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lundi 30 mars 2020
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Arrêtons de nous mentir !

À la différence notoire de l’élection communale qui peut légalement être suppléée par l’installation de délégations spéciales, en cas de non-tenue du scrutin, de l’élection du Président de la République où les candidats sont équitablement impactés par la non-tenue du scrutin dans des bureaux de vote ; dans le cas des élections législatives, ce sont uniquement et iniquement les candidats d’une circonscription électorale qui sont mis hors course.

Également, à la différence des élections législatives de 1992 où le Premier ministre de l’époque a réussi le passage en force de les organiser à Kidal, épicentre de l’insécurité à l’époque ; en 2020, l’insécurité est généralisée et n’a plus de visage. C’est la guerre asymétrique imposée au Mali par des barbares d’un autre âge.

C’est dans ce nouvel environnement sécuritaire que les autorités se contorsionnent, ratiocinent et décrètent de tenter le diable dans une crise d’excentricité, de frustrations mal assumées, mais surtout dans une improvisation aberrante et précipitation interlope.

Réuni le mercredi 22 janvier 2020, dans sa salle de délibérations du Palais de Koulouba, sous la présidence d’Ibrahim Boubacar KEITA, chef de l’État, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale à l’occasion de l’élection des députés à l’Assemblée nationale.

Selon le Communiqué du Conseil des ministres de ce mercredi, ‘’le collège électoral est convoqué le dimanche 29 mars 2020, sur toute l’étendue du territoire national, à l’effet de procéder à l’élection des députés à l’Assemblée nationale.

La campagne électorale, à l’occasion du premier tour, est ouverte le dimanche 08 mars 2020 à zéro heure. Elle est close le vendredi 27 mars 2020 à minuit.

Un second tour a lieu le dimanche 19 avril 2020 dans les circonscriptions où aucun candidat ou liste de candidats n’obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour.

La campagne électorale à l’occasion du deuxième tour est ouverte le lendemain de la proclamation des résultats définitifs du premier tour. Elle est close le vendredi 17 avril 2020 à minuit’’.

Le téléchargement d’une parodie d’élection semble en bonne voie. Il serait illusoire que des politiques dont la vocation est la conquête et l’exercice du pouvoir, de même que certaines faîtières de la société civile adhèrent sans ciller à cette aventure incertaine. La Plateforme ‘’Anw Ko Mali Dron’’, le Front pour la sauvegarde de la démocratie’’, dénoncent un schéma corrompu et présage soit un boycott des partis politiques, soit un hold-up électoral en préparation par le pouvoir.

Faut-il leur tenir rigueur pour leur pyrrhonisme ? Nul catastrophisme sur les garanties sécuritaires, préalables à la bonne tenue des élections dans l’ensemble des 55 circonscriptions électorales du Mali. La détresse nationale est ostensible. Les preuves sont à foison. Le dimanche 26 janvier 2020, c’est le poste FAMa de Sokolo qui a été attaqué. Bilan : côté FAMa : 60 rescapés, 20 morts et 05 blessés ; côté ennemis : 04 tués. Il y aura fallu deux heures, sinon plus, pour qu’arrivent les renforts pour mettre un terme au martyre des Gendarmes attaqués par de présumés jihadistes. Au regard de la distance réduite entre les deux localités, on peut en déduire que Diabaly n’est pas sécurisé.

Même Ségou qui est à jet de pierre de Bamako n’est pas non plus particulièrement à l’abri de cette insécurité. La preuve : sur la rive gauche appelée ‘’ba tièbolo’’, les écoles des 9 communes sont toutes fermées. Les sources locales rapportent que toute l’administration a aménagé à Ségou ville.

Il serait superfétatoire de faire un dessein de la poudrière du Centre ou du Nord avec un Gouverneur de Taoudéni obligé prendre ses quartiers à Tombouctou.

Ne nous voilons pas la face : la situation sécuritaire n’est pas meilleure qu’en 2018 ou en juin 2016 et l’organisation d’élections dans ces conditions est improbable. Cela relèverait même du miracle. Mais le Mali même n’est-il pas en train de survivre miraculeusement ?

PAR BERTIN DAKOUO




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