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samedi 23 juin 2018
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Alternance à la présidence du YELEMA: Mara renonce à partir

Le Parti YELEMA, le Changement, a tenu, le samedi et dimanche dernier, dans la salle Sory BAMBA de Mopti, son 2e Congrès ordinaire, marqué par la relecture des textes du parti, le positionnement politique du parti par rapport à la majorité présidentielle, les échéances électorales locales, régionales, et du District de décembre 2017 et les élections générales (présidentielles et législatives de 2018. Le clou de la rencontre a été l’élection à la présidence du nouveau Comité exécutif central (CEC) du parti. MARA donné non partant pour la présidence a été finalement reconduit, dit-on pour un dernier mandat.

La cérémonie d’ouverture du congrès était placée sous le patronage du président du parti, l’ancien Premier ministre Moussa MARA, qui avait à ses côtés les membres du CEC, notamment les 1er, 2e, 4e et 5e vice-président, respectivement, Abdoulaye DIARRA, Youssouf DIAWARA (président de la Commission d’organisation du 2e Congrès au niveau de Mopti), Modibo CISSE, et Adama DIAKITE ( président de la Commission d’organisation au niveau de Bamako). C’était en présence du maire de la Commune de Mopti, Issa KANSAYE ; des délégués du parti, venus des régions du Mali, du district de Bamako et de la diaspora (France, USA, Canada, Russie, Gabon, Congo, Afrique du Sud, Côte-d’Ivoire, Tchad, Bénin, Togo, Niger, Burkina Faso, Ghana). On y notait aussi la présence massive des autorités coutumières, religieuses de Mopti, ainsi que les membres de la Coordination nationale des jeunes de soutien à Moussa MARA et ceux des Clubs de soutien à Issa KANSAYE. Y étaient également présents les représentants des partis amis, notamment, l’ADEMA, le RPDM, le RPM, PRVM , etc.
La cérémonie a démarré par l’exécution de l’Hymne national dans la salle Sory BAMBA de Mopti pleine à craquer.

Pari gagné pour Mopti
C’est un maire, visiblement très ému, mais enthousiaste à qui l’honneur est revenu de souhaiter la plus cordiale des bienvenues à tous les participants de ce 2e Congrès de leur parti, au premier rang desquels son président, Moussa MARA, et les autres membres du CEC, à Mopti, la Venise malienne.
Ainsi, il a vivement remercié les responsables du parti pour le choix de sa ville pour abriter cet important événement dans la vie de leur formation politique.
« Les responsables, militants et sympathisants de Mopti sont fiers de cette marque de confiance et témoignent par ma voix toute leur reconnaissance au Comité exécutif central », s’est adressé le maire à ses hôtes.
Mopti, qui veut dire rassemblement, de par sa position géographique particulière pour les échanges commerciaux, a pris rapidement une importance au temps colonial, et a été érigé en commune, le 29 décembre 1919, a rappelé l’élu local. Aujourd’hui, la ville de Mopti s’étend sur une superficie de 125 km². Elle comprend 11 quartiers avec une population estimée, en 2016, à 152 000 habitants.
Selon le maire, le 2e Congrès du parti YELEMA s’ouvre au moment où le Mali traverse une situation extrêmement difficile. Cependant, le maire s’est dit fier et confiant en notre pays le Mali, héritier d’une très longue et riche civilisation, dont il a révélé à la face du monde.
Aussi, a-t-il souligné, aujourd’hui, plus que jamais, notre pays fait face à des risques extérieurs qu’il ne contrôle plus, et qui ont des incidences sur ses choix économiques et politiques. Ces enjeux et défis auxquels notre pays est confronté de nos jours exigent, à son avis, un consensus fort autour de l’essentiel : bâtir les bases d’une économie moderne et solidaire et une citoyenneté consciente et responsable ; sans pour autant renier ses coutumes.
Pour lui, les élus et responsables politiques ont l’obligation morale et historique d’être des forces de transformation capables de soulever les jeunes générations, de libérer les initiatives, d’impliquer et de responsabiliser davantage les femmes et de porter les anciens.
À propos de Moussa MARA, dira Issa KANSAYE : « De par votre parcours, maire, ministre, Premier ministre et futur Président de la République du Mali, vous révélerez à l’Afrique et au monde que la jeunesse n’est pas un handicap pour un patriote, mais une opportunité à saisir », a-t-il témoigné.

