Autorités intérimaires: l’alerte de 4 groupes armés de la CMA

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Les responsables de 4 groupes armés (CJA, CPA, MSA et CMFR2) signataires de l’Accord de paix, membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ont animé, hier jeudi, à l’hôtel Al Farouk de Bamako, une conférence de presse dont l’objectif est d’alerter le gouvernement pour que les problèmes, liés à la nomination des autorités intérimaires soient le plus rapidement corrigé.

Les principaux conférenciers étaient Hamma Ag Mahamoud, secrétaire général de la CJA ; Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, secrétaire général de la CPA, Mohamed Zeïni, secrétaire général du MSA et Younoussa TOURE, secrétaire général du CMFR2.
Selon le secrétaire de la CPA, aujourd’hui, il y a une grave crise au sein de la CMA, née de la nomination des autorités intérimaires par le gouvernement, dans les seuls rangs du MLNA et du HCUA.
Aussi, a-t-il noté, ceux qu’on pense être les décideurs au sein de la CMA ne tiennent pas le contrôle de leur coordination commune ni sur le plan démographique ni sur le plan sécuritaire encore moins sur le plan géographique.
Par ailleurs, soucieux de la bonne application de l’accord de paix, il dit ne pas vouloir imposer des « choses » qui risquent de dénigrer les institutions de la république.
Dans la même dynamique, il a fait savoir qu’il y a des décrets en cours d’adoption, notamment ceux concernant la Commission nationale pour la réforme du secteur de sécurité, les DDR et la Commission d’intégration.
Il s’agit pour eux d’alerter le gouvernement que « si ces décrets sont signés à l’état, sur la base des personnes désignées par le MNLA et le HCUA, cela équivaudrait comme si on jetait de l’huile sur le feu ». Parce que, dira-t-il, ils n’ont pas été consultés. Et que le choix des personnes désignées par les 2 groupes armés de la CMA, n’a pas fait l’objet de concertation au niveau des communautés.
De même, met-il au défi tout membre de la CMA qui pense pouvoir être mettre en œuvre l’accord de paix sans eux, dans au moins les 4 régions du Nord (Taoudéni, Tombouctou, Gao et Ménaka), « la personne n’a pas dit vrai ». Et le secrétaire général de la CPA d’ajouter : « je suis désolé, nous n’irons pas à la mise en œuvre de l’accord pour la paix. Nous sommes signataires de l’accord et à ce titre on devait être consultés ; et participé à toutes les consultations pour les prises de décisions ».
Ils pointent le gouvernement comme étant le premier responsable de cette situation. Car ils ne comprennent pas le comportement des membres du gouvernement qui jouent toujours la carte de l’exclusion de certains groupes au profit d’autres, tous membres de la CMA ; et ferment les yeux et les oreilles sur la grave crise qui secouent la CMA.
Quant à Hamma Ag Mahamoud, secrétaire général de la CJA, il se refuse d’admettre l’existence de crise au sein de la CMA. Parce qu’il n’y a aucune manifestation de crise en leur sein. Mais plutôt l’application de l’accord pour la paix qui leur a été imposée par la mauvaise gestion de la CMA. Il invite le gouvernement à être juste et équidistant de tous les groupes armés signataires de l’accord pour la paix ; et à prendre toute ses responsabilités en corrigeant l’erreur qu’il a commise en nommant les autorités intérimaires dans les seuls rangs du MNLA et du HCUA.
En tout cas, cette situation, qui met le gouvernement entre le fer et l’enclume, va négativement impacter la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Et risque d’entraver le bon déroulement des communales du 20 novembre prochain.

Par Sékou CAMARA

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