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jeudi 22 juin 2017
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Alger IV: dans les coulisses des négociations

La quatrième phase des pourparlers inclusifs inter-maliens s’avère des plus cruciales : Le statut politique et institutionnel de « l’Azawad », précisément la revendication de fédéralisme des rebelles, donne lieu à de chaudes empoignades entre la partie gouvernementale et la coordination du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

Nous vous livrons quelques articles qui font ressortir la vive tension qui prévaut à Alger entre les protagonistes maliens de la crise qui sont au bord de la rupture sur la question du fédéralisme

Pourparlers: difficile consensus entre les protagonistes

Les mouvements de la coordination n’entendent pas céder sur l’idée de fédéralisme ainsi que la notion de l’Azawad. Le gouvernement du Mali rejette sans ménagement.

Les négociations directes ont commencé le samedi dernier entre le gouvernement du Mali et les groupes armés, en présence de l’équipe de médiation internationale. Pendant  toute la matinée de ce premier jour, les protagonistes ont eu des échanges houleux et francs.

Présidées par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, ces rencontres tripartites ont réuni dans la matinée la médiation, le gouvernement du Mali et les mouvements de la plateforme. Dans l’après-midi, la triangulaire a regroupé l’équipe de médiation, la délégation gouvernementale et les mouvements de la coordination.

Les débats ont été surtout houleux dans l’après-midi entre le gouvernement du Mali et les mouvements de la coordination.

La partie gouvernementale a expliqué le bien-fondé et l’importance de la décentralisation poussée comme une solution à la crise avec des arguments à l’appui.

Mais le MNLA et alliés ont tout simplement botté en touche cette formule et continué à réclamer à cor et à cri l’idée d’un fédéralisme ainsi que le maintien de l’appellation Azawad  pour les régions du nord du Mali.

« On ne va pas céder sur le fédéralisme et l’Azawad », a lancé un membre du MNLA.

Le moins que l’on puisse dire pour le moment est que les positions sont assez opposées. Ce que reconnaît Moussa Ag Assarid, chargé de communication des mouvements de la coordination à cette phase, qui estime que le mot Azawad ne doit pas être un tabou et ne doit pas choquer. « Nos avons reconnu l’intégrité territoriale du Mali, il ne faut pas qu’à l’intérieur de cette notion il y ait des choses qui nous empêchent de nous faire entendre. Nous voulons que désormais la gestion du territoire de l’Azawad revienne aux Azawadiens. Nous voulons que la décentralisation ne soit plus vue comme une solution, elle a montré ses limites », a-t-il déclaré à l’issue des négociations du samedi dernier.

Pour sa part, le ministre malien des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est voulu on ne peut plus clair : il est hors de question, selon  lui, de revenir encore sur des notions que défend la coordination.

« Nous avons défendu les positions du gouvernement tout en valorisant la qualité du travail fait par l’équipe de médiation et en mettant en avant les points qui sont les plus importants pour le gouvernement. Nous avons clairement écarté ce qui, de notre point de vue, n’est pas acceptable à ce stade des négociations, en particulier les notions de fédéralisme et d’Azawad  et nous avons expliqué pourquoi. Je crois que l’équipe de la médiation a pris bonne  note de ces différents éléments », a confié à la presse le chef de la diplomatie malienne.

Les négociations se sont poursuivies, le dimanche dans l’après-midi, entre la délégation gouvernementale et les mouvements de la coordination.

A l’issue de cette journée dominicale,  les positions sont  restées toujours éloignées,  la pierre d’achoppement étant toujours les notions de fédéralisme et  Azawad.  Les travaux se sont poursuivis, le lundi dernier, toujours à la résidence El Mithak d’Alger.

Par Modi Camara (Alger)

 




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