Alphabétisation et langues nationales: lire le passé et écrire l’avenir

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L’épouse du président de la République, Mme Keita Aminata Maiga, a procédé, hier jeudi, sans la salle de spectacle du Stade Modibo Keita, au lancement de la Journée internationale de l’alphabétisation, dans une ambiance festive. Remise de diplômes aux lauréats du concours des langues nationales du pays ; projection de film documentaire ; sketch du groupe «Gnogolon » sur l’alphabétisation ; et hommage à notre confrère de l’ORTM, feu Lamine Tiécoura Coulibaly, pour ses efforts en faveur de l’école malienne, ont été les temps forts de cette journée au cours de laquelle les autorités ont été fortement interpelées quant à leur rôle dans la promotion et l’intégration de nos langues.

Le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré, hier 8 septembre dédié à l’alphabétisation et à la promotion des langues nationales. La cérémonie de lancement était placée sous la présidence de l’épouse du président de la République, Mme Keita Aminata Maiga, en présence du ministre de l’Éducation nationale, Kénékouo dit Barthélémy Togo.
On y notait également la présence du chef de bureau de l’UNESCO dans notre pays, Lazare Eloundou, ainsi que le représentant du maire de la CII du District, hôte de l’événement.
Le thème de cette année est « Éducation pour le 21e siècle : Alphabétisation pour tous : Lire le passé, écrire l’avenir ».
Sur le plan national, les autorités de notre pays ont opté pour : « Synergie Alphabétisation/Éducation non formelle- Formation professionnelle et Technologie de l’information et de la Communication : facteur incontournable pour un développement durable. »
Selon le représentant de l’UNESCO, l’alphabétisation est un droit et un moteur fondamentaux du développement humain. Elle ouvre la voie à l’estime de soi, à l’acquisition des compétences nécessaires à la pleine participation à la vie en société.

Un demi siècle de combat
Pour l’UNESCO, 50 ans, c’est un demi-siècle et il est important d’avoir un regard rétrospectif pour évaluer les acquis et de tirer des leçons utiles pour envisager l’avenir.
En citant la Directrice de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, Lazare Eloundou a indiqué : « Depuis la proclamation de la Journée internationale de l’alphabétisation par l’UNESCO en 1966, nous avons observé des progrès considérables. Même si la population mondiale a fortement augmenté, le nombre de jeunes adultes non alphabétisés a diminué de 25 % entre 1990 et 2015. Ce mouvement a favorisé l’alphabétisation des femmes, et dans 43 pays, la parité des genres a connu des avancées notables. Le mouvement mondial de l’Éducation pour tous a également été à l’origine de nombreux changements positifs ».
Mais tout cela est insuffisant, car il reste encore aujourd’hui 758 millions d’adultes, dont les 2/3 sont des femmes, qui ne savent ni lire ni écrire. L’analphabétisme, dit-il, est encore synonyme d’exclusion et de pauvreté à remédier.
Le thème retenu par l’UNESCO pour célébrer cette édition « lire le passé, écrire l’avenir » est une invite qui confirme que pour se projeter dans l’avenir, on doit tirer d’abord les leçons du passé, a indiqué le ministre. En faisant allusion à l’Éducation Non formelle, cette assertion rappelle que les Objectifs du développement durable (ODD) ne peuvent être atteints par les différents États sans une capitalisation des résultats obtenus dans l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
« Lire le passé» nous interpelle sur ce que nous avons réalisé, en termes d’acquis et d’échecs, dans le domaine de l’alphabétisation, de l’éducation non formelle, de la formation professionnelle et des activités de post – alphabétisation.
« Écrire l’avenir » nous amène à nous projeter dans le futur dans une synergie de nos efforts pour faire acquérir aux milliers de néo-alphabètes, de finalistes des Centres d’Éducation pour le Développement (CED) et du Centre d’éducation pour l’intégration ( CEI ) des connaissances instrumentales et des compétences de vie courante afin de leur permettre de s’insérer dans la vie socio-économique », a soutenu le ministre Togo.

