Application de l’Accord pour la paix: le satisfecit de Ban ki-Moon à IBK

2

Le dernier Rapport trimestriel du Secrétaire général de l’ONU sur la situation au Mali a été publié le 29 septembre dernier. Nonobstant certaines inquiétudes, Ban Ki-Moon y décerne un satisfecit au Président IBK pour les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.

Autant sur le plan des mesures politiques et institutionnelles que des mesures de défense et de sécurité, d’importantes avancées ont été accomplies au cours de ces trois derniers mois. Ce qui est à l’actif et à l’honneur du Président IBK qui disait dans son discours de lancement de campagne : « si vous me donnez votre confiance, l’une de mes priorités sera la réconciliation nationale. Je veux recoudre le tissu national, abîmé, déchiré par des mois de crise ».
La reconnaissance du Secrétaire général de l’ONU illustre bien que le chef de l’État est en train de joindre l’acte à parole. ‘’Je me réjouis à cet égard de la volonté sans faille du Président Keïta et de son gouvernement d’appuyer le processus de paix’’, a-t-il déclaré.

Des actes concrets
Il ne s’agit aucunement pour le Secrétaire général de l’ONU de caresser l’ego d’un Président dont le pays sort de crise. La preuve est qu’il donne des exemples d’actes concrets qui font avancer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.
Ban Ki-Moon cite la nomination de Mahamadou DIAGOURAGA comme Haut-Représentant du chef de l’État pour l’application de l’Accord, le 15 juin 2016. C’est justement ce dernier que le Président IBK a chargé de faire la médiation entre la Plateforme et la CMA lorsque le différend les opposant a pris une tournure purement communautaire qui mettait entre parenthèses la mission des Nations-Unies et la Médiation internationale. Même si la tension existe encore entre les deux mouvements, il n’en demeure pas moins que d’intenses efforts ont été fournis.
Un autre coup de pouce du Président IBK à l’Accord pour la paix et la réconciliation est la signature de l’Entente avec les deux mouvements armés (Plateforme et CMA). À cet effet le secrétaire général de l’ONU écrit : ‘’je prends note avec satisfaction de la signature, le 19 juin 2016, par le Gouvernement malien, la CMA et la Plateforme, d’un accord qui définit les modalités de la mise en place d’administrations provisoires dans les cinq régions du nord’’.

Des annonces rassurantes
Il faut rappeler que depuis le 25 juillet dernier, le Gouvernement avait annoncé que des moyens avaient été mobilisés pour installer sans tarder les autorités intérimaires.
Aussi a-t-il invité instamment la CMA et la Plateforme à désigner rapidement leurs candidats. C’était lors de la session du Comité de suivi de l’Accord en présence des membres de la Plateforme et de la CMA dans la capitale.
L’annonce d’élections est un autre motif de satisfaction pour le Secrétaire général. Il dit dans son rapport : ‘’je me félicite de l’annonce d’élections prochaines au Mali. (…) Le 28 juin, le Gouvernement a annoncé que les élections locales et régionales se dérouleraient au premier trimestre 2017, l’élection présidentielle en juillet 2018 et les élections législatives en novembre 2018’’.
Dans le souci de réaliser les nécessaires réformes, pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, ‘’le 4 juillet 2016, le Gouvernement a entamé la révision de la Constitution de 1992’’.
Le 9 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi électorale. Auparavant, le Code des collectivités avait été voté.
Depuis la tribune de l’ONU, à New York, où il intervenait devant le Conseil de sécurité, le Président IBK a tranché une question importante : la Conférence d’Entente Nationale se tiendra d’ici fin 2016.
Selon l’Accord, elle sera organisée en vue ‘’ de permettre un débat approfondi entre les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes du conflit. Ce débat aura à prendre en charge, entre autre, la problématique de l’Azawad. Il devra dégager les éléments d’une solution devant permettre au Mali de transcender sa douloureuse épreuve, de valoriser la contribution de ses différentes composantes à l’identité du pays et de promouvoir une véritable réconciliation nationale. Une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale sera élaborée, sur une base consensuelle, en vue de prendre en charge les dimensions mémorielle, identitaire et historique de la crise malienne et de sceller son unité nationale et son intégrité territoriale’’.

La ferme détermination
Au titre des mesures de défense et de sécurité, Ban Ki-Moon s’exprime ainsi : ‘’je prends note également des progrès accomplis dans la mise en œuvre des dispositions relatives à la sécurité, y compris du Mécanisme opérationnel de coordination, ce qui permet d’envisager le lancement de patrouilles mixtes dans les régions de Gao, Kidal et Tombouctou’’.
Pour matérialiser sa volonté de booster le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), le Gouvernement, à travers le ministère de la Défense et des anciens combattants, a remis le 8 avril dernier, au chef d’état-major général des armées 42 véhicules pick-up flambant neufs.
Avant cette remise, le Gouvernement avait décidé de mettre en place un fonds d’environ 315 millions de nos francs devant permettre le fonctionnement du MOC.
Il a aussi été convenu que chacune des parties (Gouvernement, Plateforme, CMA) contribue à hauteur de 200 hommes pour l’opérationnalisation des patrouilles mixtes qui débuteront par la région de Gao.
‘’Le MOC est chargé de planifier et de conduire les patrouilles mixtes incluant des éléments des forces armées et de sécurité maliennes et des éléments de la Coordination et de la Plateforme avec, si nécessaire, et si possible, l’appui de la MINUSMA et des forces internationales en présence (modalités et calendrier de patrouilles par zone à définir par le MOC)’’, selon l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Il ‘’est également chargé de planifier et coordonner toutes les actions et mouvements des combattants pour toute la durée du processus de cantonnement’’, stipule le même Accord.

Par Bertin DAKOUO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *