appartenance au parti présidentiel ne mettent à l’abri de poursuites judiciaires en cas faute.

Suite à cet incident, il est important de rappeler cette déclaration du Président IBK, après son vote du second tour des législatives : « Je souhaite qu’en le parlement, il y ait des hommes et des femmes soucieux, non pas d’eux-mêmes, de leurs avantages de parlementaires ; mais soucieux du Mali et de faire avancer le Mali. Qu’ils se sentent  vraiment les porte-paroles de ce peuple du Mali qui les envoie dans les rangs de l’hémicycle ; qu’ils y soient avec dignité.

Le terme honorable qui est consacré pour désigner les députés ne doit pas être un vain mot. Un député doit être honorable, dans son comportement, dans son dire, dans son être. Cela seul confère l’honorabilité ».

Par Bertin DAKOUO

 

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