Search
samedi 18 novembre 2017
  • :
  • :

Application de l’Accord: les exigences de la CME

La Coordination des mouvements de l’entente (MSA, CPA, CJA, FPA, MPSA, CMFPR2) a organisé, le samedi 11 novembre dernier, une concertation inter mouvements au CRES de Badalabougou. Les travaux étaient présidés par le secrétaire général de la CPA, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun.

L’objectif de cette concertation de la Coordination des mouvements de l’entente (CME) était d’aboutir à l’élaboration d’une déclaration appelée ‘’la déclaration de Bamako’’ ; d’adopter le règlement intérieur ; et de décider des hommes qui doivent conduire aux destinées de la Coordination.
Dans ses mots d’ouverture, le secrétaire général de la CPA a expliqué le rôle joué par les groupes armés qui composent la CME depuis les négociations d’Alger jusqu’à la signature de l’Accord. Selon Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, les difficultés ont commencé suite à la volonté affichée de la composante de la CMA qui a signé l’Accord de paix le 20 juin d’empêcher celle qui a signé le 15 mai, notamment la CPA et la CMFPR2 de siéger au Comité de suivi de l’Accord (CSA). Selon ses explications, cette volonté d’exclure des parties prenantes de l’Accord a fait bloquer la mise en œuvre de l’Accord pendant 8 mois. Pour arriver à débloquer la situation, rappelle-t-il, il a fallu qu’un Comité de soutien ministériel se tienne à Alger pour dire que les articles 58 et 67 doivent être appliqués et qu’il ne peut y avoir une quatrième partie avec la naissance de la COMPIS 15.
« Un comité de suivi s’est réuni à Bamako pour mettre en place un comité ad’hoc présidé par le Président Pierre BUYOYA qui a résolu la question de l’inclusivité en arrêtant que le principe des trois parties est inviolable tout en reconnaissant que l’inclusivité est un principe non violable. Pour ce faire, il a été demandé aux groupes composant la COMPIS 15 de s’inscrire librement dans la CMA ou dans la Plateforme », a expliqué Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun.
Il a déploré que malgré cette décision qui était sensée résoudre la situation, la CMA a continué à jouer la carte de l’oreille sourde par rapport aux droits des mouvements qui ont adhéré ses rangs. Pour lui, le comportement de la CMA d’écarter ces groupes armés donnait l’impression comme s’il y avait un gâteau à partager, donc il fallait tout faire pour réduire les convives. « Ceux-ci ont oublié que ce sont des populations et des aspirations légitimes que les groupes armés défendent en se disputant les sièges, les places et les postes », a fustigé le secrétaire général de la CPA.
Le président de séance a déclaré qu’aujourd’hui la Coordination des mouvements de l’entente n’attend plus rien de la CMA et de la Plateforme. « Nous avons les mêmes droits dans l’Accord, nous avons des rapports de forces s’il le faut, nous sommes civilisés, nous sommes Maliens et nous savons ce que nous voulons pour nos populations et pour ce pays », a-t-il lancé.
Il a par ailleurs rappelé que la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a séjourné dans notre pays, du 19 au 23 octobre, avait instruit dans son communiqué qu’une solution soit trouvée rapidement à cette situation pour que l’Accord soit mis en œuvre en n’excluant personne.
Selon lui, le président du CSA, Hamed BOUTACHE, avait lui aussi pris l’engagement qu’à partir de la 21e session du CSA si les parties ne prennent pas des dispositions pour garantir le principe de l’inclusivité, la médiation s’en chargera et mettra toutes les parties dans leur droit.
Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun a affirmé qu’à part les discours rien n’a bougé et que le Gouvernement organise régulièrement les réunions en invitant la CMA et la Plateforme sans la participation des mouvements qui constituent la CME. Pour lui, il est impossible de mettre en œuvre l’Accord pour la paix sans la participation des mouvements de la CME. « Le Gouvernement met en doute notre détermination, mais nous pouvons aller très loin par rapport aux droits des populations et par rapport aux engagements pris vis-à-vis des groupes armés dans l’Accord », a menacé le secrétaire général de la CPA.

PAR MODIBO KONE




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *