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lundi 27 juin 2022
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Alger V: l’hypothèque

Les groupes armés, membres de la Plateforme, sous les coups de boutoirs du MNLA et de ses alliés séparatistes, ont décidé d’endosser le treillis de chasseurs. Cette nouvelle posture est perceptible à travers cette déclaration récente du chef du Gatia qui annonçait sans ambages : « Nous attendons juste un prochain échec des pourparlers à Alger pour libérer Kidal et Ménaka sous l’emprise du MNLA et alliés. Inch Allah ! ». Elle démontre que les groupes d’auto-défense ont décidé de changer de vocation. Ce qui donne une nouvelle dimension au conflit armé au Nord avec la présence de groupes armés, animés par la même volonté d’offensive.
Outre la camisole de force de l’escalade de la violence du MNLA à laquelle la Plateforme ne rechigne plus, ce groupe séparatiste et ses alliés séparatistes du Nord avaient balisé la voie à l’échec en foulant au pied tous les précédents accords de cessez-le-feu, à travers la multiplication des attaques contre les positions de la Plateforme à Tabankort. Au point que ces agressions répétées soient assimilées à un harcèlement.
Comme si cela ne suffisait pas, leMNLA attaque le pré-accord comme taillé sur mesure en faveur du Gouvernement, sans pour autant véritablement argumenter son accusation. Il voit le diable partout, ou est-il prédisposé au rejet de ce document? La seconde possibilité est la plus plausible et la plus crédible au regard des velléités indépendantistes de ce mouvement.
L’hypothèque sur Alger ne vient pas que des groupes armés. En effet, le Projet de pré-accord ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion nationale. Il a même été combattu, y compris dans des milieux les plus insoupçonnés et les plus officiels.
Le Gouvernement lui-même a des réserves sur de nombreux points du Projet de pré-accord, soumis aux parties par la Médiation : la notion de régions intégrées ; la mise en place d’un Sénat ; la représentativité sur des bases ethniques, y compris dans les institutions de la République ; la révision constitutionnelle ; la création de zones de développement pour certaines régions à l’exclusion d’autres…
Nonobstant la présence d’obstacles réels, les Maliens applaudiraient des deux mains un accord conclu enfin « rapidement », comme l’espère le négociateur principal pour le compte de l’Etat malien, le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP.Même si les faits tranchent nettement en faveur d’une prolongation.
Il est important de rappeler que les négociations dans le cadre du processus d’Alger ont quand même débuté, depuis le mois de juillet 2014, et que non seulement les documents signés le 24 du même mois par les parties n’ont pas été respectés (Feuille de route des négociations dans le cadre du processus d’Alger, Déclaration de cessation des hostilités). Mais, de nouvelles divergences sont apparues ; et qui ne plaident pas particulièrement en faveur d’une accélération du processus de réconciliation. Il y a un cycle de violences que le MNLA et ses amis séparatistes veulent installer, en précipitant dans leur schéma, d’abord la Plateforme, ensuite le Gouvernement qui n’aurait d’autre choix que de faire la guerre. Adieu la paix qui se transformerait en chimère du désert.
Par Bertin DAKOUO




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