Search
samedi 24 octobre 2020
  • :
  • :

Appel à la trêve de Mahmoud Dicko: flagrant délit de banditisme religieux

Suite au communiqué du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, rendu public ce dimanche 8 mars 2020, annonçant sa disponibilité au dialogue sous réserve du départ des forces françaises, les partisans endoctrinés de l’Imam Mahmoud DICKO se sont empressés de crier victoire sur les réseaux. Voyant dans cette annonce une aubaine pour mettre faire passer leur mentor comme celui par lequel le salut est venu, ils ont largement partagé ses qualités de fin négociateur et du crédit dont il jouit auprès de Iyad Ag Ghaly et de Amadou Kouffa. Dans une affligeante récupération politicienne, ils tentent de convaincre les Maliens que c’est à leur Guide que ces derniers ont répondu et lâché du lest. Comme si demander le départ de la France, à laquelle Mahmoud DICKO ne pardonne pas pour le rôle qu’elle a joué dans son limogeage, était une bénédiction pour le Mali.

Si c’était une réponse à l’Imam DICKO, le Groupe djihadiste aurait donné une suite à son appel de trêve. Mais que nenni !

La vérité c’est que, selon plusieurs érudits avec lesquels nous avons échangés, Mahmoud DICKO a fait plus qu’un bluff, un banditisme religieux. Pour revenir dans le jeu, l’Imam qui ne souffre pas d’être à l’écart a orchestré cette sortie et lancé à la hussarde cette demande de trêve pour faire du baga-baga, se jouer de la République, agacer son ami qui, il sait, va reculer… Mahmoud DICKO qui sait aussi sur quel bouton appuyer, savait bien que sa demande était sans objet. Sinon, il faudrait bien se demander comment il a été Imam.

C’est quoi les mois sacrés ?

Dans le Saint Coran, il est écrit :

1. «Auprès d’Allah, et tel qu’il fut prescrit dans son Livre le jour où Il créa les cieux et la terre, les mois sont au nombre de douze, dont quatre sont sacrés. Telle est la religion droite. Ne soyez donc pas injuste envers vous-même pendant ces mois. Livrez combat, tous ensemble, à tous les associateurs, comme ils vous livrent combat, tous ensemble, et sachez qu’Allah est avec ceux qui le craignent. » (Coran 9/36)

2. « Ô les croyants ! Ne profanez ni les rites d’Allah, ni le mois sacré, ni les animaux de sacrifice, ni les guirlandes, ni ceux qui se dirigent vers la Maison sacrée cherchant de leur Seigneur grâce et agreement. » (Coran 5/2).

3. « Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. Dis : «Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants. » (Coran 2/217).

Selon Abu Bakrata, le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit : « le temps a repris son cours tel qu’il était quand Allah créa les cieux et la terre : l’année compte douze mois dont quatre mois sacrés ; Trois se succèdent et sont Dhul-Qi’da, Dhul Hidjja et Muharram et le quatrième qui est Rajab est le mois qui se trouve entre Djumâda et Cha’bân. » (Boukhari et Mouslim)

Pour cette année, les mois de Radjab a commencé le 25 Février 2020, Dhoul Qi’dah débutera le 22 Juin 2020 et Dhoul Hidjah, le 22 Juillet 2020.

Ce qui est permis au cours de ces mois sacrés ?

Le jeûne et les actions vertueuses sont recommandés au cours de ces mois en vertu des hadiths suivants:

Le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) recommanda à Abu Umâma al Bâhilî de multiplier le jeûne au cours des mois sacrés lorsqu’il lui dit : «Jeûne et mange pendant les mois sacrés.» (Rapporté par Abû Dâwûd)

Il a été rapporté de façon authentique que le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit que le jeûne effectué pendant le mois de Muharram est le meilleur jeûne après celui de Ramadan. A ce propos, Abu Hurayra (Radhia Allahou Anhou) a dit « le meilleur jeûne après celui du Ramadan est le jeûne effectué pendant le mois d’Allah, Muharram. Et la meilleure prière faite après la prière obligatoire est celle effectuée au cœur de la nuit. » (Mouslim)

Le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit : « Je compte sur Allah pour que le jeûne observé le jour de ‘Arafa expie les péchés commis pendant l’année précédente et l’année suivante et pour que le jeûne du jour de ‘Achûra expie les péchés commis pendant l’année précédente. » (Mouslim)

Il est à noter que le jour de Arafa est le 9ème jour de Dhul-hijja et que le jour Achûra est le 10ème de Muharram

Le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit à propos des dix premiers jours de Dhul-hijja : « Il n’y a pas d’œuvres meilleures que celles faites en ces 10 jours. » Les Compagnons dirent : « Même pas le Jihâd dans le sentier d’Allah? » Il dit : « Même pas le Jihâd, sauf un homme qui sortirait risquant sa vie et ses biens et qui ne reviendrait avec rien (c’est-à-dire qu’il y perdrait sa vie et sa fortune). » (Rapporté par Boukhari)

Il convient donc de faire pendant ces mois le maximum d’actes méritoires et d’invocations et d’éviter autant que possible les actes blâmables

Ce qui n’est pas permis au cours de ces mois sacrés ?