L’état de la nation
Le président sortant du parti, Moussa MARA, a fait observer une minute de silence en hommage à toutes les victimes de la crise malienne et des responsables et militants du parti, notamment au regretté député Sidi FOMBA, élu à Barouéli.
M. MARA, après avoir remercié les responsables, militants et sympathisants pour la qualité de l’accueil à lui réservé, le vendredi depuis Barbé jusque dans la ville de Mopti ; et les membres de la Commission d’organisation pour la très grande mobilisation et les efforts consentis, à commencer par la sensibilisation et sur ce qui se passe à Mopti, en termes d’insécurité.
« Ce qui en train de se passer à Mopti menace l’existence même de notre pays, nous ne devons pas nous tromper d’appréciation ni de diagnostic », dira Moussa MARA.
Pour lui, ce n’est pas seulement une question de terrorisme et de banditisme, ni même de rébellion, c’est aussi et surtout une question qui renvoie « au contrat social entre l’Etat, l’administration, les dépositaires du pouvoir d’un côté et les populations de l’autre en rapport avec leurs besoins, leurs croyances et leurs conceptions philosophiques ».
Toujours sur ce qui se passe à Mopti, M MARA estime que la situation questionne le fondement même de l’État, son organisation, son fonctionnement et ses rapports avec les Maliens qu’il est censé servir dans la justice et l’équité.
Selon le président du parti YELEMA, les questions de paix, de sécurité et de gouvernance restent toujours en suspens.
Pire, dénonce le président sortant du parti YELEMA, l’ébullition permanente du front social dénote la difficulté des rapports entre nos gouvernants et les partenaires sociaux.
Il enfonce le clou, en soutenant que des incertitudes en termes de perspectives sont réelles.
« Les Maliens sont perdus et ne savent pas de quoi demain sera fait, cela est aujourd’hui l’un des problèmes les plus importants de notre pays. Sans perspective, il ne peut y avoir de salut pour une collectivité », a-t-il déclaré.
Pour Moussa MARA, il faut réaliser le sursaut national nécessaire pour engager le Mali dans le progrès, la prospérité, le changement, en triomphant des forces de l’inertie, des forces de la régression, du retour en arrière de ceux qui gagnent dans le statu quo, la corruption, la médiocrité, les passe-droits, le trafic d’influence, la paresse et ceux qui se battent pour eux-mêmes et contre le pays.

La vie du parti
À propos du Congrès, il a rappelé les principaux points à l’ordre du jour. Il s’agit, entre autres de la relecture des textes du parti à la lumière de son fonctionnement et des nouvelles orientations qu’ils entendent lui donner. Aussi, à travers les ateliers, les congressistes se prononcés sur des questions majeures de la nation, notamment les échéances locales, régionales et celles du District de Bamako dans un mois à préparer au mieux ; mais surtout les élections générales (présidentielle et législatives de 2018 qui seront cruciales pour le pays et le parti YELEMA. De même, les congressistes se sont également prononcés sur leur rapport avec la majorité présidentielle suite à la suspension de la participation de YELEMA aux activités de ce regroupement.
Le président du parti a profité de l’occasion pour vanter les mérites du CEC pour non seulement la tenue régulière de toutes les réunions et instances du parti, mais surtout pour l’implantation du parti tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ; sans oublier la participation du parti YELEMA à toutes les dernières élections nationales. L’ex PM s’est félicité des résultats engrangés par son parti qui n’a que 7 ans d’existence : 15 maires et plus de 400 conseillers lors des dernières élections communales. Autre satisfaction de Moussa MARA : « Seulement 130 millions de FCFA dépensés lors de ces élections pour tout le pays alors que d’autres ont dépensé quelques fois 100 millions pour une seule commune ».
Toutefois, reconnaît volontiers M. MARA, le CEC a eu quelques difficultés qui seront analysées afin d’y trouver des solutions. Ces difficultés ont pour noms : la mobilisation de ses membres sur tous les chantiers majeurs du parti, l’assiduité aux réunions ou la pleine implication et surtout la participation financière collective de certains membres à la vie du parti. Il a cité aussi l’intégration dans le parti de nouveaux cadres voulant aider en militants activement ou en contribuant intellectuellement aux programmes et activités du parti.
Voilà pourquoi Moussa MARA a exhorté ses camarades à promouvoir surtout l’excellence et le mérite ; et donner des responsabilités à ces membres performants et dévoués, notamment ceux qui ont démontré leur efficacité, à travers des résultats tangibles.
« Nous devons cultiver l’alternance et la redevabilité si nous voulons obtenir l’alternance au niveau de la gestion du pays. On ne peut clamer quelque chose à l’extérieur et faire le contraire à l’intérieur », a prêché le président sortant du parti YELEMA.
A la fin des travaux du congrès de Mopti, Moussa Mara a été reconduit à la tête d’un nouveau Comité exécutif central de (CEC) de 83 membres pour un mandat de 3 ans.
Le congrès a en outre décidé du retrait du parti de la Coalition de la majorité présidentielle (CMP) et de l’APM, mais décide de ne pas aller à l’opposition. Parmi les recommandations, on note également la création prochaine des mouvements des femmes été des jeunes au sein du parti.
Le président de YELEMA a dénoncé également l’incapacité du régime à pouvoir satisfaire les attentes des Maliens avant d’annoncer la création prochaine d’un vaste mouvement pour la présidentielle de 2018.

Par Sékou CAMARA
Envoyé spécial à Mopti




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