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samedi 24 octobre 2020
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Application de l’article 39: l’appel à la mobilisation générale demain

Dans le cadre de la satisfaction de son unique doléance relative à l’application de l’article de 39 de la loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant statut du personnel enseignant, les établissements scolaires (fondamental et secondaire) ont été le cadre d’Assemblées générales d’information des enseignants à la demande de leur collectif. Il s’agit d’une manière pour les responsables de la synergie des enseignants de préparer les esprits pour la réussite de la marche pacifique de ce jeudi à Bamako et à l’intérieur du pays.

La journée de ce 11 février 2020 a été marquée par des assemblées générales d’information dans les établissements scolaires publics, dans la capitale et dans de nombreuses localités du pays, selon des échos qui nous sont parvenus. À l’ordre du jour : l’application de l’article 39 de la Loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant statut du personnel enseignant qui stipule: « toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du Statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et Spéciale ». L’occasion était bonne pour les responsables syndicaux de faire le point des négociations avec le gouvernement et d’appeler les militants à la mobilisation pour la réussite de ce combat noble.

État des négociations
Selon le document concocté par le Collectif des syndicats signataires du 15 octobre 2016, dont nous sommes procurés une copie sur les réseaux sociaux, les 12, 14 et 15 décembre 2019 se sont tenus les travaux de la commission de conciliation sur le préavis de grève des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, dans la salle de conférence du ministère de l’Éducation nationale.
Tout au long des travaux, la partie gouvernementale, a mis l’accent sur la situation sécuritaire et financière du pays, le nombre pléthorique des enseignants tout en insistant sur la non-soutenabilité budgétaire de la demande des syndicats, précise le document du collectif.
Ainsi, la partie gouvernementale a maintenu sa proposition faite lors des travaux tenus en novembre 2019, c’est-à-dire l’octroi d’un indice plafond de 1100 en 2020 et de 1200 en 2021.
À toutes ces propositions, les syndicats ont opposé les arguments suivants : « on ne négocie pas une loi ; les questions sécuritaires, financières et l’effectif des enseignants ne pourront être des arguments en faveur de la non-application d’une loi ».
Aussi, les syndicats ont rappelé les promesses du Premier ministre, Chef du Gouvernement, ministre de l’Économie et des Finances, faites le 04 octobre 2019, lors de la rencontre qu’il a bien voulu accorder aux syndicats à la Primature. Ils ont souligné que ces promesses ont été renforcées par le Président de la République qui a demandé au Premier ministre de satisfaire les revendications des syndicats, le 05 octobre 2019, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des enseignants.

Que propose le gouvernement ?
Selon les responsables syndicaux, le gouvernement propose aux enseignants les indices plafonds suivants : 1100 en 2020 ; 1200 en 2021.
Dans l’argumentaire développé par la synergie des enseignants, 1100 est insignifiant sachant bien que l’indice plafond des enseignants est de 1060.
Pour le Collectif, la proposition gouvernementale en pourcentage est : « Taux= (1100-1060)/1060 = 40/1060 = 0,037 7= 3,77 % ».
Les syndicats enseignants demandent au gouvernement d’appliquer l’article 39 sur la grille annexée à leur statut conformément aux 20 % et 9,10 %. C’est-à-dire : « - En 2019 : 1060 X 1.20= 1272 ; – En 2021 1272X1.09 = 1386 ».

« À la place de 1272 à compter de 2019, le gouvernement nous propose donc 1100 à compter de 2020 et à la place de 1386 en 2021, il nous propose 1200 », déplorent-ils.
Selon le collectif, le gouvernement se dit prêt à appliquer l’article 39 ‘’en nous proposant 3,77 % en lieu et place de 20 % et qu’on a refusés. Cela est un mensonge d’État’’.
En termes clairs, précise-t-on, le gouvernement est dans la dynamique de ramener les enseignants de façon subtile dans le statut général et de leur faire perdre les acquis syndicaux obtenus depuis 2018, dénonce la synergie.

Recrutement des volontaires
Les Assemblées générales tenues ce mardi ont largement évoqué le recrutement des volontaires (15 300 contractuels issus des écoles professionnelles de formation des maîtres et enseignants retraités) annoncé par le gouvernement pour suppléer les enseignants grévistes.
À l’intention des sortants des écoles de formation d’enseignants (IFM, ENSup, ENETP…) cibles de ce recrutement volontaire, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 attirent l’attention sur la noblesse du combat qu’ils mènent. Ce combat, soutiennent-ils, vise à rendre à la fonction enseignante toute sa splendeur.
À ce titre, ils les informent que les agissements du gouvernement visant à les utiliser comme des palliatifs à la crise en cours n’ont d’autre objectif que de saper la détermination des enseignants à restaurer la dignité de l’enseignant malien.
Aussi, informent-ils les enseignants retraités que vouloir accepter de participer à cette ignominie, c’est contribuer à torpiller la loi qui a revalorisé leurs pensions.
Pour les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, cet exercice du gouvernement n’a aucun fondement juridique et viole l’article 30 de la Loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant statut du personnel enseignant. Mieux, indique la synergie des enseignants, ce n’est qu’une mise en scène dans laquelle les nouveaux et les anciens enseignants seront utilisés comme des acteurs pour tromper l’opinion nationale.
À cet effet, les enseignants appellent chacun à son sens de responsabilité et surtout les sortants des écoles de formation qui sont les futurs bénéficiaires de cette lutte.
Marche nationale pacifique
Le Collectif des syndicats de l’éducation signataire du 15 octobre 2016 informe l’ensemble des militantes et militants qu’il a décidé d’organiser une marche nationale pacifique qui se tiendra le jeudi 13 février 2020 sur toute l’étendue du territoire national.
Pour ce faire, il invite les militantes et militants à une mobilisation générale autour de cet événement dont la réussite dépend de leur sortie massive partout où ils sont.
À cet effet, il invite les responsables syndicaux au niveau régional et local à prendre toutes les dispositions nécessaires à la réussite de cette marche hautement capitale.
«Nous constatons tout simplement que l’école des enfants des pauvres n’est pas une priorité pour les autorités du Mali », a regretté Adama FOMBA, Porte-parole des syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016.
Si le gouvernement a une importante part de responsabilité dans cette crise, le drame aujourd’hui est le comportement des enseignants qui se croient totalement innocents. Sachant bien que les enfants sont les perdants de cette situation et non le gouvernement, encore moins le Président de la République. Ils semblent jouer à la victimisation.

Par Sidi DAO




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