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samedi 24 octobre 2020
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Appel à manifester: faut-il croire au Mollah ?

En amalgamant le spirituel et le temporel, le Mollah devenu leader par défaut, en tout cas prenant un goût intempérant au populisme, se fourvoie et sombre dans les caniveaux putrides de l’obreption pour sa défense. Pourtant, certaines étrangéités laissent croire qu’un Mollah ne survit pas à son biotope amphigourique. Alors malice et duperie sont appelées en renfort, mais il s’accroche.

Le 29 Février, lors de son meeting, au Palais de la culture, emporté par un élan populiste, l’Imam a péché par démesure ou par déraison ; mais son message est suffisamment ambigu et équivoque pour que chacun ait le droit de le recevoir et de l’interpréter selon ses prédispositions. Ainsi est la nature humaine. Habitué à battre les estrades, à diffuser les messages des sensibles, le Guide sait que la communication, même religieuse, obéit à des règles d’objectif, de netteté.

Le point d’achoppement

Le point d’achoppement de sa sortie qui n’en finit plus de faire des vagues est le mot d’ordre de la manifestation de ce jour vendredi 6 mars 2020. ‘’Sur toute l’étendue du territoire national, hommes et femmes, jeunes et vieux, que tout le monde sorte le vendredi prochain. Il faut que nous nous levions pour nous-mêmes. Même s’il nous faut prendre des cailloux. Personne ne pourra gérer ce pays à sa guise, sans notre accord.

Le Mali compte 20 millions d’habitants. Si nous nous mobilisons tous, certains mourront et d’autres vont survivre, s’il plait à Dieu. Vous avez peur de la mort ? Chaque citoyen doit se lever, que chacun fasse ce qu’il peut faire : que ceux qui ont des bâtons les prennent, ceux qui ont des haches prennent leurs haches. Que l’on fasse tout ce qu’on peut faire. Que ceux qui sont au pouvoir nous parlent un langage compréhensif’’. Tel est le message servi. Qui est-ce qu’il faut alors combattre, le régime, dont la corruption, est le mode de gestion ou les jihadistes incarnés par Iyad et Amadou KOUFFA ? Là réside justement le quiproquo.

Sous la menace d’une convocation au Tribunal de la Commune V, le Mollah tente de sauver les meubles et reprécise sa pensée ; mais aucun acte de contrition de transparaît.

« J’ai lancé un appel au calme et à la retenue. On veut nous faire porter une chaussure qui n’est pas la nôtre. Nous ne sommes pas les ennemis du pays. Nous n’allons pas mettre le feu à notre patrie ; nous n’allons pas détruire le pays », telle est la substance du message rectificatif. Mais est-il plus explicite quant à la cible désignée pour les moudjahidines ? Le constat est d’évidence que non.

Pourtant, par la magie des sous-entendus, l’Imam aurait invité à opposer la résistance à ceux qui veulent imposer un Islam aux Maliens qui n’ont rien à apprendre de qui ce soit en la matière. Il y a de quoi rasséréner le pouvoir qui n’a pas tardé à réagir à travers son bras judiciaire.

Toutefois, le brouillamini persiste quant au substratum du message. Selon nos sources, c’est la raison de la persistance des autorités pour une affirmation claire, nette et sans fioritures de la pensée de l’Imam sur la chaîne nationale, ORTM. C’est dire qu’au-delà des rodomontades, l’affaire était vraiment corsée. Ainsi, l’appel à manifester devant le Tribunal de la Commune V et les fuites organisées au sujet de la visite sécrète de Tiébilé DRAME chez l’Imam peuvent être perçus comme des pare-feu.

Les loufoqueries

En tout état de cause, il y a des paradoxes stupéfiants et des loufoqueries.

D’abord, c’est le socle de sa défense, le Mollah invite à résister aux jihadistes. Alors comment peut-il demander une trêve à Iyad et Amadou KOUFFA pour donner une chance aux discussions, tout en leur déclarant la guerre ? ‘’J’ai lancé un appel aux djihadistes puisque le pays tout entier est d’accord pour qu’on parle avec eux. Mais on ne peut pas parler, en même temps qu’il y a des tueries, des camps qui sont attaqués par-ci par-là. Il faut que eux, de leur côté, acceptent qu’il y ait une trêve, montrent un signe de bonne volonté. C’est ça vraiment le sens de l’appel’’ a expliqué l’Imam à la presse, au terme du meeting. Abracadabrantesque son double appel à prendre les armes, d’une part, taire les fusils, d’autre part ?

Comment peut-il engager des Maliens munis de bâtons, de haches à affronter à affronter des jihadistes lourdement armés (de vraies armes de guerre), sans y associer les Forces de défense et de sécurité dont c’est la mission régalienne ? Pis, connaît-il leurs positions exactes ? Parce qu’à Bamako, les manifestants ne rencontreraient ni Iyad ni KOUFFA sur leur chemin. Oserait-il envoyer des civils désarmés à la boucherie sous le prétexte que le peuple malien n’a jamais accepté la soumission ?

Comment Issa Kaou N’DJIM, son porte-parole et porte-parole de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam DICKO peut-il maintenir son appel à renverser le régime (‘’on ne casse pas, on ne brûle pas, mais on va demander démocratiquement à IBK de démissionner. À bas IBK ! Vive le Mali ! Vive la démocratie ! Oui, à bas IBK !’’) ; alors que lui lance un appel à la retenue ? Il y a une forte odeur de jeu de rôle sur fond d’entourloupe. C’est en tout cas la nette impression qui se dégage.

Reculade de l’Imam DICKO dans son épreuve de force engagé contre le régime ou simple sursis accordé au président IBK et à son régime par le désormais intouchable Imam Mahmoud Dicko ? La version de l’histoire du vainqueur du moment voudrait que ce soit une courte période de répit dans la mise en œuvre du combat du très respecté Imam.

LA RÉDACTION




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