Assemblée nationale: l’alliance ADEMA/ASMA-CFP vole en éclat

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De plus en plus, les nuages se dissipent sur la nouvelle configuration du bureau de l’Assemblée nationale, à la faveur de la rentrée d’octobre 2016. En tout cas, hier lundi, à l’ouverture de la plénière dite du renouvellement, l’Institution a été informée, de la constitution du groupe parlementaire ADP-Maliba/Sadi avec ses 14 députés. Par contre, on a enregistré l’éclatement de l’alliance Adema/ASMA-CFP.

C’est maintenant officiel, un groupe parlementaire ADP-Maliba/Sadi a été formé à l’Assemblée nationale quelques semaines après le départ des deux formations politiques de la majorité présidentielle. Le nouveau groupe parlementaire a été présenté aux députés de l’Assemblée lors de l’ouverture de plénière consacrée au renouvellement du bureau de l’institution de Bagadadji et de ses commissions générales. Comme l’exige le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, cette présentation a été faite par la lecture de la déclaration d’engagement dudit groupe parlementaire par l’honorable Souleymane OUATTARA. Ainsi, la création de ce nouveau pôle porte le nombre de groupe du parlementaire de l’Assemblée nationale à 5. Il s’agit des groupes RPM, Adema, VRD, APM, ADP-Maliba/Sadi.
Ce nouveau groupe à l’Assemblée nationale se fixe comme objectif principal, dans son document politique, d’œuvrer pour le bien-être de la population, par la défense de l’intérêt général à l’Assemblée nationale. Aussi, inscrit-il ses actions dans celle de l’opposition. Selon ses responsables, ce groupe travaille déjà dans ce sens, à travers des interpellations gouvernementales de certains de ses membres. Il s’agit pour ce nouveau groupe parlementaire de poursuivre dans la même dynamique en vue d’une bonne gouvernance au bénéfice des populations. Une façon, indique le porte-parole du groupe, de promouvoir la santé, de combattre l’insécurité, la corruption, la gabegie, la pauvreté.
Face à ’’l’incurie de l’État’’, le groupe ADP-Maliba/Sadi, selon son porte-parole, promet de se battre pour le développement du pays et de militer au sein de l’Assemblée nationale pour porter la voix des sans voix dans l’optique d’établir l’égalité des chances pour tous, en mal dans notre pays.
Fièrement, M. OUATTARA, au nom de leur groupe, a soutenu ces députés ne manqueront pas aussi d’assumer toutes les responsabilités qui incombent à eux à l’Assemblée nationale pour le bien-être de la population.
Se disant attaché aux valeurs de la solidarité et la justice, il a exprimé l’aspiration de leur groupe parlementaire de voir édifier un Mali démocratique, fort et juste capable d’assurer une répartition équitable des ressources financières de l’État. Car, là aussi, commente-t-il, il y a des efforts à consentir.
D’une façon générale, pour l’essor de notre pays, les 14 députés de l’ADP-Maliba/Sadi suggèrent à l’État d’être stratège avec une vision à long terme sur l’évolution du monde dans tous les aspects de développement.
Quant à la situation sécuritaire du pays, ils estiment que le dialogue doit prendre le dessus sur les armes comme moyen de revendication tout en condamnant l’instrumentalisation des communautés.
Au sujet des réformes institutionnelles, le groupe ADP-Maliba/Sadi, animant la contestation, maintient son rejet de la nouvelle loi électorale malgré les amendements qui ont y été apportés par l’Assemblée nationale avant de demander son examen par la Cour constitutionnelle.

Les raison d’un divorce
Auparavant, la plénière a été informée de l’éclatement du groupe parlementaire Adema/ASMA-CFP. Dans une correspondance adressée au président de ce groupe, Issa TOGO, les 4 députés de l’ASMA-CFP ont signalé leur départ du groupe parlementaire. Le doute qui entourait encore la destination de ces députés, dans la matinée, a été levé. En effet, à la reprise des travaux, dans l’après-midi, les députés de l’Assemblée nationale ont été informés que les quatre élus de l’ASMA sont retournés là où ils sont venus il y a une année : au groupe Alliance pour le Mali (APM).
A l’ASMA-CFP, l’on estime que cette décision de rupture est la suite logique de divergences politiques qui opposent les deux alliés politiques par rapport à l’orientation que doit avoir le regroupement au sujet des échéances électorales à venir, notamment celles présidentielles à venir.
«La persistance de ces divergences ajoutées aux propos désobligeants prononcés par certains députés de l’ADEMA à l’endroit de notre parti et de nous-même ne nous permettent plus de cheminer au sein d’un même groupe », a confié un responsable de l’ASMA.
Par contre, l’ADEMA, ces propos sont loin d’être fondés. Selon le président du groupe parlementaire ADEMA, Issa Togo, c’est ‘’malhonnête de la part de l’ASMA, parce qu’il n’y a jamais eu de divergence sur l’orientation politique entre eux à forte raisons sur la présidentielle’’. Seulement, explique-t-il, entre les alliés d’hier il n’y a eu consensus autour d’un partage de poste. Le problème, a indiqué M. TOGO, est né du partage de poste dans le bureau, notamment le poste de la Commission DRE (développement rural, environnement).

Par Sikou BAH

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