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vendredi 20 mai 2022
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Assainissement de la ville de Bamako par OZONE: les GIE s’inquiètent et interpellent les autorités

Quelques jours après le lancement du projet d’assainissement de la ville de Bamako par la société marocaine, de droit malien, OZONE; les Groupements d’intérêts économiques (GIE) qui se chargeaient, jusque-là, d’une bonne partie de cette mission se posent de nombreuses interrogations.
Face à ce qu’ils considèrent comme une confusion et un blocage, le Collectif des Groupements intervenant dans l’assainissement au Mali (COGIAM) a organisé, le samedi dernier, une rencontre avec les journalistes à la Maison de la presse.
La conférence était animée par le président du COGIAM, Bamadou Sidibé qui était entouré pour la circonstance de ses proches collaborateurs.
Selon le conférencier, les GIE exécutent, depuis plus de vingt ans, la mission d’assainissement de la ville de Bamako à travers, notamment la collecte et le transport des ordures des ménages aux dépôts de transit, dans les Communes du District. Il s’agit d’une mission des mairies qui l’ont délégué aux GIE de la place, faute de moyens et même de ressources adéquates. Ainsi, depuis plus de 20 ans, l’assainissement de la ville de Bamako était dédié à ces GIE qui l’ont fait avec leurs forces et insuffisances. C’est pourquoi d’ailleurs, les autorités ont voulu une nouvelle façon de faire cette politique d’assainissement. Ce qui a conduit la signature de ce contrat avec le groupe marocain.
Depuis la signature de la convention d’assainissement de la ville de Bamako entre les autorités et la société OZONE/ Mali, des interrogations demeurent au niveau des GIE.
Selon le président du COGIAM, ces questionnements ont pour noms, entre autres, le sort réservé aux GIE; le cadre de collaboration entre OZONE et les GIE de la place; la nature du contrat qui liera les deux parties ?
Pour lui, ces interrogations sont d’autant plus importantes que le COGIAM a fait part de ses propositions de solutions aux responsables du groupe OZONE, aux autorités municipales et aux plus hautes autorités de la République, depuis quelques jours.
Le COGIAM est toujours en attente d’une réponse, selon le président du COGIAM. Ce qui inquiète de plus, dit-il, c’est que les représentants de OZONE boycottent ou du moins brillent par leur absence aux réunions de la Commission de pilotage, chargée de la mise œuvre de la convention, mise en place par les acteurs.
Les GIE, par la voie de leur président, ne sont pas contre le partenariat avec OZONE dans la mise en œuvre de la convention sur l’assainissement de la ville de Bamako.
Cependant, selon le conférencier, au regard de ce qui se passe sur le terrain, le problème de l’assainissement de la capitale se situe à deux niveaux essentiels: En premier lieu, l’enlèvement des ordures des familles aux dépôts de transit; et en second lieu, l’évacuation des ordures des dépôts de transit aux décharges finales. À son entendement, notre capitale ne dispose pas encore de décharge finale, Noumoubougou n’étant toujours pas une réalité, malgré les nombreux tapages autour du projet.
Par ailleurs, a-t-il soutenu, des communes du district sont en déficit ou manquent complètement de dépôts de transit. Et, à son avis, tant que ces deux problèmes ne sont pas résolus, la question de l’assainissement restera toujours posée.
Ainsi, pour M Sidibé, OZONE devait d’abord s’atteler à résoudre ces problèmes. Pour ce qui est de l’enlèvement des ordures au niveau des familles vers les dépôts de transit, il n’a jamais été un problème grâce à l’implication des GIE. Ces derniers doivent être appuyés et accompagnés pour mener à bien cette mission en collaboration avec la société OZONE, a soutenu le conférencier.
Au regard de la tournure des événements, OZONE ne semble pas être dans cette logique, a regretté Bamadou Sidibé.
«Le président de OZONE-Mali nous a clairement signifié qu’il ne signerait pas de contrat avec un GIE», a fait savoir le responsable du COGIAM.
Cette démarche, est-il convaincu, ne fait pas bon ménage avec la Convention signée entre la société OZONE et la mairie du District de Bamako. Car, explique-t-il, en application de l’article 41 de la convention, il est précisé que: OZONE signe un contrat de prestation de services avec les GIE individuellement, sous la tutelle de leur commune et la mairie du District, conformément à la Stratégie de gestion des déchets solides et du décret …014 portant gestion des déchets au niveau des communes. ‘’ Le Groupe OZONE maintient les GIE signataires de contrat sur leurs sites initiaux de prestations de services. Toutefois, dans la mise en œuvre de la convention, OZONE peut, au besoin, redéployer tout GIE sur un autre site; OZONE appuiera les GIE en équipements et matériels nécessaires à l’exécution correcte des travaux. Les charges d’exploitation de ces équipements et matériels seront définies dans le contrat. OZONE mettra en place un mécanisme de renforcement de capacités des GIE’’, précisent les termes de la Convention.
En tout cas, déplore le président du COGIAM, de plus en plus, OZONE se fait rare dans les réunions du comité de pilotage, mis en place pour la circonstance.
Face à la situation, du moins préoccupante pour les GIE, le COGIAM a exprimé ses inquiétudes avant d’inviter les plus hautes autorités à ne pas cautionner le drame qui consiste à faire disparaître ces organisations ayant assuré la mission d’assainissement dans la capitale, depuis plus de 20 ans.
Par Sidi Dao




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