Assises politiques des tisserands: coup gagnant pour IBK et le RPM

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Le Rassemblement pour le Mali (RPM) sort plutôt renforcé de son 4ème Congrès tenu les 22 et 23 Octobre 2016, soixante-dix ans exactement après celui du RDA, ce grand parti politique d’Afrique créé au Lycée Technique de Bamako en Octobre 1946. Enjeux et perspectives.

Annoncé comme le conclave de tous les dangers, le congrès du RPM n’a pourtant pas été l’épicentre d’un séisme politique
Plusieurs fois annoncé et reporté pour de raisons diverses sous-tendues par l’exacerbation des luttes internes de positionnement pour le contrôle du parti, le congrès a finalement rassemblé le peuple du RPM autour de la défense de l’action d’IBK. Le choc des ambitions et des projets personnels fait partie intégrante de la vie d’un parti politique, surtout lorsqu’un président emblématique doit passer la main, car il faut alors canaliser des prétentions plus ou moins légitimes. D’un côté les militants de la première heure, caciques des moments difficiles qui ont su résister aux chants des sirènes pour suivre IBK envers et contre tous. De l’autre le cercle des parents et amis dont la vie s’est trouvée profondément bouleversée à certains moments par les activités politiques et qui se sentent interpellés par la vie du parti. Un arbitrage intelligent a permis d’aboutir à un recadrage salutaire sous le contrôle des militants qui se trompent rarement sur le réel degré d’engagement des uns et des autres. Une fois les démons de la division écartés, Bocary Tréta l’homme des militants et donc de la base est élu président du RPM avec l’énorme défi d’obtenir le renouvellement du bail d’IBK en 2018.
Secrétaire Général du parti depuis sa création, homme du sérail et cacique parmi les caciques, il est reconnu par tous comme le plus ardent défenseur du RPM, au point d’être souvent taxé d’irréductibilité et de manque d’ouverture. Depuis longtemps, on le savait incontournable pour assurer le maintien de la cohésion au sein du RPM, grâce à son abattage et au soutien des militants. Il doit à présent devenir le président qui met en mission autour des valeurs du parti mais aussi au service de la réélection d’IBK. Pour cela, il lui faudra rassembler au sein du RPM, partager largement le sens et le contenu du regroupement de la majorité présidentielle, ratisser large au sein de la société civile. S’il parvient à asseoir son leadership autour de ces trois axes, la voie s’ouvrira pour créer un bouclier électoral fort en 2018 et renforcer sa propre position au sein du parti, de la majorité présidentielle et même au plan international.

Il faut aller vite car les batailles de la future élection présidentielle seront lancées dès 2017
Dans la situation actuelle, défendre le programme d’IBK est à la fois simple et indispensable. Simple parce qu’il faut juste revenir au « statu quo ante » pour rappeler les attentes qui ont justifié son plébiscite en 2013. Indispensable parce qu’il s’agit de préparer les futures batailles électorales qui seront lancées dès 2017. Deux grandes attentes étaient perceptibles : faire face aux urgences pour arrêter la descente aux enfers et amorcer le processus de relance du pays. C’est sur ce terrain que le RPM et l’ensemble des forces qui soutiennent IBK doivent s’investir et laisser aux autres les épiphénomènes qui ne sont pas dignes d’intérêt pour les Maliens qui ont failli perdre leur pays à cause de l’incurie de politiciens portés sur l’appât du gain facile, la désinformation et la médisance. A titre d’exemple, l’année 2014 proclamée année de la lutte contre la corruption n’est que l’annonce d’un vaste programme d’assainissement et il faut être naïf pour penser qu’un fléau entretenu depuis plus de vingt ans pouvait être vaincu avant le 31 décembre 2014 !
Qu’est-ce qui a été entrepris pour faire face aux urgences ? Négociation et signature de l’accord pour la paix. Formation, équipement et réhabilitation des forces de défense et de sécurité. Restauration progressive de l’autorité de l’Etat. Relance de la vie sociale, politique et économique. Repositionnement international du pays. Quels sont les chantiers qui ont été ouverts sur la base du constat que le mouvement démocratique a été largement dévoyé, aggravant la dépravation des mœurs sociales et politiques ainsi que la grande corruption? Non immixtion dans le travail de l’administration judiciaire. Mesures sociales hardies : revalorisation des salaires, du SMIG, des frais de mission. Sanctions et corrections pour tous les cas avérés de corruption. Création d’une commission dédiée à la réconciliation nationale, de même qu’un comité d’experts pour les réformes constitutionnelles devenues indispensables. Adoption d’un statut pour le chef de file de l’opposition. De nombreux chantiers pour les infrastructures.
IBK n’a donc ni oublié ni trahi ses engagements. Après avoir remis le RPM en ordre de bataille sous la conduite de Tréta, serein il attend de pied ferme, c’est-à-dire au pied du mont Koulouba, la horde des transhumants, des marchands d’illusions et des provocateurs impénitents. Personne ne sera déçu, Inch’Allah !

Mahamadou CAMARA
Email : camara.mc.camara@gmail.com

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