Les raisons de la célébration du 8 septembre
Pour réaliser cet objectif, indique-t-il, il est impérieux, voire incontournable d’utiliser les Technologies de l’information et de la communication.
C’est fort de tout cela que le Mali a retenu au niveau national, le thème: « Synergie Alphabétisation et Education Non-formelle-Formation professionnelle et TIC, facteur incontournable pour un développement durable», selon le ministre de l’Éducation nationale.
En effet, précise-t-il, la synergie, entre ces 3 sous-secteurs, à l’heure actuelle, est une condition essentielle pour assurer l’autonomisation des femmes, des hommes et des jeunes non scolarisés et déscolarisés.
La décentralisation renforcée, l’instauration de la paix et de la sécurité, la mise en œuvre efficace de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali ne sauraient se réaliser sans réunir les conditions au nombre desquelles figurent l’alphabétisation de masse, l’éducation citoyenne et la lutte contre la précarité.
« C’est pourquoi, mon déportement en synergie avec l’ensemble des partenaires, veillera désormais à ce que tous les programmes d’alphabétisation soient en lien avec les différents programmes et projets de développement, et cela à travers l’usage des Technologies de l’information et de la communication qui sont de nos jours incontournable dons toutes les sociétés modernes », a-t-il promis.
Le ministre est convaincu qu’un des principaux enjeux pour la mise en œuvre de la régionalisation et de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale réside dans l’usage accru des longues nationales comme outils de travail.

Perspectives
C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’a été lancé le processus d’élaboration d’un nouveau Programme décennal de développement de l’Éducation (PRODECII).
Le dispositif d’élaboration du PRODEC Il prévoit des organes et équipes techniques regroupant les représentants des ministères en charge de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Le cadre partenarial qui accompagnera le processus est déjà mis en place avec présentement comme chef de file, la Coopération Suisse, a précisé le ministre Togo.
Le PRODEC Il veillera à ce que tous les enfants non scolarisés et déscolarisés, les jeunes et adultes analphabètes du nord comme du sud aient accès à une éducation non formelle de qualité, a indiqué le ministre de l’Éducation.
« Dans le domaine de l’amélioration de la qualité et de la pertinence des enseignements/apprentissages, mon déportement poursuivra l’élaboration et la rénovation du matériel didactique des Centres d’alphabétisation fonctionnels, des Centres d’apprentissage féminins, des Centres d’éducation pour le développement et du Centre d’éducation pour l’intégration, conformément aux nouveaux curriculums ».
Les travaux entamés en matière de développement de l’environnement lettré en langues nationales seront également poursuivis, a-t-il rassuré.
En matière de gestion de l’offre éducative, Barthélémy Togo a souligné que son département •s’attellerait très prochainement à la réalisation d’une carte de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle. La dotation des services techniques de l’Éducation non formelle et des langues nationales en ressources humaines compétentes reste également toujours une préoccupation majeure de son déportement pour accompagner avec efficacité les réformes entamées par le gouvernement, à travers le recrutement et le renforcement des capacités.

Les hommages à Lamine Tiècoura
Dans son intervention, la présidente de la cérémonie a, elle, aussi souligné que la présente édition revêt un caractère particulier, car c’est le 50e anniversaire de la journée de l’Alphabétisation, instaurée par l’UNESCO.
Selon Mme Keita, « nous devons donner la chance à tous les citoyens. L’alphabétisation de masse et de qualité de l’ensemble de nos populations constitue, à n’en pas douter, une des réponses adéquates pour faire face aux maux qui minent notre société. Par le biais de l’alphabétisation, les populations pourront acquérir des compétences de vie courante et mener des Activités génératrices de revenus. Ceci leur permettrait d’améliorer leurs conditions de vie et de travail et de jouer pleinement les rôles et responsabilités qui sont les leur dans le processus de développement socio-économique, culturel et démocratique du pays ».
En effet, l’alphabétisation est un facteur d’autonomisation des individus, des familles et des communautés et améliore leur qualité de vie. Grâce à son « effet multiplicateur », l’alphabétisation contribue à éliminer la pauvreté, réduire la mortalité infantile, infléchir la croissance démographique, favoriser l’égalité des genres et assurer le développement durable, la paix et la démocratie », a expliqué la Première dame.
À la fin de la cérémonie, Mme Keita Aminata Maiga a remis un Ciwara à l’épouse de feu Lamine Tiécoura Coulibaly en guise d’hommage aux immenses services rendus par son défunt mari à notre système éducatif, d’abord durant sa carrière en tant qu’enseignant et ses reportages et magazines réalisés.

Par Sidi Dao

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