Les Arabes de l’époque préislamique s’interdisaient la guerre pendant les mois sacrés. Ils considéraient ces mois comme un temps de trêve absolument sacré et suspendaient tous les conflits, même ceux qui étaient les plus féroces. Chacun s’évertuait à ne point causer de tort à son prochain et surtout à ne point verser son sang.

Le Coran et la Sunna ont donc confirmé le caractère sacré de ces quatre mois comme le démontrent les versets et le hadith susmentionnés.

Comme nous venons d’entrer dans le premier des trois mois sacrés qui se succèdent, nous allons essayer de passer en revue quelques-uns des comportements que le musulman doit adopter au cours de ces mois.

Les péchés qui y sont commis sont plus graves et les bonnes œuvres bien mieux récompensées.

En effet, Ibn Kathîr, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans son exégèse à propos de : «Ne soyez donc pas injuste envers vous-même pendant ces mois» : « C’est-à-dire durant ces mois sacrés, car se faire du tort à soi-même est plus considérable et plus grave durant ces mois que durant les autres, tout comme les péchés dans l’enceinte de La Mecque sont plus graves en raison de la Parole d’Allah, exalté soit-Il, qui dit (sens du verset) :

« […] Quiconque cherche à y commettre un sacrilège injustement, Nous lui ferons goûter un châtiment douloureux » (Coran 22/25).

Lors des mois sacrés, les péchés sont donc plus considérables. C’est pour cette raison que la Diyya (prix du sang), selon l’école jurisprudentielle de l’Imam al-Châfi’î ainsi que selon la plupart des oulémas, y est plus importante que d’ordinaire et il en est de même pour le péché de celui qui tue dans l’enceinte de La Mecque ou tue une personne en état de sacralisation. De plus, il a été rapporté que Qatâda a dit : « L’injustice commise durant les mois sacrés est un péché plus grand que l’injustice commise en dehors de ces mois, même si l’injustice est de toute façon un péché considérable, car Allah, exalté soit-Il, exalte ce qu’Il veut ».

Al-Qurtubî, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Ne faites pas de tort à vous-mêmes durant ces mois en commettant des péchés, car si Allah, exalté soit-Il, exalte une chose sous un aspect particulier, elle devient alors sacrée sous cet aspect et s’Il l’exalte sous deux ou plusieurs aspects, son caractère sacré devient alors multiple et la punition pour une mauvaise action y est alors doublée tout comme la récompense pour une bonne action. Celui qui obéit à Allah, exalté soit-Il, lors du mois sacré, dans la région sacrée (La Mecque), sa récompense n’est pas la même que celui qui Lui obéit durant un mois ordinaire et dans une région autre que La Mecque. Allah, exalté soit-Il, a indiqué cela par Sa Parole (sens du verset) :

« Ô femmes du Prophète ! Celle d’entre vous qui commettra une turpitude prouvée, le châtiment lui sera doublé par deux fois ! Et ceci est facile pour Allah » (Coran 33/30).

Comme on le voit, le grand érudit qu’est Mahmoud DICKO, sait très bien que pendant ces mois-là, les moudjahidines observent une trêve, bondit sur l’occasion pour demander la trêve. Comme ça au bout de quelques jours, s’il n’y a pas d’attaque, lui et ses partisans crieront victoire sur tous les toits en disant que l’appel à la trêve du très respecté Imam a été entendu.

Si leur banditisme religieux prospère, sachant bien que beaucoup d’entre nous ne sont pas des experts en exégèse du Coran et des hadiths, ils presseront le pouvoir qui recule à tous leurs coups pour mettre l’Imam dans les pieds de Dioncounda. Mais voilà, grâce à la vigilance de beaucoup d’observateurs qui cherchaient à comprendre les vraies raisons de son agitation le pot aux roses est découvert, et la manipulation éventrée.

Ce n’est peut-être pas interdit de mettre son potentiel au service de son agenda politique, mais se servir de la religion pour des coups bas et des manipulations politiques, n’est certainement pas l’honneur d’un homme de Dieu.

Affaire à suivre.

LA RÉDACTION




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *