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vendredi 25 mai 2018
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Arène politique: le CNID quitte la majorité présidentielle

Depuis son compte Twitter, le président du parti CNID- FYT, Mountaga TALL, a annoncé, hier lundi, la suspension de la participation de son parti aux activités de la Convention de la majorité présidentielle (CMP) à six mois de la présidentielle de 2018. Cette décision intervient après celle du parti Yéléma de Moussa MARA et du CAP de Racine THIAM qui ont tous claqué la porte de la grande famille de la convention de la majorité présidentielle.

Le parti CNID-FYT n’est plus membre de la Convention de la majorité présidentielle créée pour soutenir les actions du président de la république, Ibrahim Boubacar KEITA (IBK), pour son premier quinquennat. À moins de six mois de la présidentielle de juillet prochain, le camp de la majorité se rétrécit. La majorité des membres de la CMP sont des partis politiques qui ont soutenu le président Ibrahim Boubacar Keita au second de la présidentielle de 2013 contre Soumaila CISSE.
Le président Mountaga TALL a annoncé la nouvelle du départ de son parti sur Twitter.
« Sur décision du Comité Directeur, le CNID-FYT suspend sa participation à la Convention de la Majorité Présidentielle (CMP) », peut-on lire sur le post du patron du parti du soleil levant, un des alliés du régime pour avoir été deux fois ministre du pays dans les gouvernements successifs du président IBK. Me TALL a été tour à tour l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique puis de l’Enseignement supérieur avant d’occuper le portefeuille de l’Économie numérique, porte-parole du gouvernement.
« Par honnêteté et éthique. La CMP a été créée pour le mandat en cours qui tire vers sa fin. Aucun engagement n’a été pris pour un autre mandat. Il ne serait pas loyal d’attendre le dernier moment pour se retirer. Et envisager autre chose », a ajouté Mountaga TALL.
Il a également commenté cette décision dans le sens d’une anticipation des prochains enjeux électoraux.
Selon plusieurs sources, le parti présentera son candidat au prochain scrutin présidentiel, dont la tenue à date constitue un défi lancé au gouvernement par les partis de l’opposition. Ils y voient tout éventuel dépassement du terme comme une mauvaise foi du régime, malgré le contexte sécuritaire tendu dans le nord et centre du pays.
Ce recadrage de position du CNID FYT intervient alors que rumeurs les plus folles font état d’une froideur dans les relations entre le parti du Soleil levant et Koulouba. Pour nombre d’observateurs, cette décision de Me TALL et de son parti est loin d’être surprenante depuis sa sortie du gouvernement Abdoulaye Idrissa MAIGA.
La méfiance entre ces désormais ex-alliés est d’autant plus patente que depuis la tentative de révision avortée de la constitutionnelle du 25 février 1992, Me TALL ne cessait de surprendre par ses positions les plus ambigües à l’encontre de son camp. À l’époque, le CNID-FYT était parmi les partis politiques de la majorité présidentielle à proposer une deuxième lecture du projet de révision de la loi Fondamentale en vue de prendre en compte certaines préoccupations jugées légitimes des opposants.
Après ce processus, l’atmosphère est devenue plus explosive entre le CNID et la CMP, notamment Koulouba, suite à son refus de participer au gouvernement de Soumeylou Boubèye MAIGA. Me TALL n’a pas également hésité de dénoncer les campagnes de distribution de cahiers aux élèves à l’effigie d’hommes politiques, lors de la rentrée scolaire dernière.
« À la suite de consultations officielles, le CNID – FYT et moi-même avons décidé de ne pas participer au prochain gouvernement. Nous saluons la décision républicaine de nous consulter. Bonne chance à la nouvelle équipe. Que Dieu bénisse le Mali », avait écrit Mountaga TALL, le 29 décembre dernier toujours sur son compte Twitter.
Forte de plus de 60 partis politiques, la Coalition de la Majorité perd des alliés, à quelques mois de la présidentielle de 2018. Avant, le CNID-FYT, d’autres partis politiques comme ADP-Maliba, Yéléma et CAP avaient claqué la porte du regroupement. Si Yéléma ne s’est affilié à aucun bord politique, le parti CAP a intégré l’Union pour la république et la démocratie (URD).

Par Sikou BAH




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