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lundi 18 décembre 2017
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Armée: le spectre d’un éternel recommencement

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, l’avait annoncé lors de sa déclaration de candidature : « Ma deuxième priorité, aussi pressante que la première, sera votre sécurité. Car, aucun pays ne peut se développer dans la peur, aucun pays ne peut entamer sa marche en avant si les biens et les personnes ne sont pas sécurisés. Pour l’honneur du Mali, je rétablirai la sécurité sur l’ensemble de notre territoire. Je serai le garant de la sécurité de tous les maliens. Mais aussi, des étrangers qui viennent sur notre territoire et dont l’appui nous est décisif. Pour moi, la sécurité n’a pas de prix.  Pour la garantir, je veux reconstituer une capacité de défense et de surveillance du territoire. Désormais, aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat ». Les occasions n’ont pas manqué après son élection où il a réitéré son attachement  la sécurité de ses compatriotes.

Sans tambour ni trompette, l’acte a été lié à la parole à travers le binôme réarmement moral et matériel de nos forces de défenses et de sécurité.

Sur le premier point, l’on a assisté à une multiplication exceptionnelle des centres d’instruction à travers le pays.

Sur le second point, sans qu’on ne puisse dire que les Fama ont atteint le niveau d’équipement des puissances militaires, elles devraient pourtant saluer une nette amélioration de leurs conditions en la matière depuis quelques mois. Dans cette veine, il convient juste de souligner que depuis deux jours, les officiers et hommes du rang sont en train de prendre possession de leur paquetage. Les premiers ont bénéficié chacun, apprend-on, de deux tenues et de quatre paires de chaussures. Quant aux seconds, nous indiquent les mêmes sources, en plus des quatre paires de chaussures, ils ont eu droit à trois tenues.

Ces paquetages, rappelle-t-on,  viennent après les kits que l’armée a reçus, il y a quelques mois. Des kits permettant à nos troupes d’avoir une certaine autonomie sur le terrain.

Il est aisé de relever une constante, celle de la volonté du Président de la République de doter au mieux nos forces de défense et de sécurité pour leur permettre de faire plus efficacement face à leur mission régalienne de défense du territoire national, des citoyens et de leurs biens.

Mais, il est une autre constante, moins reluisante, c’est l’attitude de certains militaires qui ne reculent devant rien pour assouvir leur âpreté au gain. De sources bien informées, à peine les matériels livrés qu’il a été mis en place un circuit commercial consistant pour certains bénéficiaires de refiler une partie à leurs compagnons qui en savent certainement beaucoup plus la valeur. Une telle pratique, en réalité, ne date pas d’aujourd’hui. Mais elle devient cette fois-ci davantage problématique d’autant plus que pour une large part, la débâcle de nos troupes au Nord, au cours de ces dernières années, a été attribuée à un manque d’équipements. Les Maliens ont pu découvrir les images de courageux soldats se battant à Gao avec des tapettes et des chaussures communément appelées « yoro ».  Ainsi, si tant est que cette explication est plausible, il existe aussi une face cachée de cette même explication, à savoir la vente de matériels qui gagnerait à être éradiquée pour éviter le spectre d’un éternel recommencement. Parce qu’à ce rythme, l’armée malienne ne sera jamais équipée et ne fera jamais face à sa mission. Cela aussi, il faut se le dire pour l’Honneur du Mali.

Par Bertin DAKOUO

 

 




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