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samedi 17 avril 2021
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Arrestation de Ras Bath: les faîtières protestent

Des responsables des organisations de la presse se sont réunis hier mercredi sur l’arrestation du chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily. A cette occasion, elles ont déploré la méthode utilisée. Sans motif ni mandat, elle est perçue par l’ensemble des faitières de la presse comme un rapt ni plus ni moins, et constitue à leurs yeux une atteinte inadmissible à la liberté d’expression et de presse. Face à cette dérive, les faitières de la Presse affirment être déterminées à préserver en toutes circonstances les libertés acquises au prix du sang de nos martyrs entre janvier et mars 1991.
Communiqué des faitières de la presse du Mali
En dépit de l’engagement des autorités à préserver la liberté de la presse – qui faisait suite notamment à la vague d’indignations suscitée par un arrêté ministériel mitigé sur le contrôle des contenus médiatiques au nom de l’état d’urgence sanitaire – et malgré les jalons posés dans le sens d’un cadre de concertation Gouvernement-Médias, les faîtières de la presse constatent avec regret et inquiétude l’arrestation de Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, journaliste-chroniqueur et animateur du débat «Grands dossiers» sur Renouveau TV, le lundi 21 décembre 2020 vers 18 h dans les locaux du Groupe Renouveau à Missabougou. Conduit à une destination inconnue par deux individus s’étant présentés comme des émissaires de la Sécurité d’État et aux dernières nouvelles, le confrère, à la mi-journée du mardi 22 décembre 2020, serait effectivement toujours gardé dans les locaux de la Sécurité d’État. Que lui reproche-t-on ? Motus et bouche cousue. Quoi qu’il en soit, cette arrestation, sans motif ni mandat, est perçue par l’ensemble des faitières de la presse comme un rapt ni plus ni moins, et constitue à leurs yeux une atteinte inadmissible à la liberté d’expression et de la presse, perpétrée par violation des locaux d’un organe médiatique et détention arbitraire d’un citoyen dont le métier de journaliste constitue l’essentiel des activités professionnelles rétribuées.
Déterminées à préserver en toutes circonstances les libertés acquises au prix du sang de nos martyrs entre janvier et mars 1991, les faîtières de la presse restent mobilisées et fermes sur leur exigence de libération immédiate et sans condition de Ras Bath, en attendant le déclenchement d’une éventuelle procédure judiciaire régulière à son encontre.
Les faitières de la presse malienne expriment par ailleurs leur sidération devant la duplicité des autorités de la Transition en notant que l’arrestation intervient après les propos lénifiants et la bienveillance affichée quelques heures auparavant par les ministres en charge de l’Administration territoriale et de la Communication, en rencontrant sur le même sujet les présidents de la Maison de la Presse (MP, Dramane Aliou Koné), de l’Union des radiodiffusions et télévisions libres (Urtel, Bandiougou Danté), de l’Association des éditeurs de la presse privée (Assep, Bassidiki Touré) et de l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali (Appel-Mali, Modibo Fofana) auxquels ils ont promis de préserver et de garantir la liberté de presse.
Les faîtières de la presse en appellent par conséquent à la retenue, à la responsabilité et au respect de la parole donnée par les plus hautes autorités. Elles rappellent que toute collaboration avec elles est conditionnée aux respect et égards qu’elles manifestent vis-à-vis de l’État de droit et des valeurs démocratiques.
Elles prennent à témoin l’opinion nationale et internationale, en particulier les organisations de défense des droits humains, sur les dérives en cours dans notre pays, qui n’honorent point notre démocratie.

Ont signé
Pour la Maison de la Presse : Dramane Aliou Koné
Pour l’Urtel : Bandiougou Danté
Pour l’Assep : Bassidiki Touré
Pour l’Appel-Mali : Modibo Fofana




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