Assistance humanitaire: un plan triennal 2017-2019 en gestation

Le grand hôtel de Bamako a abrité, mercredi dernier, les travaux de l’atelier d’élaboration du plan de réponse humanitaire 2017 pour le Mali. L’objectif était de mettre en place un plan triennal de réponses stratégiques 2017-2019. Organisés par le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations unies au Mali (OCHA), les travaux de cet atelier ont regroupé les organisations humanitaires de notre pays, les Nations unies et les ONG ; au total 42 organisations, tous les acteurs humanitaires intervenant au Mali et les acteurs étatiques.

L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire, Samba Alhamdou BABY, en présence de la représentante de la directrice du bureau de OCHA Mali, Mme Ute KOLLIES ; de la représentante du PAM, Mme Silvia CARUSO, etc.
La représentante du PAM, Mme Silvia CARUSO, a souligné que les travaux du jour visaient l’élaboration d’un plan triennal de réponse stratégique 2017-2019 qui remplace celui de 2014-2016.
En 2016 l’appel de fonds cherchait 357 millions de dollars pour répondre aux besoins identifiés dans les secteurs comme : l’eau santé, sécurité humanitaire, abri, éducation, protection, sécurité alimentaire.
À ce jour, ce plan de réponse a été fiancé à 29 %, soit un peu plus de 100 millions de dollars mobilisés. Cette enveloppe a permis de répondre, peut soit-il, aux besoins les plus prioritaires des populations les plus vulnérables. C’est pourquoi elle a tenu à saluer le soutien des généreux donateurs qui ont des ressources limitées face aux besoins humanitaires de plus en plus croissants dans plusieurs régions du monde. À cet effet, elle a encouragé les donateurs à maintenir et à renforcer ce soutien, car les besoins humanitaires non couverts restent importants.
De même, elle a tenu à saluer les efforts du gouvernement et de tous ses partenaires qui, malgré les problèmes de sécurité persistants, continuent de fournir aide et assistance aux personnes vulnérables dans les régions qui souffrent encore des conséquences du conflit.
Elle s’est réjouie de constater que le gouvernement a mobilisé cette année davantage de ressources dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Malgré ces réalisations, les défis demeurent importants pour les acteurs humanitaires au Mali. Sur le plan sécuritaire, les attaques directes et les menaces contre les acteurs humanitaires sont encore fréquentes. Ainsi, plusieurs contraintes d’accès empêchant les organisations humanitaires d’opérer normalement ont été enregistrées, depuis le début de l’année au nord et au centre du pays. Aussi, dans un contexte régional et international fragile, la mobilisation des fonds demeure un défi important.
Les besoins prioritaires auxquels les acteurs doivent faire face en 2017 sont très importants dans plusieurs secteurs, notamment, dans le domaine de la sécurité alimentaire, la malnutrition et dans l’accès lié aux services sociaux de base. Ces besoins sont particulièrement pressants dans les zones de retour des réfugiés.
Nous entamons cette phase de planification 2017-2019 avec une note d’espoir pour les populations maliennes pour qui l’Accord de paix reste le socle de toute stabilité et de tout retour à la normalité. Même si certains défis relatifs à sa mise en œuvre restent pressants, toujours est-il que les populations voudraient profiter des dividendes de la paix attendue.
C’est pourquoi, a-t-elle expliqué, l’élaboration de ce plan se veut un appui au gouvernement et ses partenaires pour mieux répondre aux attentes des populations. Cet atelier doit permettre de définir les stratégies de réponses l’année 2017 sur la base des besoins humanitaires prioritaires.
Cette stratégie pour l’année prochaine s’articule autour de plusieurs piliers, dont, entre autres : l’aspect sécuritaire qui plan en compte la volatilité de la situation, créer une synergie forte entre partenaires de développement dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, et clarifiant le rôle des humanitaires dans la résilience. Avec une recrudescence des mouvements de retour des personnes déplacées et des réfugiés, la stratégie doit anticiper sur les besoins de ces populations qui arrivent sans que toutes les conditions pour leur retour ne soient pas réunies.
Enfin, il s’agit de développer une stratégie de réponses robustes tout en tenant des besoins des secteurs qui ont été laissés pour compte en 2016.
Elle s’est dit persuadé que l’atelier permettrait d’affiner les lignes de cette stratégie sous le leadership du gouvernement et avec le soutien de la communauté internationale.
À l’entame de ces propos, le représentant du ministre a tenu à remercier tous les partenaires et amis de notre pays pour leur accompagnement en faveur des victimes de la crise. Aussi, a-t-elle tenu à remercier les partenaires humanitaires pour leurs précieuses assistances.
Le processus de plan de réponses humanitaire porte sur l’évaluation des besoins et la planification des réponses humanitaires. En effet, a-t-il fait savoir, depuis 2012, des résultats encourageants ont été obtenus malgré les conditions de travail difficiles, tant pour les travailleurs de l’administration que pour les partenaires des ONG sur le terrain.
Notre gouvernement, à travers le ministère de la solidarité et de l’action humanitaire, encourage et soutient la planification humanitaire 2017 qui vient en complément aux initiatives déjà engagées par notre pays, notamment le plan humanitaire d’urgence pour les régions du nord, Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal et le plan intérimaire 2015-2016 en cours, a indiqué le secrétaire général du ministère de la Solidarité et de l’action humanitaire.
Notre gouvernement est conscient des contraintes sécuritaires qui rendent difficiles l’intervention humanitaire et les actions de développement dans de nombreuses localités du pays. Il a, cependant assuré les partenaires que le gouvernement est en train de mettre en place des mesures urgentes visant à améliorer les conditions sécuritaires et restaurer l’autorité de l’État.
Malgré les efforts, les défis restent importants dans les secteurs tels que la santé, la sécurité alimentaire, la malnutrition les inondations, etc.

Par Abdoulaye OUATTARA

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