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samedi 18 août 2018
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Autonomisation de la femme: des progrès dans la promotion du genre

La 60e session de la Commission sur la Condition de la Femme, sous l’égide du Programme des Nations Unies pour les Femmes, a clôturé ses travaux, le 24 mars au siège des Nations Unies à New York. Cette réunion annuelle, depuis son adoption par le Conseil Économique et Social des Nations Unies le 21 juin 1946, rassemble des milliers de femmes venant du monde entier pour manifester leur solidarité à la cause féminine, partager leurs expériences sur les progrès réalisés et les défis persistants dans la parité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes ; et débattre de sujets d’actualité touchant à la condition féminine.

Le point culminant de cette rencontre a été l’adoption de Conclusions considérées également comme projet de résolutions portant sur des questions de développement social, économique et politique liées à la condition des femmes et qui ont un effet contraignant pour les États membres signataires. Ces Conclusions adoptées sur la base d’un consensus offrent cependant aux États membres la possibilité d’émettre des réserves sur certaines clauses de divergence.
Le rendez-vous de 2016 était la première rencontre depuis l’adoption des Objectifs de Développement durable en 2015, d’où son importance particulière. L’Union africaine était à ce grand rendez-vous et a mis à profit son rôle de leader politique continental, et parfois de manière discrète pour faire aboutir les négociations qui ont moult fois buté sur des points d’achoppement. Malgré ces moments où les négociations ont frôlé l’impasse, l’avenir de la condition de la femme l’a finalement remporté en ralliant les points de vue divergents et parfois irréconciliables de négociateurs venus des quatre coins du monde.
En effet, pendant les deux semaines qu’a duré la session, les négociations ont engendré des tensions du fait que chaque mot, voire, chaque conjonction était évaluée de fond en comble par les diplomates très accoutumés à ce cadre de travail et aux négociations internationales. En coulisse et souvent jusqu’à des heures tardives, les organisations de la société civile, fidèles à leurs mandats de plaidoyer, n’ont ménagé aucun effort pour contribuer, accompagner et influencer les positions de leurs pays. L’adoption enfin, dans la nuit du 24 mars 2016, des Conclusions « Autonomisation des femmes et lien avec le développement durable » et de la Résolution de la CEAU (Communauté économique de l’Afrique Australe) « Femmes, Filles et VIH/SIDA » a eu le retentissement d’une victoire du monde entier, démontrant une fois de plus la volonté collective de ne laisser « aucune femme ou fille derrière ».
Rappelons que la 59e session tenue en mars 2015 avait clôturé ses travaux sans adoption d’aucun texte, cela malgré le travail de longue haleine de toutes les délégations présentes à ce rassemblement international. Malheureusement, des discordances sur la définition de certains mots et l’interprétation de la lettre de certaines recommandations avaient alors pris le dessus sur le bien-être de la femme.
La 60e session voit donc la victoire des femmes et des filles du monde entier qui disposent désormais d’un cadre de travail international propice aux Objectifs de Développent durable et à l’Agenda 2063 et dont les États membres pourront se servir pour faire valoir les droits et les obligations tant de leurs pays respectifs que des institutions internationales.
La Commission de l’Union africaine a su tirer parti de son rôle de négociateur et diplomate en chef du continent pour faire avancer la cause des femmes et des filles en général et celles de l’Afrique en particulier. À cet égard, rappelons-nous que depuis janvier 2016 et en marge du 8e Pré-Sommet de l’Union africaine sur le genre, la Commission avait jeté les bases d’une tendance africaine commune sur des questions souvent source de divergence et en rapport avec la diversité culturelle, sociale et économique du continent. La Déclaration dudit Pré-Sommet a servi de base aux négociations pour le Groupe Afrique et a permis de rallier le continent à la résolution de la CEAU malgré la discordance due à la sensibilité de certains pays sur certains points.
La 61e session de la Commission sur la Condition de la Femme ouvrira ses portes en mars 2017 et offrira au monde une fois de plus l’opportunité de faire progresser les questions d’Égalité et d’Équité sociales en faveur des femmes. La Commission de l’Union africaine fera valoir une fois de plus, sans aucun doute, son pouvoir de rassembleur autour des grands idéaux du continent.

Par Sidi Dao




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