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mercredi 14 avril 2021
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Arrêté et transféré dans les locaux de la DGSE: l’audition de Alou Doumbia a débuté hier

À peine arrêté par les éléments des forces spéciales de la DGSE malienne, Alou Doumbia, de nationalité malienne, âgé d’une trentaine d’années, a été aussitôt transféré en lieux sûrs, dans les locaux de la SE, selon plusieurs sources proches du dossier, où il est en face des enquêteurs qui l’attendaient de pied ferme. Son audition, qui a débuté hier, aurait déjà permis aux enquêteurs d’élucider des détails troublants de l’intervention de cet homme, exerçant dans la filière des voitures d’occasion, qui a convoyé, au prix d’or, de Bamako à Abidjan, le commando qui a perpétré le crime à Grand-Bassam, entrainant la mort de 19 personnes et autant de blessés.

C’est déjà connu : c’est dans la nuit du samedi au dimanche dernier, plus exactement aux environs de 20 heures, que l’homme, dénommé Alou Doumbia, a été arrêté par des éléments des forces spéciales de la DGSE malienne, qui l’ont aussitôt maintenu sous haute protection policière. C’était à Magnambougou, où il avait discrètement trouvé refuge, depuis qu’il est parvenu à quitter Abidjan, quelques instants seulement après le drame, survenu à Grand-Bassam.
Selon les milieux d’enquêtes, qui restent prudents sur les détails jusqu’ici fournis sur l’implication de cet homme et le rôle d’influence supposé qu’il semble jouer auprès des commanditaires de l’attaque de Grand-Bassam, Alou Doumbia est bien celui qui a convoyé le commando des tueurs de la station balnéaire de Grand-Bassam, le 13 mars dernier, à partir de Bamako, où il a reçu, pour ce faire, une forte somme d’argent. Certains parlent d’ailleurs de plusieurs millions de francs CFA, la somme pour laquelle Alou Doumbia, qui est bien introduit dans les milieux des transports, a accepté pour faire le périple meurtrier.
Même si, pour d’évidentes raisons liées à la sécurisation des éléments d’enquêtes et des personnes ciblées, nul n’a voulu s’aventurer sur le montant exact qui aurait été dGrand Bassaméboursé par les planificateurs de ce massacre collectif de, pour pousser l’intéressé à accepter l’offre, il est évident que les enquêteurs estiment qu’il s’agit de l’appât du gain. Si pour les besoins de la cause, sur l’axe Bamako-Abidjan, le chauffeur des assaillants, ce fameux Alou Doumbia, a reçu plus de millions (entre cinq et dix millions de francs CFA), qu’il n’en faut ordinairement, pour réaliser ce genre de trafic, il est certain qu’entre le chauffeur et le groupe des assaillants, il y a bel et bien une relation de cause à effet qui a abouti à une telle complexité.
Et c’est bien sur cela que les enquêteurs veulent accentuer la pression ? Et cela, d’autant que l’intéressé lui-même, ayant abandonné le véhicule à bord duquel il a conduit les assaillants sur le lieu du drame (certaines sources rapportent qu’il a été saisi), une fois rentré à Bamako, n’a livré aucune information aux services de renseignements concernés. Jusqu’à ce qu’il soit cueilli par les éléments des forces spéciales, en cette soirée de 14 avril, qui ont réussi à lui filer dans ses moindres mouvements, à partir d’éléments d’informations captés sur des suspects, déjà appréhendés dans cette même affaire, Alou Doumbia s’est bien mis à l’abri, après son coup, réalisé dans la capitale ivoirienne, où il a convoyé les assaillants de l’attaque de la station balnéaire.
Il est donc clair que ce citadin, qui serait d’ailleurs originaire de Banconi (Bamako), bien connu dans la filière des transports, a participé à cette opération criminelle, en toute connaissance de cause, par l’appât de gain, comme le rapportent divers enquêteurs qui l’ont déjà entendu, depuis le début de son audition, hier, dans les locaux de la SE ; où il est confronté à de nombreux autres éléments d’informations, recueillis sur deux autres suspects, appréhendés et arrêtés avant, toujours par les forces spéciales maliennes, dans le cadre de cette affaire criminelle. En fait, depuis plusieurs semaines, deux ressortissants maliens, ayant eu une implication active dans la tragédie de Grand-Bassam, et qui avaient réussi à quitter la Côte d’Ivoire, pour rallier le Mali, aussitôt le crime réalisé sur le sol ivoirien, avaient été arrêtés, dans deux villes des régions nord du pays, où ils s’étaient réfugiés. Ces deux suspects avaient livré des indices sérieux aux enquêteurs, concernant le mode opératoire de l’attentat de Grand Bassam, les moyens utilisés et les différentes connexions réalisées entre différents groupes. Dans le même temps, en Côte d’Ivoire, trois Maliens, tous originaires de Mopti, et un Ivoirien avaient été arrêtés, directement après les évènements sanglants de Grand Bassam pour complicité avec les terroriste. Les trois Maliens, selon les services de sécurité, avaient été interpelés dans le quartier d’Adjouffou à Port-Bouët, à Abidjan. Quant à l’Ivoirien, son arrestation a eu lieu à Angré, dans la commune de Cocody. A l’époque des faits, il a été rapporté que c’est le téléphone d’un des terroristes de Grand-Bassam qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à eux.
Pour le chauffeur des assaillants arrêtés, outre le fait que son cas dénote d’une réelle urbanisation du phénomène du terrorisme, en raison de l’appât de gain, avec à la clef la manne financière qui est visée, il a été établi, selon les premiers éléments d’audition, que l’homme arrêté, bien qu’ayant une participation réelle dans les faits incriminés, ne serait pas le bras droit, à savoir le numéro deux du groupe criminel qui a visé Grand-Bassam. Certes, dit-on dans les milieux d’enquêtes, il entretient de liens solides avec le cerveau présumé de cette attaque criminelle, d’autant qu’il partage le même garage avec celui-là (quelque part dans un quartier bien connu de la capitale), mais Alou Doumbia, tel qu’il est, ne semble pas avoir un quelconque statut parmi la hiérarchie de cette organisation criminelle, bien ancrée au nord du pays, et qui en réalité est truffée de pas mal d’ambiguïtés dont les enquêteurs auront beau rôle à démasquer.
Il est très clair dans l’esprit des enquêteurs que les investigations criminelles se poursuivront normalement et qu’à partir de l’audition d’Alou Doumbia, alias Man, qui a débuté hier, et d’autres suspects déjà arrêtés, dans le cadre de cette affaire, d’autres nouvelles arrestations auront lieu très bientôt dans la perspective de démasquer les auteurs réels et leurs commanditaires de l’attaque terroriste de Grand-Bassam.

Sékouba Samaké




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